Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Des mots du midi ou  » Ntangu »

Classé dans : Non classé — 23 août, 2013 @ 10:11

 

Des mots du midi ou « Ntangu » et de la conscience sociale chez Theodulus Auguste Kounkou Kue

Sous le titre de « Ma TaLa Na ? Les dessous du chiffon (G-10-R1 », Theodulus Auguste Kounkou Kue signe sa troisième publication durant l’année 2013, après deux autres ouvrages « Nzenga (G-10-NON) », « Tsikulu retour aux sources pour l’interculturelharmonieux » publiés respectivement en 2010 et en 2012 (en autoédition).

Si pour l’auteur d’un ouvrage la plume est un support indispensable pour la diffusion de ce qu’il entend partager avec le lecteur, elle revêt une importance beaucoup plus considérable lorsqu’elle devient un outil de profonde réflexion et surtout de prise de conscience sociale et humaine.

Telle est la raison même de Theodulos Auguste Kounkou Kue ses remarquables publications qui tendent essentiellement à éveiller nos consciences sur le devenir de la société africaine en général et en particulier sur celle des populations de l’aire bantoue.

 Des mots du midi ou Dans ses publications, Theodulos Auguste kounkou Kue apparaît, à maintes reprises, comme un philosophe de l’absurde. En effet à travers ses écrits, il montre sans cesse les contradictions, les non sens de la société africaine des temps modernes qui se veut soi-disant libre, consciente, responsable et capable d’aimer comme le dirait le Vénéré pasteur Emile Cardinal Biayenda.

Eh oui ! Theodulos Auguste Kounkou Kue est, par exemple, effaré comme il le clame avec vigueur tout au long de son propos dans « Nzenga (G-10-NON) » et ce, par la décrépitude vertigineuse et le délabrement de vie dans lequel nous nous laissons entraîner, sans discernement et sans y opposer de résistance intelligente (P.19).

Dans « Nzenga (G-10-NON) », Theodulos Auguste kounkou Kue dessine :

  1. 1.une société congolaise donc au-delà une société africaine qui reste amorphe face à certaines absurdités qui auraient dû l’inciter a plus de dynamisme, d’intelligence, de sagesse et de courage. Des Congolais meurent de faim, la malnutrition gagne du terrain, la mal bouffe, le système D que le n’zenga institua des années durant sont autant de maux qui nuisent la société congolaise ou le continent africain sans que des voix officielles ou autorisées voire des organisations autochtones non gouvernementales s’en indignent.
  1. 2.Un monde corrompu par tant de maux qui minent l’espèce humaine. L’humanité n’étant ni noire ni blanche ni jaune ni rouge…ensemble nous avons le pouvoir de dire non à la manipulation. Non au dressage des groupes humains les uns contre les autres avec des idéologies rétrogrades….(P.59.)

Profondément muntuïste ou humaniste Auguste kounkou Kue puise une bonne partie de son énergie dans certains acquis de l’humanité qui sont ceux de ses ancêtres qu’il a dans son deuxième ouvrage judicieusement dénommé :

« Le Tsikulu retour aux sources pour l’interculturel harmonieux ».

En effet, le Tsikulu, c’est, d’après Théodulos Auguste kounkou Kue, l’ensemble des us et coutumes de nos ancêtres (Koongo) qui savaient lier la pratique écologique aux pratiques de survie en société. Leur sens patent de la croyance au sublime, ainsi que leur science pénétrante les aida à ponctuer les principaux évènements de la vie par des rites comme celui de passage de la puberté à l’âge adulte.(P.11).

Ainsi, pour construire un monde meilleur pour demain l’auteur proclame avec solennité les bienfaits de l’institution du Mboòngi qui regorge en son sein plusieurs recettes de l’éducation et de la formation de l’enfant. « Ga mboongi, mwana muleeke mbua », c’est-à-dire au milieu des adultes, le plus jeune doit se soumettre au service des anciens, nous rappelle Théodulos Auguste kounkou Kue. Pourquoi ?

Parce que, dans la conception africaine de la famille, et même dans la mentalité occidentale d’une certaine époque, l’enfant est une personne qui ne prendra sa place dans la société que dans la mesure où il aura fait ses preuves, lorsqu’il aura franchi des étapes qui accomplissent sa formation en tant qu’adulte en devenir.(P.20.)

C’est la socialisation même au plus haut point de l’enfant qui est réclamée par Théodulos Auguste kounkou Kue mais qui, toutefois n’est possible et effective que, si elle remplit deux conditions essentielles à savoir : l’éducation et la formation de l’enfant.

A travers « le Tsikulu retour aux sources pour l’interculturel harmonieux »Theodulos Auguste kounkou Kue apparaît comme un éducateur des lumières notamment des lumières éternelles par leur universalité qui, à ce titre restent à jamais gravées dans la mémoire sociale de l’humanité. La nature de la place de l’enfant en toute société est, observe-t-il, quasiment identique. La France des années quarante a bien fait travailler des mineurs de familles pauvres, dans les fermes, les usines, etc. Le traitement de l’enfant varie selon la situation économique et sociale des états. Cependant, nul ne devrait humainement cautionner l’exploitation des enfants à des fins économiques, comme le stipulent les dispositions 32 et 36 des droits de l’enfant.(P.22.).

C’est cette vision muntuïste de l’éducation qui fait de Théodulos Auguste kounkou Kue un « émilien », c’est-à-dire un patriote congolais dont l’idéal est parfaitement identique à celui du « Vénéré Pasteur », le bon cardinal Emile Biayenda.

D’ailleurs c’est dans cet état d’esprit que la quatrième de couverture du troisième et magnifique ouvrage de Théodulos Auguste kounkou Kue sanctifie, peut-on dire, la vision d’Emile cardinal Biayenda aux termes desquels il faut :

« Enfanter un homme conscient, libre, capable d’aimer, voilà l’œuvre de l’éducation que nous avons tous à réaliser ensemble. Famille, Etat, Eglise, dans le respect mutuel de nos droits et de nos devoirs dans la seule volonté de former des hommes ».

Dans « Ma TaLa Na ? Les dessous du chiffon (G-10-R1) », Theodulos Auguste kounkou Kue reste fidèle à ses idéaux en dénonçant les pratiques sociales qui pervertissent l’intégrité de l’espèce humaine, en l’occurrence l’usage exhibitionniste du vêtement, du chiffon du « taba dia ma mpolo ».

Il s’agit là, d’un véritable pamphlet, contre l’usage exhibitionniste du vêtement dans la société congolaise des temps modernes. Le vêtement devient un outil, à la fois, d’asservissement et de corruption sociale avec le phénomène de la sape, une source de déviation sociale voire de perdition du muùntu.

Ce n’est nullement l’usage du vêtement qui est remis en cause par l’auteur. Mais beaucoup la valeur qui lui est attribuée avec le phénomène de la sape ayant corrélativement un impact sur la raison d’être du muùntu et de son devenir.

Comme le relève à juste titre le préfacier de l’ouvrage « Ma TaLa Na ? Les dessous du chiffon (G-10-R1) », le Docteur Denis Samba dia Maloumba-Mpombo, l’habit «  ki nkuti », fétiche ou religion, qui a désormais d’une part ses rituels, ses grand – messes, ses magiciens, et d’autre part ses thuriféraires, ses ministres, ses prêtres, ses évêques, ses papes et au-delà, ses martyrs et ses saints, honore et encense ainsi des corps malades et parfois sans vie…Le vrai habit, c’est de se vêtir de son propre silence « ki kuti »…Si les objets que nous fabriquons, nous refabriquent en retour, tout en nous conférons une identité, gardons-en au moins la maîtrise. Ma TaLa Na nous emmène à Siloé (Jean 9, 1-7), afin que nous voyions ce qui vaut vraiment la peine d’être vu. Le voile est levé avec cet ouvrage, sur les phénomènes d’exhibitionnisme et de manipulation. A chacun d’en prendre de la graine !

A cela l’auteur ajoute lui-même avec perspicacité que : « La superficialité, l’obsession de montrer et de se montrer deviennent légion, au détriment de l’épanouissement de l’être intégral qui s’emmitoufle de chiffons, pour cacher sa propre nature… »En somme, à défaut de ne pas nous emmener à Siloé, Théodulos Kounkou Kue nous entraîne, à travers Ma TaLa Na et ses deux autres remarquables ouvrages dans les allées forestières du mont « KABA » de Mbaànza Koòngo au sommet duquel le muùntu est dans le « mu vwatu » en portant l’habit de la connaissance, de l’intelligence et de la sagesse ou « ki-nkuti kia muùntu » véritable source du devenir existentiel.

TAATA N’DWENGA

Le prophète Simon Kimbangu et l’éminent Koongonologue belge le Père Joseph Van Wing

Classé dans : Non classé — 15 juillet, 2013 @ 12:20

Le père VAN WING est un missionnaire belge ayant, des années durant, vécu au milieu des Koòngo du Congo démocratique (presque un demi-siècle). Il est auteur des « Etudes Bakongo sociologie, magie et religion » publiées en 1959 aux éditions Désclée Brower. Un remarquable ouvrage qui lui confère la qualité d’un véritable koòngologue compte tenu de sa portée quelque peu encyclopédique.

Le prophète Simon Kimbangu et l’éminent Koongonologue belge le Père Joseph Van Wing kimbanguSon témoignage sur le prophète Taàta Simon KIMBANGU comporte d’innombrables informations sur la fondation même du mouvement kimbanguiste. Il est d’autant plus remarquable qu’il est, lui, missionnaire belge catholique qui, à ce titre n’est ni pour Taàta Simon KIMBANGU ni pour le mouvement qu’il crée.

A ce propos, le père VAN WING paraît, à la fois, un missionnaire et un observateur digne de foi puisque l’église et le pays dont il est originaire sont avec force contre Taàta Simon KIMBANGU. S’il est sans conteste du côté du colonisateur, l’auteur s’efforce toutefois à comprendre le colonisé en cherchant à percer les mystères de son univers conceptuel de l’existence.

Ici, force est de relever que, si les églises protestantes ont été libérales ayant directement ou inversement favorisé la prolifération des églises autochtones de contestation contre la domination du colonisateur belge sur leur sol, il en a été autrement pour l’église catholique.

A l’instar du capucin italien Bernardo Da Gallo, catholique ayant été le cerveau penseur ou l’instigateur acharné en complicité avec son confrère le père Laurent de Lucques dans la condamnation au bûcher de Yaàya KIMPA VITA le 2 juillet 1706, dans la localité d’Evuluvulu, une contrée environnante de Mbaànza Koòngo, l’église catholique de l’époque de Taàta Simon KIMBANGU a été aussi de beaucoup pour sa condamnation. Celle-ci est intervenue par décision en date du 12 septembre 1921 rendue par une juridiction d’exception, en l’espèce un Tribunal de guerre.

Le père VAN WING quoique catholique aura cependant un autre regard sur Taàta Simon KIMBANGU et son mouvement. C’est à ce titre que son témoignage paraît être, peut-on dire, du moins sur certains aspects dignes d’intértêt.

