Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

L’ABBÉ FULBERT YOULOU ET SA CONCEPTION « MUNTUISTE » DU POUVOIR

Posté : 30 décembre, 2012 @ 10:00 dans Non classé | Pas de commentaires »

Le bref passage du président Fulbert Youlou au pouvoir reste au regard de sa personne et de son projet politique inachevé, le souvenir d’un divin politicien et visionnaire incontesté. Cet homme atypique est resté avec son traditionnel robe blanche le messager de la parole dans un univers cynique et inhumain de la politique. Un conciliateur de deux mondes antagonistes dont les idées et les valeurs sont dissemblables: la religion et la politique. Un président aux idéaux nobles qui avec la foi voulait donner à la raison une place de vérité dans sa conception et vision lumineuse de l’unité entre les tribus fraternelles. Mu par l’intérêt général, évinçant l’égotisme euphorique, le président Fulbert Youlou demeuré l’Abbé durant ses hautes fonctions continua à défendre « l’âme de l’identité nationale africaine » et ses particularismes rayonnants. Ces vertus enracinées dans les terres conviviales traditionnelles africaines pour édifier une société libre et prospère. Bien loin des sirènes trompeuses du socialisme triomphant d’alors. Par Serge antoine Ikonga, Euloge Samba et Celine kambou-Tchikaya.

 

L’ABBÉ FULBERT YOULOU ET SA CONCEPTION « MUNTUISTE » DU POUVOIR monument-de-l-abee-fulbert-youlou-a-brazzaville
Monument de l’Abbé Fulbert Youlou à Brazzaville.


UNE VISION DIVINE ET CONSTRUCTIVE DE LA POLITIQUE :

Le président Abbé Fulbert Youlou durant son mandat est hanté par les dieux de l’univers qui le poursuivaient sans fin. Inspiré par le double pacifique, l’homme d’Etat aborde la profession présidentielle comme un véritable sacerdoce. Une immolation de soi et une mission au service du peuple. Visité par les grands esprits africains, il façonne une vision constructive de la politique sur les bases de l’équité, de la tolérance, de la justice, de la fraternité, de la solidarité et de travail. A l’instar des ancêtres, il s’évertue à rassembler toutes forces locales pour bâtir une nation intégrale. Ce village global aux inflexions modernes et aux règles communautaires. Ces préceptes moraux puisés dans la bible et dans la vie exemplaire du « Christ sauveur ».

Héritier présomptif des anciens, il mélange la pensée chrétienne occidentale avec les valeurs pérennes africaines. Un politicien déifié est né à la commande d’une nation congolaise indépendante. Il marie la doctrine divine avec ses pensées libérales. Celles de l’homme libre dans un monde libre et sans asservit. Il vante par-dessus tout l’héritage fraternel du « royaume kongo ». L’amour de l’autre dans une société politisée basée sur les principes de l’individualisme outré et des intérêts ethniques galopants. Il exalte les coutumes, les traditions, les spiritualités, les rites et les symboles des aïeux. C’est sur ces singularités que l’homme de dieu va forger son singulier dessein sociétal. Au libéralisme moderne il associe la philosophie du « Muntu » chère aux initiés de la culture et tradition Kongo. Cette doctrine d’essence matérielle, culturelle, scientifique, morale et spirituelle dérivée des notions de l’amour impersonnel et de philanthropie humanitaire. « Muntuiste » convaincu, l’Abbé Youlou crée un parti politique dénommé « UDDIA » sur les socles de l’humanisme et de l’universalisme pluriel, ces symboles éclairants qui fondent la paix, l’harmonie, la concorde et l’entente entre les peuples. Avec ce haut idéal, il va prêcher partout la démocratie chrétienne et le développement social. Et en symbiose avec les patriarches et pères de l’indépendance, Jacques Opangault, Stéphane Tchitchelle, Félix Tchicaya, il édifie un Congo multiracial et indivisible. Ce Congo coloré à l’image de ses tribus unies, libres et fraternelles. Insufflée par les politiques éclairés et animés par un seul combat et seul idéal: l’unité nationale. Cette « règle d’or » qui ouvre à tous les portes de la maison commune et de la cohésion sociale. Celle de l’union entre les différentes composantes politiques: ethniques ou individuelles.