Voici quelques extraits de ce témoignage :

« C’est vers 1881 qu’il vint au monde à Nkamba…Son père était un nganga (féticheur) renommé dans la région, qui comme ses congénères, se livrait à des tremblements et des convulsions, quand il proférait les incantations rituelles que réclame la mise en action d’un nkisi (fétiche). Simon doit avoir été souvent témoin de ces manifestations impressionnantes qui sont sensées signifier que le sujet a été saisi par un esprit. Il a été élevé par une tante très dévouée. Il ne semble donc pas avoir connu sa mère.

 Du village paternel il passa à la mission de Ngombe Lutete. Quoique très intelligent et doué d’un remarquable talent oratoire, il n’accéda pas au grade de pasteur. Il évangélisa plusieurs villages à titre de catéchiste…

Dans la besogne monotone de catéchiste, Kibangu…alla faire l’expérience de la vie plus variée et plus libre des cercles Kinshasa et Matadi, où l’on entre en contact avec des hommes et des idées, qui y affluent de tous les coins de l’Afrique et même de l’Europe. Il est possible qu’il y ait entendu parler du mouvement prophétique d’Elie en Nigérie et de celui de Malachie en Uganda. Revenu dans son village en 1920, il avait alors atteint la pleine maturité.

Ce n’est que vingt sept ans plus tard, à Elisabethville, que j’ai pu faire sa connaissance. Après vingt six ans de captivité, il n’avait encore rien d’un vieillard décrépit. Malgré sa corpulence il se tenait encore bien droit et se mouvait avec aisance. Il avait gardé une excellente mémoire et ne laissait nullement échapper le fil des ses idées. D’une voix encore harmonieuse il parlait un kikongo très pur. D’un bout à l’autre notre conversation s’est déroulée dans l’affabilité et la courtoisie, et quand je m’apprêtai à prendre congé, il tint à me remercier de lui avoir fait cette visite et de lui avoir apporté des nouvelles de son pays.

…Nous avons…été amenés à rappeler le souvenir de son mouvement de 1921 et même des thèmes principaux dont il était constitué. Nous n’avons parlé toutefois que d’éléments qui étaient de notoriété publique, notamment de l’interdiction du fétichisme, de la polygamie et des danses de Ngoma (danses habituellement obscènes). Il ne cacha pas la satisfaction qu’il éprouvait à se rappeler ces points. Quand toutefois je fis allusion à l’interdiction pour ses adeptes d’aménager encore des champs de manioc, je le vis sourciller et se récrier vivement : « Ce n’est pas moi qui ai édicté cette défense ». Un peu plus tard il eut une réaction toute pareille, quand je fis mention de la défense faite aux Kibanguistes de payer l’impôt de capitation.

kimbangu1La spontanéité de ces protestations, sans constituer pour moi un argument décisif, m’a cependant sérieusement confirmé dans l’idée que Simon Kibangu avait bien à lui tout seul lancé le mouvement, mais que très tôt il avait eu des codirigeants, qu’il couvrait de son prestige.

…c’est en 1921 vers la fin du mois de mars que nous arrivaient à Kisantu les premiers échos du mouvement : «  A Nkamba, dans la Londe, un ngunza (prophète) prêchait des choses nouvelles de Nzambi (Dieu). Il faisait ses exhortations avec une grande force et tremblant de tous ses membres. C’est Nzambi qui lui avait ordonné de répandre la nouvelle doctrine et de guérir les malades. Le ngunza se nommait Simon Kibangu ». Nous apprenions que des foules se rendaient à Nkamba écouter le prophète et lui présenter leurs malades. Bientôt nous vîmes nous-mêmes le long des chemins des groupes de pèlerins, venus de l’intérieur de la région de Madimba et se rendant chez le prophète, jusqu’au mois d’août cette affluence alla en s’amplifiant. La Compagnie du chemin de fer Matadi-Léopoldville fut contrainte d’augmenter le nombre des voitures pour subvenir au transport des voyageurs. A partir du mois de mai, Nkamba hébergeait en permanence jusqu’à quatre mille pèlerins.

…Kibangu avait proclamé trois lois auxquelles il fallait se soumettre sans délai sous peine de sanctions célestes. La première imposait la destruction de tous les fétiches sans exception. Sans tarder, on obtempéra. Les uns jetèrent leurs fétiches dans les rivières, dans la brousse, d’autres les brûlèrent au village…Pour le trésor artistique Bakongo ce fut une perte irréparable. D’innombrables statuettes anciennes ont été irrémédiablement détruites, ainsi que de très nombreux petits tambours à tête humaine, dont les féticheurs faisaient usage dans leurs incantations.

Outre la destruction des fétiches, Kibangu ordonna également celle des tambours de danse appelés ngoma. Les danses soutenues par le rythme des ngoma constituaient alors la principale réjouissance à l’occasion des festivités organisées et même en d’autres circonstances de la vie ordinaire des villages. Danses « du ventre », elles sont toujours érotiques, très souvent lascives et même franchement obscènes. Elles sont l’occasion d’adultères et, par suite, de discordes et de divorces…

Simultanément, nouvelle épreuve de force, il promulgua l’interdiction de la polygamie. Si bon nombre de polygames obtempérèrent en renvoyant leurs femmes « supplémentaires », ils le firent sans réclamer la restitution de la dot et, par conséquent, sans rompre le lien juridique…

Telles furent donc les trois modifications d’envergure que le prophète osa introduire d’autorité dans la vie sociale de ses adeptes. Qu’il fut obéi dans des domaines où la sensibilité du peuple était le plus en jeu, démontre et l’ampleur de son prestige et la force dynamique du mouvement qu’il avait lancé.

Les missionnaires protestants non seulement ne mettaient aucun obstacle à la propagande kibangiste, mais allaient jusqu’à la seconder dans sa marche conquérante, ne voyant en elle qu’une sorte de « revival » semblable à ceux qu’ils avaient vus à l’œuvre au sein de leurs églises dans leur pays d’origine. A leurs yeux Kibangu était un inspiré qui ravivait et exaltait opportunément la foi de leurs adeptes. Ne s’appuyait-il pas sur la Bible, dont il avait toujours un exemplaire en main ? Et son comportement moral, que laissait-il à désirer ? De quel droit lui auraient-ils reproché d’expliquer la parole de Dieu à sa façon, puisque pour eux l’interprétation personnelle constituait la règle unique et le fondement de la foi ?…

Jusqu’à la fin du mois de mai, l’Administration pour sa part n’y voyait qu’une affaire de chapelles dans laquelle elle ne trouvait pas de raison d’intervenir. Dès les premiers jours de juin il apparut toutefois qu’il s’agissait de bien autre chose…

Au début de juin 1921, nous nous trouvions donc en face d’un messianisme organisé, préparé à cristalliser dans son sein la sensibilité religieuse de la population et à déchainer à son profit toutes les forces explosives du nationalisme… » (Le Père Van Wing in “ Zaïre revue congolaise congolees Tijdschrift Belgian African Review”  vol. XII -1958 P.566-576

En somme, le Nguùnza, Taàta Simon KIMBANGU est décrit par le père VAN WING comme un personnage très intelligent, doué d’un remarquable talent oratoire, se mouvant avec aisance en dépit de sa corpulence, ne laissant nullement échappé le fil de ses idées, ayant une voix harmonieuse et parlant un kikongo pur.

D’où certainement la signification profonde du nom qu’il porte lequel, est à rapprocher de KI-MBAÀNGULA (synonyme de KI-YINDULA), qui est une technique consistant en une maîtrise parfaite des tournures idiomatiques de la langue KOÒNGO et de son peuple.

Enfin, il était d’une moralité for exemplaire de sorte que sa conduite humaine et sociale était, dans une certaine mesure, la traduction de l’enseignement afro-chrétien qu’il véhiculait.

Telles sont, entre autres, les véritables caractéristiques d’un véritable Nguùnza lequel mot sur le plan de l’étymologie désigne le porte parole du verbe intelligible, le prophète, et qui, chez les Koòngo, reste un référent, un modèle voire un Nkuùlu.

C’est ainsi d’ailleurs que le message de Taàta Simon KIMBANGU, à l’instar de celui d’Emile Cardinal BIAYENDA reste encore d’actualité.

Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU (TAÀTA N’DWENGA)

L’Afrique d’après… La mondialisation à visage humain

Classé dans : Non classé — 12 juillet, 2013 @ 10:52

L’Afrique d’après… La mondialisation à visage humain  photo_1134_article_946

Le peuple imaginera l’Afrique d’après, dans les sources laissées par nos ancêtres déjà dans l’autre monde. Une lumière boréale jaillira pour sortir les esprits obscurs des lacis sinistres. Un monde nouveau apparaîtra à l’orée du soleil levant qui viendra souligner la paix immatérielle et la béatitude grandiose. La jeunesse enchantée méditera l’aube de cette ère prospère dans son sanctuaire intérieur.

L’humanité renaissante découvrira le visage rayonnant de la mère du monde. Le Nouvel Afrique au regard positif apparaîtra dans le berceau de l’humanité sous la protection des dieux de la nature et des âmes des aïeux éternels.
La terre entière engendrera les valeurs universelles constructives. Ces flambeaux éclairant les frontières unies guideront les peuples du monde et les dirigeants pétris de sagesse et d’amour dans le champ immense labouré et cultivé par l’intelligence supérieure. L’humanisme intégral africain né des sources des âmes nouvelles changera le cours de l’histoire du monde. La mondialisation à visage humain deviendra la nouvelle donne stratégique sur laquelle s’accorderont et s’inspireront tous les modèles et politiques économiques des États du monde rassemblés.

L’humanisme intégral africain

L’Afrique porteuse de lumière diffusera les vertus humaines magnifiées. L’homme placé au centre du monde deviendra l’alpha et l’oméga. Il renaîtra pour devenir soi-même et s’élèvera pour atteindre le summum de la sagesse et de la vérité. Dans son champ intérieur, il cultivera l’amour pour être et s’unir à la lumière originelle. L’humilité, la douceur, la simplicité jailliront dans ses pensées et gouverneront ses actes. Avec ces sublimes préceptes et forces acquises, il sera en symbiose avec l’intelligence universelle et s’adonnera au service de ses missions miséricordieuses et salvatrices.
Une philanthropie humanitaire guidera l’homme africain dans l’ère de l’Afrique d’après où son esprit sorti des sentiers obscurs contempleront les rimes des deltas sacrés et étendront les verbes des aïeux qui le conduiront au pinacle de la réussite et de la gloire. L’Africain imprégné d’amour, de générosité, de bienveillance, de justice, de bonté, de tolérance et de compassion s’élèvera au sublime rang de l’humaniste pur et originel. Ces socles sur lesquels se fonde et se forge l’humanisme intégral africain. Ces valeurs supérieures et mondiales qui donnent à une âme noble la grandeur et l’immanence de donner et de partager avec l’autre. Cet amour de l’autre qui l’anoblit et le hisse à construire le monde Un. Avec l’élan de solidarité, de charité et de fraternité qui l’habite dans l’optique d’accomplir un dessein sociétal et mondial commun.
Dans l’Afrique d’après, l’Homme africain sera au cœur de l’amour universel et deviendra le porte-étendard de cette valeur unissant et rassemblant les peuples vers une pyramide commune. Ce village intégral où chacun selon ses moyens contribuera au bien-être de tous. L’humanisme global africain deviendra la rime parfaite de tous les vers des États unis dans un poème d’amour du monde. Cette valeur planétaire qui structure et modèle la grande famille dite le mondialisme à visage social, humain et fraternel.

La mondialisation à visage humain

Dans le monde à venir, l’Afrique solaire distillera ses rayons d’amour inconditionnel. Elle bâtira la grande tour des peuples unis. Un marché commun unira les états neufs nimbés par la force et l’énergie serpentine de l’échange et de la redistribution fondés sur l’inégalité effacée. L’unification et la non-fragmentation de l’économie mondiale seront la pierre angulaire de l’édifice des peuples animés par l’intérêt général. L’équité et la justice jadis relégués au second plan deviendront les règles de fonctionnement du marché devenu libre, équilibré et harmonieux. La concurrence pure et parfaite inspirée par l’injonction des vertus de probité et de loyauté gouvernera cette architecture mondiale de commerce équitable.
L’Étatisme constructif l’emportera sur l’individualisme négatif. La dictature de l’économie sera piétinée par la primauté du social. Le marché roi sous la houlette des normes égotiques et protectionnistes disparaitra de la scène mondiale. Les états égaux et libres s’uniront dans le but d’un monde Un. Les valeurs humaines dicteront les commandes du marché permissif, coordonné et pacifié. Et le transfert et les échanges internationaux des biens, de la main-d’œuvre et de connaissances. De plus, elles orienteront la diffusion mondiale des informations et influenceront l’expansion, l’articulation harmonieuse et non conflictuelle, à l’échelle planétaire, des échanges, des liens d’interdépendance et des situations qui en résultent entre pays, activités humaines et systèmes politiques et sociaux.
C’est la globalisation propice aux pays du monde. Cette mondialisation à visage humain fondée sur les principes de vérité, de justice, d’amour, de fraternité, de non-violence et de paix. Ces valeurs fondatrices d’une humanité joyeuse et respectueuse de la dignité et des Droits de l’homme. Des droits et obligations au service de l’homme dans l’égalité profonde et le bonheur de tous. La patrie du monde unifié et ses peuples qui peuplent ce paysage familier du village global.

Par Yves Makodia Mantséka

Lire in magazine LENOUVELAFRIQUE numéro 56 mai/juin 2013

Des mots du midi ou « Ntangu » et de la conscience sociale chez Theodulos Auguste Kounkou Kue

Classé dans : Non classé — 12 juillet, 2013 @ 10:49
Des mots du midi ou « Ntangu » et de la conscience sociale chez Theodulos Auguste Kounkou Kue
Sous le titre de « Ma TaLa Na ? Les dessous du chiffon (G-10-R1 », Theodulos Auguste KOUNKOU KUE signe sa troisième publication durant l’année 2013, après deux autres ouvrages « Nzenga (G-10-NON) », « Tsikulu retour aux sources pour l’interculturel harmonieux » publiés respectivement en 2010 et en 2012 (en autoédition).

Si pour l’auteur d’un ouvrage la plume est un support indispensable pour la diffusion de ce qu’il entend partager avec le lecteur, elle revêt une importance beaucoup plus considérable lorsqu’elle devient un outil de profonde réflexion et surtout de prise de conscience sociale et humaine.

Telle est la raison même de Theodulos Auguste KOUNKOU KUE dans ses remarquables publications qui tendent essentiellement à éveiller nos consciences sur le devenir de la société africaine en général et en particulier sur celle des populations de l’aire bantoue.

Dans ses publications, Theodulos Auguste KOUNKOU KUE apparaît, à maintes reprises, comme un philosophe de l’absurde. En effet à travers ses écrits, il montre sans cesse les contradictions, les non sens de la société africaine des temps modernes qui se veut soi-disant libre, consciente, responsable et capable d’aimer comme le dirait le Vénéré pasteur Emile Cardinal BIAYENDA.

Eh oui ! Theodulos Auguste KOUNKOU KUE est, par exemple, effaré comme il le clame avec vigueur tout au long de son propos dans « Nzenga (G-10-NON) » et ce, par la décrépitude vertigineuse et le délabrement de vie dans lequel nous nous laissons entraîner, sans discernement et sans y opposer de résistance intelligente (P.19).

Dans « Nzenga (G-10-NON) », Theodulos Auguste KOUNKOU KUE dessine :

1. une société congolaise donc au-delà une société africaine qui reste amorphe face à certaines absurdités qui auraient dû l’inciter a plus de dynamisme, d’intelligence, de sagesse et de courage. Des Congolais meurent de faim, la malnutrition gagne du terrain, la mal bouffe, le système D que le n’zenga institua des années durant sont autant de maux qui nuisent la société congolaise ou le continent africain sans que des voix officielles ou autorisées voire des organisations autochtones non gouvernementales s’en indignent.

2. Un monde corrompu par tant de maux qui minent l’espèce humaine. L’humanité n’étant ni noire ni blanche ni jaune ni rouge…ensemble nous avons le pouvoir de dire non à la manipulation. Non au dressage des groupes humains les uns contre les autres avec des idéologies rétrogrades….(P.59.)

Profondément muntuïste ou humaniste Auguste KOUNKOU KUE puise une bonne partie de son énergie dans certains acquis de l’humanité qui sont ceux de ses ancêtres qu’il a dans son deuxième ouvrage judicieusement dénommé :

« Le Tsikulu retour aux sources pour l’interculturel harmonieux ».

En effet, le Tsikulu, c’est, d’après Théodulos Auguste KOUNKOU KUE, l’ensemble des us et coutumes de nos ancêtres (Koongo) qui savaient lier la pratique écologique aux pratiques de survie en société. Leur sens patent de la croyance au sublime, ainsi que leur science pénétrante les aida à ponctuer les principaux évènements de la vie par des rites comme celui de passage de la puberté à l’âge adulte.(P.11).
Ainsi, pour construire un monde meilleur pour demain l’auteur proclame avec solennité les bienfaits de l’institution du Mboòngi qui regorge en son sein plusieurs recettes de l’éducation et de la formation de l’enfant. « Ga mboongi, mwana muleeke mbua », c’est-à-dire au milieu des adultes, le plus jeune doit se soumettre au service des anciens, nous rappelle Théodulos Auguste KOUNKOU. Pourquoi ?
Parce que, dans la conception africaine de la famille, et même dans la mentalité occidentale d’une certaine époque, l’enfant est une personne qui ne prendra sa place dans la société que dans la mesure où il aura fait ses preuves, lorsqu’il aura franchi des étapes qui accomplissent sa formation en tant qu’adulte en devenir.(P.20.)

C’est la socialisation même au plus haut point de l’enfant qui est réclamée par Théodulos Auguste KOUNKOU KUE mais qui, toutefois n’est possible et effective que, si elle remplit deux conditions essentielles à savoir : l’éducation et la formation de l’enfant.

A travers « le Tsikulu retour aux sources pour l’interculturel harmonieux »Theodulos Auguste KOUNKOU KUE apparaît comme un éducateur des lumières notamment des lumières éternelles par leur universalité qui, à ce titre restent à jamais gravées dans la mémoire sociale de l’humanité. La nature de la place de l’enfant en toute société est, observe-t-il, quasiment identique. La France des années quarante a bien fait travailler des mineurs de familles pauvres, dans les fermes, les usines, etc. Le traitement de l’enfant varie selon la situation économique et sociale des états. Cependant, nul ne devrait humainement cautionner l’exploitation des enfants à des fins économiques, comme le stipulent les dispositions 32 et 36 des droits de l’enfant.(P.22.).

C’est cette vision muntuïste de l’éducation qui fait de Théodulos Auguste KOUNKOU KUE un « émilien », c’est-à-dire un patriote congolais dont l’idéal est parfaitement identique à celui du « Vénéré Pasteur », le bon cardinal Emile BIAYENDA.

D’ailleurs c’est dans cet état d’esprit que la quatrième de couverture du troisième et magnifique ouvrage de Théodulos Auguste KOUNKOU KUE sanctifie, peut-on dire, la vision d’Emile cardinal BIAYENDA aux termes desquels il faut :

« Enfanter un homme conscient, libre, capable d’aimer, voilà l’œuvre de l’éducation que nous avons tous à réaliser ensemble. Famille, Etat, Eglise, dans le respect mutuel de nos droits et de nos devoirs dans la seule volonté de former des hommes ».

Dans « Ma TaLa Na ? Les dessous du chiffon (G-10-R1) », Theodulos Auguste KOUNKOU KUE reste fidèle à ses idéaux en dénonçant les pratiques sociales qui pervertissent l’intégrité de l’espèce humaine, en l’occurrence l’usage exhibitionniste du vêtement, du chiffon du « taba dia ma mpolo ».

Il s’agit là, d’un véritable pamphlet, contre l’usage exhibitionniste du vêtement dans la société congolaise des temps modernes. Le vêtement devient un outil, à la fois, d’asservissement et de corruption sociale avec le phénomène de la sape, une source de déviation sociale voire de perdition du muùntu.

Ce n’est nullement l’usage du vêtement qui est remis en cause par l’auteur. Mais beaucoup la valeur qui lui est attribuée avec le phénomène de la sape ayant corrélativement un impact sur la raison d’être du muùntu et de son devenir.

Comme le relève à juste titre le préfacier de l’ouvrage « Ma TaLa Na ? Les dessous du chiffon (G-10-R1) », le Docteur Denis SAMBA dia Maloumba-Mpombo, l’habit « ki nkuti », fétiche ou religion, qui a désormais d’une part ses rituels, ses grand – messes, ses magiciens, et d’autre part ses thuriféraires, ses ministres, ses prêtres, ses évêques, ses papes et au-delà, ses martyrs et ses saints, honore et encense ainsi des corps malades et parfois sans vie…Le vrai habit, c’est de se vêtir de son propre silence « ki kuti »…Si les objets que nous fabriquons, nous refabriquent en retour, tout en nous conférons une identité, gardons-en au moins la maîtrise. Ma TaLa Na nous emmène à Siloé (Jean 9, 1-7), afin que nous voyions ce qui vaut vraiment la peine d’être vu. Le voile est levé avec cet ouvrage, sur les phénomènes d’exhibitionnisme et de manipulation. A chacun d’en prendre de la graine !