Ainsi, la vision politique de L’Abbé Fulbert Youlou est issue des normes spirituelles et composée des principes du marché et promotion de l’initiative privée. Il fustigeait littéralement l’idéologie rampante du marxisme et la doctrine socialisme rabique. Ces régimes imbus des idées révolutionnaires et rétrogrades qui chloroforment les peuples et le maintien dans la logique de l’asservissement et de la dépendance totale. En rejetant ces modèles importés, il cherchait à construire un modèle libéral à l’Africaine où la primauté de la foi du charbonnier, de l’espérance chrétienne  et  la  vérité animiste seraient les normes principales. Un parfum de « panafricanisme » aux couleurs du « Muntuisme » et aux accents du « Bantouisme » était au cœur de ce chantre de l’humanisme intégral. Un « Matsouanisme » dans l’âme et dans le sang qui exaltait fort l’art noir ou les croyances ancestrales. Et qui diagnostiquait et proposait dans ses écrits des remèdes efficaces pour construire « l’Afrique nouvelle ». Premier Président du Congo, homme de l’église et écrivain prolifique, Fulbert Youlou a laissé à la postérité une étonnante œuvre de porté considérable.

UN PROPHÈTE DES TEMPS MODERNES

L’Abbé Fulbert Youlou est resté incompris par sa propre famille kongo dont il portait le rêve irénique. Chahuté, critiqué et chassé  au pouvoir par ses frères et partisans, il subit le même sort que le Christ dont il était le maître absolu. L’étincelle divine, le président Fulbert Youlou a lu dans la rivière du passé et de l’avenir les péripéties de la vie Congolaise d’aujourd’hui. Une prémonition incontestable d’un homme politique hors du commun que l’histoire africaine n’est jamais connue. Un véritable devin doté d’une extraordinaire vision des choses et des événements futurs. Quel sublime pouvoir ? Quelle aura de mystère venue des dieux? Au regard des prophéties véridiques, il est l’égal des grandes figures historiques qui ont présagé les grands changements et bouleversements mondiaux actuels.

Longtemps enterré par ses détracteurs le Père du développement intégral, renaissant par l’écho de son verbe annonciateur devient par excellence le véritable prophète. Précurseur des préoccupations du moment et infatigable guerrier de la paix, de la lumière dans ce monde de peur, de doute et d’incertitude envahit par la pauvreté, la misère, l’inégalité et l’injustice sociale.

Un président éclaireur qui a donné entre ce monde qui meurt et l’autre naissant une merveilleuse leçon de vie. Celle d’un « Muntu wa tumbu » qui a « dit, vu et vaincu ». Avec les armes de l’humilité, de la douceur, de la compassion et de la non-violence. Pour jeter les bases d’un développement politique, économique et libéral des sociétés africaines sur les valeurs cardinales de sa civilisation propre et millénaire.

UNE DOCTRINE VIVANTE

L’Histoire en jugeant le politique lui donne raison par ses paroles propagées, ses actions concrètes. Et son rêve brisé, et destin foudroyé. Un rêve calciné par l’ignorance d’un peuple victime de ses propres exactions et de l’obscurantisme de ses leaders d’hier. Ces mutins obnubilés par la possession et la « non-redistribution ». Le Père fondateur Fulbert Youlou, une figure emblématique partie de l’autre côté du rivage. Qui a laissé une nation congolaise orpheline de sa philosophie politico-économique et sociale déçue. Et plongée aujourd’hui dans les guerres fratricides et engluée dans une série de crises multiformes sans précédent. Un homme politique qui avait la tête au ciel, les pieds sur terre et une pensée si étincelante et bien en avance de son temps.

Sa doctrine et vision de l’Afrique nouvelle restent d’actualité et demeurent une référence manifeste pour sortir de ce mélasse et marasme sans perspective. Une profonde méditation pour les dirigeants africains actuels. Et pour les « Youlistes » que nous sommes tous frères et sœurs. Ces héritiers du pacte républicain et défenseurs hardis de l’unité nationale. Cette âme de l’identité africaine.

 

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