A cela l’auteur ajoute lui-même avec perspicacité que : « La superficialité, l’obsession de montrer et de se montrer deviennent légion, au détriment de l’épanouissement de l’être intégral qui s’emmitoufle de chiffons, pour cacher sa propre nature… »

En somme, à défaut de ne pas nous emmener à Siloé, Théodulos KOUNKOU KUE nous entraîne, à travers Ma TaLa Na et ses deux autres remarquables ouvrages dans les allées forestières du mont « KABA » de Mbaànza Koòngo au sommet duquel le muùntu est dans le « mu vwatu » en portant l’habit de la connaissance, de l’intelligence et de la sagesse ou « ki-nkuti kia muùntu » véritable source du devenir existentiel.

TAATA N’DWENGA

Contact : 06.35.44.48.40 ou theodulos@hotmail.fr

Ghislaine Nelly Huguette SATHOUD: l’infatigable défenseure de la cause féminine

Classé dans : Non classé — 11 juin, 2013 @ 10:30

Ghislaine Nelly Huguette SATHOUD: l’infatigable défenseure de la cause féminine gislaineimages-120x150

Si le chemin des Droits de la femme dans ce monde est long, rocailleux et plein d’embûches, il faut donner à Ghislaine Nelly Huguette SATHOUD la force, le courage et le mérite de continuer inlassablement ce difficile combat de la liberté et de l’émancipation.

Force est de constater qu’au cours de ces dernières années, l’illustre écrivaine a ardemment milité et bataillé durement pour se faire entendre et donner à la Congolaise sa rayonnante image de mère porteuse d’amour et partageuse de bonheur.Mais aussi et surtout celle d’une femme que l’on doit absolument respecter par ses devoirs et droits qui lui incombent et lui reviennent par rebondissement. Ou par ce que l’on appelle singulièrement en jargon scientifique l’effet «de chimiotactisme positif». En filiation avec cet attrait bienveillant, bienfaisant que l’homme éprouve naturellement devant sa moitié qui n’est autre que lui-même. Dans la fusion totale, idéelle et sacralisée de l’amour pur. Cette conception ancienne et transcendantale que véhiculaient nos ancêtres.

Ainsi «la poétesse au regard extasié» s’inscrit dans la logique du grand combat de la femme. Cette lutte inexorable qu’elle mène par la voie de la voix et de l’écriture. Ces deux instruments de vocation qu’elle manie avec maitrise de bon aloi. Et d’absolue nécessité pour mettre fin au conservatisme rabique qui ronge la société africaine et les inégalités réelles qui érodent le monde occidental et les discriminations criardes qui fissurent le monde dans sa globalité. C’est avec ses pinceaux que la prolifique et polyvalente écrivaine Congolaise s’évertue à exorciser le mal de la femme à travers les pièces de théâtre, à relater les atrocités de la mère par le biais des Contes et par le truchement des Conférences et débats à  dénoncer l’oppression infligée à celle-ci. Tels sont les axes principaux de la défense de cette figure de prou dans ce monde segmenté par la domination masculine et dont la montée du féminisme infléchie la donne par la restauration du genre et de la parité. Avec elle le féminisme devient l’arme qui doit servir la femme et non l’asservir.

De son premier livre en 2005 intitulé «Hymne à la tolérance» à l’art de la Maternité chez les Lumbu du Congo en passant par le Combat des femmes Congolaise, les Femmes d’Afrique Centrale au Québec et l’Amour en migration,cette singulière femme a fait des Femmes son unique combat dans la recherche de l’égalité dans la différence et le respect des droits et libertés fondamentales. Ces principes essentiels qui fondent l’humanité.

C’est une vision humaniste de la conception de la discrimination des femmes que cette dramaturge, nouvelliste, essayiste fait montre explicitement par ses idéaux. Et qui se dessine merveilleusement dans ses œuvres de lumière dans ce monde victime de l’obscurantisme total des dirigeants.

A l’image de ces œuvres manifestes marquées par l’éternelle situation de la femme, son écriture est un sceau de l’engagement et de la passion dévorante pour sortir la femme du bourbier des conditions infâmes et de l’indignité humaine. C’est un éternel voyage entre le Congo sa terre ancestrale et son pays d’accueil le Québec que l’auteure nous amène à travers ses ouvrages. Avec son célèbre slogan« seule la lutte libère» à la bouche pour briser les interdits, bousculer les tabous et améliorer ainsi la condition des femmes.

Au regard de ce qui vient d’être exposé lapidairement, il en découle que le parcours de cette courageuse femme se comprend à la lumière de son sublime combat et à travers sa vision grandiose.

Son unique combat 

Ainsi cette fervente défenseure de la cause féminine œuvre sans cesse à faire restaurer la loi et les normes permettant de libérer, de protéger et de défendre. C’est toute cette entreprise intrépide que cette vaillante exerce par le biais de l’écriture, de la parole et des actions concrètes pour faire passer son message de solidarité, de justice et d’égalité.

Cette figure incontournable use l’encre de sa plume romancière, déploie ses ailes lyriques  pour insuffler voire seriner dans le cerveau de l’humain ankylosé, chloroformé et formaté par les clichés et pensées sexistes nébuleuses. Elle cherche à faire taire tous les discours et prises de positions outrancières de discriminations et de rejet systématiquement de la femme dans le champ de grandes décisions du monde. C’est ce refus manifeste face à ces inégalités monstrueuses et divisionnistes que l’homme épris dans un tourbillon de machisme exprime  insidieusement à l’égard de la femme. C’est à l’image des grandes figures féministes mondiales qui militent depuis un demi-siècle qu’elle tire le modèle de combat à la domination masculine, à ses lois et à ses mentalités.

A l’heure du modernisme effréné, elle s’insurge contre le pouvoir conservateur, contre toutes les traditions tatillonnes et coutumes séculaires rampantes qui lézardent tous arbres florissants préfigurant les grandes avancées des conditions de la femme. Fustigeant littéralement le traitement infligé à la femme dans le monde rural, elle vante l’idée de l’intégration de la femme dans toutes les sphères sociales, politiques et économiques voire environnementales. C’est le rôle majeur que la femme doit jouer dans les villages, les campagnes, les villes africaines où elle est souvent réduite aux taches ménagères, aux travaux champêtres et confiner au poste de gardienne du foyer. C’est cette impuissance relative imposée par l’homme que cette voix de la raison conquérante conteste sans fin dans ce monde.

Son unique combat reste de donner à la femme sa raison d’être et de vivre.  De ne point changer le monde mais de participer à la conscientisation d’ensemble. Face à la montée de la violence et de la pauvreté chez la gente féminine. Pour elle, le féminisme n’est pas un vain mot, ni un discours désuet. Il est, au contraire, d’actualité, contemporain. Et son but ultime: c’est abolir toute forme de domination. Celle d’un sexe sur l’autre, d’une couleur de peau sur l’autre, d’une orientation sexuelle sur une autre, etc. Car cette femme africaine cherche avant tout: « l’égalité entre tous».

Cette véritable combattante veut donner à la mère « qui allaite, gouverne les pas et ouvre les yeux aux prodiges de la terre » comme disait Camara LAYE une autre fonction humaine, salvatrice et glorieuse. Celle d’une femme à la commande des unités de productions, celle  d’une femme qui occupe la place de cheftaine de village, d’ardente défenseure et protectrice des normes. Et par conséquent celle qui, par dessus tout, oriente et prend l’initiative et les décisions politiques. C’est une femme de pouvoir, responsable, aimée et aimable que l’écrivaine de lumière intègre dans sa vision et philosophie même de féministe de première heure au Congo. Bien sûr, à la lecture minutieuse des ouvrages multiples de Gislaine Nelly Huguette SATHOUD sa conception du féminisme est somme toute positive et fort constructive. Si loin du courant féministe radical embourbé dans la vengeance et la haine viscérale.

Oui, cette poétesse dans l’âme incarne cette idéologie moderne dans la défense des intérêts de la femme. Ces intérêts qui symbolisent les droits de l’Homme. En exaltant pour dessus bord cette sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, elle rejette toutes mœurs gangreneuses qui enchainent la femme et la relègue au second plan. C’est ce cantonnement au rôle mineur que l’auteure explicite dans son ouvrage l’art de la maternité quant elle souligne que la femme semble encore reléguer au second plan à cause de la maternité qui la différencie de l’homme. Dans le rôle réducteur de donner des vies et sans en donner l’évolution et le progrès aux fruits de ses entrailles dans l’épanouissement et le développement de son être. Explicitement, elle célèbre le pouvoir éducateur, formateur et régénérateur de la femme. Tel qu’il fut exercé par les puissantes et antiques femmes Egyptiennes dans la procréation en union avec la déité. Et bien avant par nos ancêtres congolaises. C’est cette initiation sacrée que l’écrivaine partage à travers son expérience de passage de la fille à la femme dans l’art de la maternité. Avec le fameux rituel de l’eau bouillante Gislaine Nelly SATHOUD nous livre le secret millénaire du rajeunissement de la sexualité de la mère. A ce propos elle écrit : «Musonfi» est bien plus qu’une simple appellation, il s’agit d’un symbole, toute une tradition se résume dans cette représentation. Et elle ajoute:« En fait, quelques autres symboles pourraient s’associer parfaitement à cette appellation «Musonfi» : la beauté, le rayonnement, la joie de vivre et bien d’autres encore… »(1)

Une vision grandiose de la femme  

Ghislaine Sathoud, sereine et convaincue, porte une vision symbolique de la femme. Sa vision de la femme est grande et universelle. Elle n’est guère d’une tribu ni d’un clan. Car son œuvre globale insère le monde dont elle cherche à apporter la pierre pour l’édifice commun. L’humanité.  Cet humaniste altruiste montre la dimension sociale et culturelle de la femme qu’elle veut intégrer dans le pluriel. Et non dans le singulier du monde égotique. Doctrine des sexistes et des ségrégationnistes résolument claquemurée dans la division et la séparation d’avec le monde Un.

A l’antipode des courants passéistes et rétrogrades, ses contes et ses nouvelles peuplent l’univers de ses pensées dans l’insertion de la femme dans l’ère de la parité. La femme doit au même titre que l’homme occupé les postes de travail égal et obtenir un salaire commun à la hauteur de ses talents et compétences. Elle rejette la marginalisation totale de la femme. C’est plutôt cette reconnaissance des qualités de travail, de mérite et non de beauté que cette implacable dame de cœur et de conviction exprime à travers sa démarche héroïque de la sauvegarde des acquis de la femme dans ce monde où elle se veut être libre et indépendante. Avec sa délicate attention, elle nous met en garde contre le renoncement, l’impatience, et donc de ne point lâcher prise… Et de ne point oublier les souffrances endurées par nos mères africaines dans les villages reculés, enclavés pour nourrir la famille. Tous leurs sacrifices humains poussés à l’extrême au nom de l’amour et du bonheur des siens et de la patrie même. Son cœur éploré nous conseille: « ne peut passer sous silence les difficultés des femmes à la campagne, qui travaillent de longues heures dans des conditions de pénibilité extrême voire insupportables.» (2)

Ainsi avec l’amour en migration l’écrivaine fait une analyse bilancielle: « …Femme. De ma naissance à aujourd’hui, j’en ai vu de toutes les couleurs. De mes premières règles à ma ménopause, beaucoup de choses se sont passées. Du haut de mes cinquante cinq ans d’existence, je ne peux pas dire qu’il n’y a pas eu de l’animation. Plusieurs grandes secousses ont mis ma vie à rude épreuve. Je n’ai pas baissé les bras. Je n’ai jamais baissé mes bras. Je n’ai jamais cédé à la fatalité. J’ai toujours gardé espoir. À mon sens, une femme doit prendre sa place dans la société. Une femme doit faire son chemin. Elle a droit à sa place. Sa voix doit être entendue. La femme est une personne à part entière  qui doit jouer son rôle, assumer des responsabilités à sa manière. Plus les discriminations sont nombreuses, plus j’aime relever le défi d’être une femme. » (3)

Et sa pièce de théâtre -les maux du silence- une femme en pleurs-mise en scène sur les tréteaux de Sherbrooke au Canada à l’occasion de la marche mondiale des femmes, elle crie que les femmes africaines sont plus malheureuses en Occident qu’en Afrique et évoque le concept de la dépendance.

« Des Femmes d’Afrique centrale au Québec au Combat des femmes du Congo-Brazzaville, une seule préoccupation pour l’auteure : montrer et dénoncer les affres que subit la femme africaine en général et la Congolaise en particulier dans cette société des hommes où le masochisme semble se révéler dans la plupart des nations, surtout dans les pays du Sud. Le Combat des femmes du Congo-Brazzaville, une réflexion qui peut se lire sur fond d’autobiographie et d’expériences sociales personnelles », écrit Noel Kodia Ramata (4)

Mais dans l’ensemble l’auteure dans ses œuvres met en exergue la valeur de la femme africaine. Elle plaide l’honneur et la fierté des femmes en leur rendant un vibrant hommage. En raison de la lutte inlassable qu’elles mènent pour leur émancipation, leur épanouissement en dépits des préjugés. Dont elles sont en proie tant en Afrique qu’en occident à cause des différences culturelles. Pour elle, certaines coutumes draconiennes et traditions surannées vont à l’encontre des idéaux nobles exaltés par les Nations Unies pour le développement dans le monde. Ou pis encore ils sont à l’antipode de la promotion du genre et de la parité. Ces vecteurs de construction de l’inégalité rompue et discrimination effacée pour l’unité entre Hominisme et Féminisme. Ces vecteurs de structuration de l’humanisme pluriel. Ce vaste monde de l’homme et de la femme avec leur identité acceptée et respectée. C’est cette identité de la femme que la militante acharnée revendique au nom de la modernité et du progrès des mœurs. Et au nom du respect de la démocratie inclusive et de vertus républicaines. Sans injonction extrême de religiosité dont elle garde précieuse les valeurs pérennes de l’unité et de la fraternité.

De plus, dans sa « lutte féroce qui donnera le salut », cette femme active dans le monde associatif et culturel a évoqué aussi dans son ouvrage « Les femmes d’Afrique centrale au Québec » le lancinant  problème de l’immigration de la femme. Un autre volet pour montrer du doigt les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes hors de leur pays d’origine. Parmi ces maux elle cite, entre autres : l’affront d’une autre culture, le regard de l’autre, etc. En somme, elle dit:« la femme immigrante hérite déjà de la discrimination envers toutes les femmes. De plus, en tant que femme immigrante, elle subit encore plus de discrimination»(5)

Installée au Québec avec sa famille, ce n’est guère une lutte politique exacerbée que cette voix majeure de la littérature Congolaise s’évertue à pourchasser loin de son pays natal. Mais un idéal de justice et de paix dans une société mondiale où l’homme parfois despote piétine les règles communément admises. Celles qui célèbrent l’amour du monde. Celui qui considère l’autre, la femme comme un être à respecter et aimer dans un indissoluble lien d’amour.

Cette parité dans la légalité et dans l’inégalité compensatrice que professe cette brillante écriture dans la défense grandiose et perpétuelle des causes réelles. C’est l’égalité des chances issue de la protection et de la défense des valeurs cardinales qui fondent la famille unie que conseille cette congolaise visiblement versée dans l’océan de l’entente, de l’harmonie et l’équilibre des couples.

Ainsi, elle se situe à contre courant des toutes les impunités totales qui minent les sociétés africaines et occidentales où les violences physiques, psychologiques et morales sont  monnaies courantes. Toutes ces femmes battues, molestées, torturées, violées restent l’unique dessein de son combat dans les sociétés rongées par les esprits malséants, fous et potentiellement dangereux. Ces faiseurs de troubles publics qui utilisent l’arme, le pouvoir, la puissance voire la séduction pour fouler au pied les lois universelles et protectrices de la femme.

Avec cette voie de la défense de la femme, elle est l’éminente avocate dans cette arène mondiale où son esprit éveillé et humaniste symbolise une lutte sans fin des causes justes. Celles qui animent sa vie, éclairent ses écrits et illuminent son parcours héroïque. Dans ce monde où elle passe son message vibrant demeure…et l’espoir aidant s’élève dans ses œuvres déjà amorcées. Celles qui viennent nous souhaitons à l’artiste née une lumière qui éclaire la route de la «vainqueure». Que l’histoire dira d’elle. Assurément!

Yves Mâkodia Mantseka    http://ynkodia.unblog.fr/

Notes:

(1):   Lire L’art de la maternité chez les LUMBU du Congo,  page 64

(2) : Lire Les femmes d’Afrique centrale au Québec, page 51

(3) : Lire L’amour en migration, page 14

(4) : Lire in  www.afrology.com et Afrique éducation du 246

(5): Lire entretien réalisé par Planète Afrique.com in Site Officiel Ghislaine SATHOUD

Bibliographie de l’auteure:

Poésie
Poèmes de ma jeunesse Pointe-Noire: Éditions I.C.A., 1988. Poésie

L’Ombre de Banda Paris: Éditions C.B.E., 1990. Poésie.

Pleurs du cœur Paris: Éditions Expédit, 1995. Poésie.
Théâtre
Les Maux du silence. Maison Culturelle Les Ancêtres (Canada), 2000
Nouvelle
Les Frères de Dieu Québec: Éditions Melonic, 2006. (72p.).
Conte
Itiana Montréal: Éditions Carte Blanche, 2002

Romans
Hymne à la tolérance. Québec: Éditions Melonic, 2004

L’amour en migration, Paris : Ménaibuc, 2007.

Essais
Les Femmes d’Afrique centrale au Québec. Paris: L’Harmattan, 2006

Le combat des femmes au Congo-Brazzaville, Paris : L’Harmattan, 2007.

L’art de la maternité chez les Lumbu du Congo Musonfi. Paris, L’Harmattan, (L’Harmattan, Collection Études africaines, 2008)

Le ntootela ou Roi du Koòngo et la notion du bonheur

Classé dans : Non classé — 17 mai, 2013 @ 9:02

Tirée du livre Candide ou l’optimisme, de Voltaire, la citation d’après laquelle, « il faut cultiver notre jardin » a fait l’objet d’innombrables analyses ou critiques voire interprétations. Des analystes ont prétendu que le jardin auquel Voltaire fait allusion est la terre par opposition au jardin d’Eden. Il s’agirait là pour le philosophe des lumières une manière de s’attaquer à la doctrine chrétienne, en l’occurrence catholique de son temps sur le bonheur. En effet au XVIIIème et XVIIIème siècles, la doctrine chrétienne catholique situe le bonheur de l’être dans l’au-delà et non sur terre.

Or, pour Voltaire si bonheur, il y a, c’est sur terre qu’il faut le construire, le bâtir et non dans l’adhésion à des considérations d’ordre métaphysique. Ainsi selon l’auteur de Candide ou l’optimisme, le bonheur est, peut-on dire, une convenance à s’occuper des choses que l’on peut changer, transformer et, somme toute, une vision tendant en l’amélioration des conditions d’existence de l’être.

Le ntootela ou Roi du Koòngo et la notion du bonheur kongosagesseC’est ainsi d’ailleurs que dans certains de ses écrits, Voltaire va concevoir le bonheur comme quelque chose d’abstrait composé de quelques idées de plaisir.

A ce propos, le Maàni Koòngo est, à la fois, un roi spirituel et cultivateur. Il est, ce roi de transformation et d’amélioration du milieu dans lequel où il exerce son autorité, c’est-à-dire le « Ntootela ». Il s’agit là, entre autres, d’une analogie sur le roi qui, par essence ou définition est la rivière parlante (ntoo = rivière) (ntela dérivé de ta = parler, manifester, exprimer).

C’est à ce titre qu’il est, le roi soucieux du bien être de son peuple en cherchant constamment à unir, à rassembler, à sécuriser, à perpétuer, à cultiver etc. Il est le roi de la transformation de la terre, de cette terre don véritable du Dieu suprême Nzaàmbi MpuNgu qu’il revient au muùntu de travailler pour en tirer divers avantages d’où, entre autres, la signification étymologique de ntootela du roi semeur, cultivateur et récolteur.

Le roi du Koòngo est maître en son royaume parce qu’il est, avant tout, un partisan de Koòngo dya Ngolo ou du Koòngo de la force qui, en l’espèce passe par l’amour du travail.

C’est ainsi que dès la fondation du Koòngo, « Les hommes de métier arrivèrent avec leurs outils, car à Kongo, dès l’origine chaque clan avait son métier. Il y avait des tisserands, des tireurs de vin de palme, des vanniers, des potiers, des forgerons. Il n’y avait de commun que l’agriculture, qui était réservée aux femmes, et la chasse et la pêche, apanage des hommes. Cette spécialisation et cette division du travail entre les clans, tout extraordinaire que cela paraisse, sont mentionnées dans les traditions de quelques clans. » (Van Wing in « Etudes Bakongo, sociologie, religion et magie 2ième édition 1959 P.45.)

Comme le rapporte le koòngologue Georges BALANDIER, le roi est défini comme le héros civilisateur, celui qui symbolise par excellence le pouvoir. Justicier, conquérant, il est aussi envisagé comme l’inventeur de l’art de forger. Il est le roi forgeron dotant son peuple des armes de la guerre et des outils de l’agriculture (G.BALANDIER in « La vie quotidienne au royaume de Kongo du XXVIIe au XVIIIe siècle Hachette 1965 P. 15.).

Ainsi, le Maàni Koòngo, le roi du Koòngo, le ntootela est ce roi protecteur et surtout transformateur des terres qui lui appartiennent. Du verbe toòta et signifiant cultiver, travailler, semer, ramasser, récolter. C’est en cela qu’il est le roi forgeron, c’est-à-dire ce roi qui se situe dans la constance du devenir de sa royauté et de son peuple par le travail ou saàla, en l’occurrence l’art de la forge.

S’il aspire, entre autres, au bonheur, le roi du Koòngo est, en ce cas, le Mfumu tsi, le Mfumu ntoòto, le roi de la terre ou de l’espace territorial qu’il occupe et qu’il met en situation perpétuelle de transformation pour son bonheur et de celui de son peuple.

Le Maàni Koòngo est, peut-on dire, le Mfumu ya Ma-zulu, c’est-à-dire le seigneur ou maître de l’univers des cieux qui, à ce titre comprend ou maîtrise les mystères de l’environnement dans lequel, il fait régner son autorité. Du verbe zuùla qui veut dire comprendre, saisir, décrypter, décoder.

Ainsi, le roi du Koòngo est détenteur du zuù ou langage (se distinguant nettement de la langue ou ndiinga) avec lequel il parvient à comprendre, saisir et traduire les mystères du Nza ou de l’univers pour son bien être et celui de son royaume.

Par ailleurs, le Maàni Koôngo est aussi le Mfumu ya ma ntoonto, c’est-à-dire le seigneur des terres ou ntootela en les travaillant, cultivant ou somme toute, en les transformant pour en tirer différentes sortes d’avantages. Du verbe toòta qui veut dire récolter, ramasser à la condition bien évidemment et ce, préalablement de mettre en avant l’esprit d’initiative et d’entreprise.

C’est sous cet angle que le ntootela apparaît comme le laboureur que décrit l’avocat, le poète, le moraliste français de la période classique Jean de LAFONTAINE (8 juillet 1621-avril 1695) lequel en s’adressant à ses enfants leur dit :

«  Travaillez, prenez de la peine :

C’est le fonds qui manque le moins. Un riche Laboureur,

sentant sa mort sa mort prochaine,

Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.

Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage

Que nous ont laissé nos parents.

Un trésor est caché dedans.

Je ne sais pas l’endroit, mais un peu de courage vous le fera trouver :

Vous en viendrez à bout

Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place….

D’argent, point de caché. Mais le Père fut sage de leur montrer

Avant sa mort que le travail est un trésor. »

Ainsi, le travail chez les Koòngo précède le bonheur d’où la signification, entre autres, du dicton saàmbila saàla, saàla saàmbila, prier et travailler sans relâche, travailler et prier sans faiblir.

A ce propos, le koòngologue BALANDIER rapporte que :

« Certains métiers se situent entre la connaissance des nganga et le savoir-faire des gens de l’art. Ainsi, la technique de la forge qui reste prestigieuse à Kongo. Le forgeron est nganga lufu…Ses outils principaux – le marteau et l’enclume – évoquent le temps du mythe et des premiers ancêtres…Par ailleurs, l’eau de la forge et l’air du soufflet sont utilisés pour renforcer la vitalité…Travail noble, action symbolique autant que création matérielle, la mise en œuvre des métaux se situe au point de convergence des pouvoirs opérant sur les forces, les hommes et les choses. Ce qui explique que le souverain soit, selon la dénomination plusieurs fois rappelée, « forgeron de Kongo ». (G.BALANDIER in « La vie quotidienne au royaume de Kongo du XXVIIe au XVIIIe siècle Hachette 1965 P.224).

C’est dans cette optique que le roi du Koòngo devient un Maàni, c’est-à-dire un détenteur de plusieurs petits états donc de plusieurs terres du fait de son génie ou ingéniosité voire intelligence à rassembler ou grouper les hommes et des femmes par son idéal qui passe avant tout par l’amour du muùntu et celui du travail.

Ici, le mot maàni n’étant que le pluriel de l’adjectif possessif diaàni ( Ex : ma (m)baànza maàni ou mbaànza zaàni , ma n’gaata maàni , ntoònto miaàni ; tsi zaàni, terres ou cités sous-entendu du roi du Koòngo, c’est-à-dire, le Ntootela,.

En somme, le roi du Koòngo est un roi forgeron ou ngaàngula qui, par définition procède à la transformation des terres qu’il occupe. C’est à ce titre qu’il est un partisan du bonheur auquel, il aspire en cultivant sans cesse son jardin. Autrement dit, le bonheur est, pour le roi du Koòngo, et ce, à la fois épanouissement et quiétude voire un état d’être né corrélativement du maintien ou de l’entretien de sa force vitale par le travail ou ki-saàlu. Cette force vitale que Placide TEMPELS conçoit comme le muùntu ou la réalité invisible dans l’ÊTRE qui, naturellement jouit de la faculté de la renforcer par la force des autres êtres de la création. La félicité suprême, la seule forme du bonheur est pour le Muuntu, écrit-il, la possession de la plus grande puissance vitale. La pire adversité, et en vérité le seul aspect du malheur, pour lui, est la diminution de cette puissance vitale. (TEMPELS P. in « La philosophie Bantoue » Présence africaine 3ième édition 1948 P.31 et 32.)

Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU (Alias Taàta N’dwenga)

Avocat à la Cour

Koòngologue

LE RÊVE LITANIQUEMENT ENCHANTE DU PERE DE LA NATION SUR LA JEUNESSE CONGOLAISE : ABBE FULBERT YOULOU

Classé dans : Non classé — 5 mai, 2013 @ 11:33

LE RÊVE LITANIQUEMENT ENCHANTE DU PERE DE LA NATION SUR LA JEUNESSE CONGOLAISE : ABBE FULBERT YOULOU

Jeunesse Congolaise, vous voilà mis devant un fait accompli,

Et devant ce fait il n’est plus possible de tergiverser,

… le pays s’est engagé sur une mauvaise piste,

et l’on se demande quelle en sera l’issue.

C’est la misère, c’est le désordre

qui s’est d’ailleurs déjà installé,

c’est l’anarchie qui règne actuellement,

c’est le manque d’autorité

Tout cela ne préoccupe nullement

 ce TRAÎTRE DE LA NATION.

Jeunesse Congolaise, dans tous les pays, la jeunesse

 se met avant tout au service du peuple.

C’est-à-dire qu’il doit être exclu qu’elle devienne

 l’instrument servile et aveugle

des ambitions personnelles d’un homme

ou d’un groupe d’hommes ;

d’un groupe d’hommes uniquement

animés d’intentions macabres.

Voulez-vous savoir toute la vérité ?

Voilà le régime abhorré…qui se maintient

 au pouvoir par la terreur et par les assassinats.

Jeunesse Congolaise, personne ne met en doute votre bonne foi ;

Personne n’a le droit de douter de votre dévouement

et des bonnes intentions qui vous animent.

Vous vous trouvez devant une situation nouvelle

qui est suscitée par un ensemble de problèmes nouveaux.

Pour chacun de vous, il doit s’agir que vous êtes Citoyens Congolais

avant tout et que chacun de vous doit se poser la question de savoir

Quelle contribution il peut apporter au salut du Congo.

Nous voulons dire que chacun de vous doit se sentir mobilisé

pour la meilleure des causes, le salut national.

L’équipe gouvernementale, aujourd’hui en place, exploite

la jeunesse à des fins personnelles.

…Les intentions des responsables congolais n’échappent à personne.

C’est si vrai que certains d’entre eux veulent déjà fuir.

Ils veulent fuir pour éviter le châtiment du peuple.

Nous avons dit : à chacun son tour.

Nous avons insinué que celui qui se sert de l’épée

périra par l’épée,

car le verdict du peuple est parfois sans équivoque

et sans miséricorde.

Pourquoi ont-ils l’intention de fuir ?

C’est parce qu’ils ont la conscience lourde…

Jeunesse Congolaise, il est un fait qui ne peut longtemps

demeurer dans l’ombre.

C’est une vérité que personne n’ignore…

Tout le monde émet le vœu que

notre jeunesse soit juste et honnête.

Car encore une fois, des pauvres

chargés de mission croupissent

et meurent en prison.

Quels crimes ont-ils commis ?

Jeunesse Congolaise, il vous appartient de demander…

de vous tenir informés des chefs d’accusation articulés

contre ces braves Congolais, nos frères.

Jeunesse Congolaise, il vous revient de tenir compte plus que jamais

de la situation politique de l’heure.

Et cette situation doit être minutieusement analysée.

C’est votre rôle. C’est urgent. C’est d’autant plus urgent

qu’il est urgent d’empêcher ce qui doit être empêché.

Cette analyse doit se faire sans passion et sans parti pris.

Cette analyse doit être objective.

Jeunesse Congolaise, votre devoir est simple.

Le plus simple doit être de ne pas vous laisser remorquer

par une équipe d’hommes criminels,

par une équipe d’hommes qui se contentaient d’observer le mutisme

le plus absolu à une époque difficile de l’histoire de notre pays,

alors que ce même pays avait besoin de toutes les bonnes volontés

pour le libérer du colonialisme.

Jeunesse Congolaise…La situation générale se dégrade de jour en jour,

l’étiage économique a baissé, le nombre des chômeurs s’est accru.

Que se passe-t-il encore ? Dans son ensemble, le pays régresse,

la haine des uns contre les autres ayant repris le dessus.

Réfléchissons.

Le courage doit caractériser une jeunesse désintéressée

et consciente, respectueuse

des valeurs fondamentales du pays.

Peuple Congolais, soldats, gendarmes, agents de police, jeunesse,

conjuguons tous nos efforts, faisons tout ce qui est en notre pouvoir

pour sauver notre pays qui est entrain de se perdre, s’il ne l’est déjà.

 ( Abbé F.Y in « J’accuse la Chine » La Table Ronde 1966 P.204-207)

Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU

( alias TAATA N’DWENGA)

La paix constructive en Afrique

Classé dans : Non classé — 4 avril, 2013 @ 11:45

La paix constructive en Afrique photo_1087_article_897

Statue de la paix à Lomé, Togo

La paix, c’est la guerre des idées», disait l’écrivain et poète français Victor Hugo. Cette maxime est, de nos jours, bien loin des stratégies et des politiques africaines dans leur vision de construction et de conception du développement. Le constat actuel illustre cet état de fait consternant et suscite de multiples interrogations pour sortir de ce lancinant problème.

En effet, les guerres multiformes qui désagrègent le continent africain sont des luttes tribales, interethniques, des frontières et des territoires. Ces conflits armés mettent en avant la primauté qu’accorde l’homme à son intérêt personnel de dominer l’autre devenu l’ennemi à battre. Et à faire disparaître. La vie devient une lutte perpétuelle, et non un moment de joie, de plaisir, d’entente, de convivialité, ces valeurs faisant germer le bien vivre ensemble d’une communauté ou d’un peuple dans un but commun. Dans ce sillage, la solidarité et l’entraide forment les socles de la fraternité donnant à la nation souveraine la sérénité et la tranquillité des esprits.

L’éclosion de l’unité indivisible

C’est cette unité d’ensemble qui engendre dans un état libre et indépendant le calme et le silence. Ainsi, la paix habite la nation fondée sur ces piliers brillants qui donnent à la population le bonheur et l’amour. Ces sentiments meilleurs découlent du tréfonds de l’âme du peuple, là où son esprit vit dans la sphère de beauté et de la félicité. Ce monde de plénitude réside dans l’antre intérieur de l’homme. Ainsi, la vraie paix existe dans l’âme du peuple pétri de sentiments et pensées sublimes qui habitent dans les abysses du cœur imbibé d’amour. C’est cette vision étincelante que le politique africain doit appréhender, apprivoiser et appliquer pour générer partout l’ère de la paix intérieure, entrainante et rayonnante, laquelle viendra ouvrir large le champ des possibles où poussent l’espérance, le développement et la croissance tant attendue.

Reconstruire les cavernes d’amour

La haine nous habite tous, frères africains, sur le radieux chemin qui nous pousse à bâtir l’Afrique Une. Le chacun pour soi dicte les idées destructives. Cet individualisme effréné emprisonne dans l’antichambre de l’évolution et du progrès. Les projets et les décisions de l’homme sous l’empire de ces idéaux négatifs construisent les châteaux de ruines et de désunion, avec à la clé le refus manifeste de l’autre considéré comme un renégat, un traître. Chassé de la communauté et du village, il devient le banni de la tribu. C’est par ce rejet du frère de sang que la nation civilisée commence à se disloquer, à se déchirer et à se séparer. Les ethnies proches et les tribus frontalières s’éloignent et se distancient en quittant les terres de conciliation et de jonction. On ne peut construire le pays en refusant l’autre, son prochain. L’Afrique souffre de ce mal congénital. De ce mal sont nées les multiples guerres qui rongent et abîment ses terres de fraternité.

Longtemps, l’Afrique fut un continent où les vertus de solidarité et d’unité gouvernaient les villages, les campagnes et les villes. Ces valeurs noyées dans la division et la dislocation n’existent plus. Elles ont disparu de la vie associative où elles prévalaient et orientaient les chefs dans leur dessein sociétal commun : construire un même village où vivent un seul peuple et un seul idéal. Ainsi, la sortie des guerres intestines passe par le retour à la case départ : il s’agit de reconstruire les cavernes intérieures d’amour, détruites par la haine viscérale qui régente tout. C’est en restant à l’intérieur de ces cases personnelles que l’homme africain retrouvera l’intelligence, la sagesse et la fraternité perdue. Ces flammes jadis alimentaient et dirigeaient les buts ultimes des nations. Avec cette exaltation de l’âme placée dans les effluves d’amour, de générosité et de partage, l’africain élevé et régénéré trouvera sa voie majestueuse ouverte par les anciens chefs qui ont laissé à la postérité les vestiges et les patrimoines brillants. C’est en scrutant ce passé de l’histoire que l’africain initié aux vertus de respect, de confiance, de tolérance, de la morale et de l’éthique deviendra l’héritier de la paix sociale cultivée par les ancêtres.

Concilier les forces intérieures

De nos jours, l’Afrique est touchée par les multiples guerres claniques et frontalières. Ces dominantes guerres des hommes et des territoires. Avec ces luttes armées, l’Afrique devient le terrain de peur, de douleur et de souffrance. Implicitement ou explicitement, l’Africain est responsable des tueries et massacres perpétrés sans cesse sur ses terres d’hospitalité légendaire et d’histoire mirifique. Il est l’artisan de sa propre ruine et de la déchéance des nations.

L’étranger jugé diviseur, destructeur, fossoyeur n’est plus aujourd’hui l’être à jeter l’anathème. L’imprécation vient du peuple piétinant les règles communes de la souche familiale africaine. Elle est l’œuvre achevée par l’africain lui-même dans le refus manifeste de ces lois qui gouvernaient sa vie d’autrefois. C’est cette absolue réfutation qui a renversé irrésistiblement l’Afrique dans la marche vers l’émergence d’un continent développé. En plus de la modernité que l’Afrique doit accepter dans son évolution et son développement, elle doit également concilier les forces intérieures qui ont fait d’elle le continent singulier et authentique. L’identité africaine est forgée par les croyances dans les valeurs millénaires des anciens qui adoraient, vantaient les cultures, les us, les coutumes, les traditions, ces bases qui forment leurs nature et image propres.

L’Afrique en guerre est loin de vivre dans la paix constructive qui façonne les mentalités et unit les hommes. L’absence des guerres des idées a laissé la place aux luttes des classes, des personnes,… Le dialogue et l’échange, qui faisaient le lit de la démocratie et de la liberté de parole, sont évincés dans les discussions et débats infructueux. L’Afrique est victime des rivalités, des mésententes entre les peuples vivant au nord et au sud du même pays. Ces pensées minent les terres africaines et amplifient les guerres fratricides qui éludent la paix positive entre les ethnies.

Tendre la main à l’autre

C’est le choix néfaste de l’esprit négatif vers les palabres stériles et actions destructrices que l’Afrique, sortie des chefferies des connaissances et savoirs sublimes, traverse, cette phase noire des guerres tribales. L’Afrique indépendante doit rester maitresse de sa destinée sans être l’exécutrice des ordres. La véritable paix réside à l’intérieur d’une âme détachée de tout assujettissement et toute contrainte extérieure. La paix constructive habite l’homme qui dit non à la guerre et tend la main à l’autre. Son frère de sang. C’est cette forme de modèle unissant et de stratégie sociale qui feront de l’Afrique une âme noble et humaine. Cette belle humanité exaltée placera le peuple, mû par l’intérêt général, dans le champ de l’unité indivisible et sur le terrain de la maison commune.

L’Afrique réunie gagnera en mettant en application ce geste supérieur, élogieux et méritoire. Une attitude positive qui donnera au peuple éveillé une scintillante vision de l’Afrique en gestation. Le continent meilleur germera sous ce feu intérieur venu du cœur ardent et inondé des belles et nobles idées qui forgent une rayonnante guerre de paix. Cette paix contagieuse, partageuse et lumineuse est une œuvre de longue haleine. Elle se construit pierre après pierre au fond du cœur du peuple où l’unité avec le tout donne la force et la puissance de produire cette captivante sérénité qui donne à l’humanité joyeuse le ferment d’entente, d’harmonie et d’amour universel. Ces vertus cardinales qui fondent le village pour tous. De nos ancêtres éclaireurs.

Yves Makodia Mantseka

Source:  Magazine   Le Nouvel Afrique numéro 53 du 02/03/13

Sens et tradition chez Cardinal Emile Biayenda dans la constitution et le fonctionnement d’un (ki)-teemo

Classé dans : Non classé — 4 avril, 2013 @ 9:25
Est appelée tontine toute association de personnes qui versent de l’argent dans un fonds commun lequel, est reversé à tour de rôle à chacune d’elles.

Il s’agit là d’une institution qui, longtemps durant, a été pratiquée par les populations de l’aire bantoue. Ce type d’association est appelé Ki-teemo chez les Koòngo.

 Sens et tradition chez Cardinal Emile Biayenda dans la constitution et le fonctionnement d’un (ki)-teemo tontine

 

 

 

 

 

 

 

Le sociologue et koòngologue français Georges BALANDIER voit à travers le teemo, une sorte d’aménagement de relations pacifiques et commerciales entre éléments jusqu’alors antagonistes. C’était une manière de s’obliger réciproquement et de s’associer ; constituant selon lui, l’une des premières tentatives, peut être l’une des plus anciennes, faites pour rompre l’isolement des lignages et de donner aux relations avec l’extérieur un caractère autre qu’agressif ou occasionnel. (Balandier (G) in «  Sociologie actuelle de l’Afrique noire. », changements sociaux chez les Bakongo du Congo P.U.F 2ième édition 1971. P.347.

Emile Cardinal BIAYENDA rapporte que :

«  Le Kitemo, synonyme de « Nkulu » a désigné d’abord dans l’idiome ( la langue) du pays, des souches d’arbres durcies au soleil ; puis un genre de panier qu’on tressait avec une herbe appelée « Makaka ». Munis d’un couvercle, ces paniers servaient à garder des objets précieux. Par association d’idées, ce nom a par la suite désigné le nouveau système d’épargne et signifia : apport en retour. » (Biayenda (Abbé E.) in « Coutumes et développement chez les Bakongo du Congo Brazzaville » Thèse Lyon 1968 Deuxième partie P.36.

Cette définition que donne le Cardinal BIAYENDA est d’autant plus remarquable qu’elle permet aussi sur le plan de l’étymologie de mieux cerner la philosophie d’un teemo.

A dire vrai, l’expression Ki-teemo ou teemo dérive du verbe TA qui veut dire régler, parler, exprimer, manifester, trouver une réponse sous entendu aux problèmes qui se posent.

biayendaVu sous cet angle l’objet d’un teemo paraît plus clair et va donc au-delà d’un simple versement de l’argent entre membres qui le composent pour le reverser à tour de rôle à chacun d’entre eux.
Ceci dit, l’objet d’un teemo consiste en un règlement des besoins divers et variés et plus ou moins immédiats des personnes qui en sont membres.

C’est pourquoi la signification du mot teemo exige qu’il soit associé à un autre terme à savoir : maàmbu

Maàmbu est un pluriel du mot diaàmbu qui veut dire différend, litige, affaire, problème, contentieux etc. Ainsi, de par son objet, le teemo aspire au règlement des affaires ou problèmes des membres qui le constituent.

En d’autres termes, l’expression « ki-teemo maàmbu » (sous une autre forme on dirait maàmbu mò ta mò) signifie du point de vue de son étude à la fois étymologique et sémantique, parler, traiter, régler les affaires et, plus extensivement résoudre les problèmes humains en leur apportant des solutions financières, économiques, fraternelles et affectives.

D’où la signification linguistique de l’expression « vuùka teemo », sous-entendu vuùka bantu, taà ou yidikaà maàmbu, c’est-à-dire, procéder à la constitution d’un groupe associatif (composé d’hommes et de femmes) à l’effet de les accompagner dans la gestion de leurs problèmes quotidiens.
C’est ainsi que le synonyme de teemo que rapporte Emile Cardinal BIAYENDA prend toute sa signification à savoir : le nkuùlu qui n’est autre qu’un dérivé du verbe kuùla qui veut dire grandir, germer, se développer, croître.

Autrement dit le teemo est chez les Koòngo, à la fois, sens et tradition consistant en un règlement à l’échelle associative des problèmes sociaux tout en aspirant avec force à l’harmonie des relations humaines et, somme toute, à la tranquillité et à la paix des personnes qui en sont membres.

En fait par principe, le teemo est une illustration de la science de NDU ou KU-NDU, qui a, entre autres, pour objet de rassembler des hommes et des femmes dans l’unique but d’une amélioration des conditions de leur existence.

Aspirant tous au bien être des uns et des autres, devenant ainsi des frères et sœurs bien aimés, c’est-à-dire des NDUKU par application du principe de Ki-yindula, les membres d’un ki-teemo véhiculent entre eux, le sens de l’amitié, de l’altérité et de l’amour fraternel. C’est dans cette optique qu’Emile Cardinal BIAYENDA relève à juste titre que :

« le kitemo favorise réellement l’épargne et procure à ceux qui le pratiquent des ressources sérieuses susceptibles de les mettre à l’abri des nécessités urgentes. Les adhérents relèvent presque tous d’un seul groupe ethnique…Des liens solides d’estime et d’amitié réciproques se créent entre les membres en même temps que chacun s’efforce de trouver sa quote-part durant l’intercession ; donc à travailler, à chercher à vendre pour se procurer l’argent. Chez les citadins ce système d’épargne qui est souvent de rythme mensuel leur permet d’améliorer notablement leur niveau de vie et de se procurer des biens que leur salaire ne leur permettait d’un seul coup. » (Biayenda deuxième partie P.35.)

Effectivement des liens solides d’estime et d’amitié réciproques se créent entre les membres d’un teemo si bien que ce qui les lie est, par principe fondé sur des valeurs sûres que sont : le respect d’autrui, l’engagement et celui de la parole donnée, la discipline, la volonté, le sens de la responsabilité et l’amour au sens propre du terme.

Enfin, l’organisation et le fonctionnement d’un teemo est assuré par un chef appelé ngudi teemo, c’est-à-dire la mère de cette institution. Elle est donc sous le signe, comme le relève à juste titre le koòngologue BALANDIER de la « féminité », qui est celui de la fécondité et la pacification.

Le ngudi teemo reste une pièce maîtresse dans la constitution et le fonctionnement du groupement. Ayant sous sa responsabilité les « Bana ba teemo », les enfants de teemo, de son sens de l’organisation dépend sérieusement la survie de celui-ci. C’est à ce titre qu’il doit être un fin juge et un conciliateur avéré dans les litiges ou conflits qui sont susceptibles de menacer la cohésion et l’harmonie de l’association.

La responsabilité de ngudi teemo est immense puisqu’il peut être amené, à titre personnel, à supporter les insuffisances des membres défaillants. Sa responsabilité est d’autant plus immense qu’il lui est reconnu toutefois la faculté d’infliger des amendes aux membres défaillants qui, par leurs actes, ont sérieusement porté atteinte à la tranquillité, l’harmonie et la paix au sein de l’institution.
On lui doit tellement pour la bonne marche de l’association que le membre qui touche, écrit le Cardinal BIAYENDA, le montant des versements lui remet une certaine somme. Il offre également une ou deux dames-jeannes de vin de palme aux membres du cercle.

Rudy Mbemba alias TAÀTA N’DWENGA

De la définition du principe de ma-yela, d’après l’ordre philosophique de l’intelligence chez les Koôngo

Classé dans : Non classé — 9 mars, 2013 @ 10:09


Dire d’une personne qu’elle est intelligente, c’est lui reconnaître explicitement la faculté de comprendre facilement et d’agir avec discernement. L’intelligence est ainsi définie comme étant l’aptitude d’une personne à comprendre et à découvrir des relations entre les faits et les choses.

Quoiqu’universelle, cette définition de l’intelligence relève de la culture occidentale, plus exactement de la culture, peut-on dire, gréco-romaine.

Dérivé du latin intelligere « faculté de comprendre », le mot intelligence décrit, somme toute, un ensemble de facultés mentales permettant de comprendre les choses et les faits, de découvrir les relations entre eux et d’aboutir à la connaissance conceptuelle et rationnelle (par opposition à la sensation et à l’intuition).

 De la définition du principe de ma-yela, d’après l’ordre philosophique de l’intelligence chez les Koôngo kongosagesseChez les Bantous, en l’occurrence chez les Koòngo, c’est le mot mayela que l’on emploie pour parler de l’intelligence. Ainsi, le muùntu we na mayela, est cette personne qui, chez les Koòngo, jouit de la capacité de comprendre et d’analyser les faits qui lui sont soumis pour en découvrir si possible une corrélation.

Ici, l’analyse tant étymologique que sémantique du mot Mayela est fort évocatrice car elle permet de relativiser la notion de l’intelligence telle qu’elle est définie dans la culture gréco-romaine.

A dire vrai, le mot mayela comporte le vocable de yela auquel on associe le préfixe de ma.

En langue Koòngo, yela signifie croître, mûrir, germer, grandir et le préfixe de ma en l’espèce exprime le pluriel. Muùntu wu mayela ma mingi menandi, dira-t-on en Koòngo, c’est-à-dire cette personne est vraiment intelligente au sens où elle est détentrice de plusieurs aptitudes intelligibles.

Ceci dit, ma-yela, contrairement à la définition habituelle qui lui est conférée, ne fait guère allusion, de façon singulière, à une seule et unique intelligence mais beaucoup plus à plusieurs intelligences de l’être dans sa façon de faire, de répondre et d’être face à tous les problèmes de l’existence.

Ainsi, est intelligente, chez les Koòngo, toute personne qui, a non seulement la faculté de comprendre en analysant les faits et de pouvoir en découvrir une relation, mais également celle qui est pourvue de plusieurs aptitudes reconnues comme étant intelligibles.

D’où la signification littérale du mot ma-yela. lequel mot en réalité, traduit la possession de plusieurs intelligences et donc à ce titre le fait d’être détenteur de plusieurs aptitudes intelligibles.

Autrement dit, le muùntu we na mayela fait allusion à la personne qui est dotée de plusieurs intelligences, c’est-à-dire de plusieurs aptitudes qui lui permettent non seulement de comprendre les faits et d’être en mesure de les analyser mais également de disposer par ailleurs de celles qui, inexorablement, le mettent en phase d’adaptation face à différentes situations données.

Sa capacité d’appréhender les faits, objet, d’analyse, de façon subtile, peut lui conférer, la qualité d’un ngaàngula, c’est-à-dire de cette personne qui, par sa façon de faire ou d’être fait preuve de beaucoup d’ingéniosité ou ngaàngu. Il devient, somme toute, un forgeron ou ngaàngula.

Telle est d’ailleurs la qualité première du roi Ntotela, le roi du Koòngo, le ngaàngula, le maître-initié qui, par sa finesse d’esprit, sa perspicacité ou son intelligence dispose de nombreuses aptitudes pour unir et rassembler ses sujets, en contribuant, entre autres à leur épanouissement existentiel.

Le roi du Koòngo est, par définition intelligent puisqu’il est, analogiquement perçu comme étant la rivière parlante, c’est-à-dire (nto) (ya tela).

Détenteur de plusieurs intelligences, mayela ma mingi, le Nto-tela jouit, en principe, de la capacité d’unir, de rassembler, de sécuriser, de perpétuer, de cultiver etc. C’est-à ce titre même qu’il est le maître de l’arc-en-ciel, c’est-à-dire de koòngolo, le domaine ou l’univers (nza) des lumières. Du verbe koònga qui veut dire chercher, rechercher, se mettre en quête de, explorer, cueillir, récolter, moissonner, rassembler, tranquilliser.

Celui qui est porteur de ngaàngu qui fait donc preuve d’ingéniosité peut être aussi un ngaànga, c’est-à-dire, un expert dans un domaine nommément désigné. Tel est le cas du ngaànga buka, le médecin ou du ngaànga ngoòmbo, le détecteur de mensonges ou l’enquêteur des crimes d’empoisonnement ou de sorcellerie.

Mwaàna (enfant) we na mayela est appelé à devenir un muù-ntu, c’est-à-dire cet être qui est ou et doit être intégralement intelligible, l’être complet, peut-on dire, du fait de ses multiples facultés, de nature à le mettre par conséquent en situation ou en phase de comprendre, de savoir faire et de savoir être. Il est, entres autres, mwaàna we na bu-yelele, cet être ou enfant qui, peut-on dire, est constamment en quête du savoir et de l’intelligence, quelle que soit, la situation à laquelle, il est confronté.

Ici, le bu-yelele extension de yela est, dans une certaine mesure, le processus d’humanisation et de socialisation de l’être dans l’univers de l’intelligence. C’est le processus même de son mûrissement ou de son développement « psycho-intelligible ». Le courage, la volonté, le sens de l’écoute, l’esprit d’initiative et d’entreprise sont autant de caractéristiques de mwaàna we na bu-yelele ou de mwaàna we na mayela.

Le muùntu we na ma-yela, chez les Koòngo, c’est-à-dire l’être intelligible ne peut véritablement l’être que s’il fait l’objet d’une invitation ou d’une introduction sociale dans le Ntu, qui est l’univers même de l’intelligence voire de la sagesse qui diffère, quelque peu, à ce titre, de l’univers de la connaissance ou du savoir, c’est-à-dire, celui de Nzaàbulu.

Ici, Nzaàbulu est un dérivé de Zaàba qui est un extrait verbal du mot Nzaàmba. Il décrit le fait de connaître ou celui de savoir en s’inscrivant dans le Nzaàmba, le domaine infini de NzaàMbi MpuNgu ou Dieu lui-même.

C’est ainsi que, chez les Koòngo, la connaissance peut parfaitement être dissociée de l’intelligence dont peut être dotée une personne. Cependant, elle s’acquiert par le jeu de l’intelligence dans le Nzaàmba, le domaine de NzaàMbi MpuNgu, l’être suprême qui, à ce titre est le détenteur même de la connaissance absolue.

Cependant, l’introduction de l’être dans le Nzaàmba, l’univers de la connaissance s’exprime par le Ntu, le récipient ou ndoònga, c’est-à-dire, le canal d’expression et de dynamisation du savoir et de la connaissance et ce, par le biais de la réflexion ou Baànza.

Ainsi l’intelligible naît de Ntu par une dynamisation chez l’être des savoirs et connaissances de Nzaàmba. Il est, de facto, une conséquence de la manifestation ou déclenchement du processus de la réflexion ou Baànza.

Ici, force est de relever que, le Ntu est bien plus que l’expression de l’intelligible. Il doit, par essence être ou et faire naître l’humanité, c’est-à-dire, le Ki-muùntu.

Autrement dit, chez les Koòngo, muùntu we na ma-yela n’est pas que cette personne qui dispose des facultés lui permettant de comprendre les choses et les faits… mais en plus de cela, il faut que celles-ci, in fine, aboutissent à promouvoir obligatoirement en lui le ki-muùntu, l’humanité.

C’est comme si, chez les Koòngo, sans humanité l’intelligence ne vaut ou n’est que aptitude ou faculté sans intérêt.

C’est l’avènement de l’être intelligible ou muùntu, selon la tradition Koòngo, qui est ou et doit être même au cœur de la notion d’intelligence.

En somme, le muùntu est, par définition, l’être intelligible ou intelligent par ce qu’il porte en lui le Ntu, c’est-à-dire, l’intelligibilité de tous les principes qui régissent tant sa nature, sa condition que les rapports sociaux qu’il noue ou tisse avec son semblable.

Tel est, par exemple, le sens philosophique du dicton Koòngo d’après lequel, le respect et le rayonnement de la couronne dépendent intimement de la personnalité et de la sagesse de l’être qui en est investi. Ce qui donne en Koòngo  « Ntu buzitu, Mpu Buzitu ! ».

MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU (Alias TAÀTA N’DWENGA)

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