Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

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LES PROPHETIES DE L’ABBE FULBERT YOULOU

Posté : 16 juillet, 2016 @ 2:12 dans Non classé | Pas de commentaires »

LES PROPHETIES DE L’ABBE FULBERT YOULOU SONT-ELLES EN PHASE DE SE REALISER CONTRE LES ENNEMIS DE LA NATION CONGOLAISE A L’OCCASION DU QUARANTE QUATRIÈME ANNIVERSAIRE DE SA MORT ( 05/05/1972-05/05/2016)

Les Président Fulbert Youlou du Congo-B et John Kenedy des USA Les Présidents Fulbert Youlou du Congo-B et John Kenedy des USA QUI VIVRA, VERRA ! Premier président d’une République congolaise nouvellement indépendante l’année 1960, l’abbé Fulbert YOULOU fut, outre sa qualité d’Homme d’Etat d’une exceptionnelle envergure, un excellent écrivain et surtout un visionnaire dont les analyses revêtaient, quelque peu, une caractéristique prophétique. En dépit de sa perspicacité et de sa grandeur en tant qu’être humain, l’homme politique qu’il était, fut contraint, à la démission puis forcé à s’exiler en Espagne où il mourut un 5 mai 1972. En 1963, le président-abbé Fulbert YOULOU avait été honni et stigmatisé par les soi-disant révolutionnaires devenus maîtres du Congo-Brazzaville qui y sont toujours avec une gouvernance socio-politique non pourvue de conscience nationale. Depuis la chute de l’abbé Fulbert YOULOU, le Congo-Brazzaville continue à sombrer dans l’océan des larmes et des douleurs puisque : « La situation générale se dégrade de jour en jour, l’étiage économique a baissé, le nombre des chômeurs s’est accru. Que se passe-t-il encore ? Dans son ensemble, le pays régresse, la haine des uns contre les autres ayant repris le dessus » Abbé Fulbert YOULOU in « J’accuse la Chine » La Table Ronde 1966 P.207. En sa qualité d’intellectuel, d’homme politique avisé et d’excellent écrivain , l’abbé Fulbert YOULOU tint un jugement prophétique tant sur le portrait criminel du révolutionnaire socialiste congolais que sur sa chute qui bien évidemment serait fatale, cruelle et donc inévitable. D’une manière, quelque peu apocalyptique, l’abbé Fulbert YOULOU prédisait très probablement la chute, entre autres, du pouvoir politique actuel congolais en déclarant très judicieusement : « L’équipe gouvernementale, aujourd’hui en place, exploite la jeunesse à des fins personnelles…Les intentions des responsables congolais n’échappent à personne. C’est si vrai que certains d’entre eux veulent fuir pour éviter le châtiment du peuple. Nous avons dit : à chacun son tour. Nous avons insinué que celui qui se sert de l’épée périra par l’épée, sans miséricorde. Pourquoi ont-ils l’intention de fuir ? C’est parce qu’ils ont la conscience lourde, sachant qu’il est criminel de mobiliser des gosses pour des ambitions personnelles, démesurées et sinistres, surtout lorsqu’il s’agit de gamins parfois de moins de six ans. Ils savent qu’il est aussi criminel d’utiliser de tels enfants pour piller et tuer. C’est parce qu’ils se rendent compte de cela, qu’ils récoltent les fruits de leurs crimes. Et que dire des études qu’ils ont empêché ces enfants de faire normalement ? De tels crimes, évidemment, triturent les consciences, d’où ces tentatives de fuite, d’où ces tentatives de diversions ».Abbé Fulbert YOULOU in « J’accuse la Chine » P.205. A dire vrai, le père de la Nation Congolaise, de par son analyse, avait parfaitement compris et intégré dans l’exercice de ses prérogatives la notion de droit ou d’Etat de droit laquelle, dans son expression conceptuelle, n’est possible ou réalisable que, si les organes de gestion politique et économique d’un groupe humain, à vocation étatique favorisent toutes les conditions sociales, politiques, morales et spirituelles requises qui en sont la source. Ainsi, tout système politique, n’importe lequel et quel qu’il soit, qui règne par la terreur et par les assassinats est appelé, de quelle que manière que ce soit, à mourir puisqu’un tel système porte déjà en lui les germes de sa disparition, du fait de la méconnaissance par ledit système, de ce qui constitue l’essence même de l’être à savoir : le mouvement ou la liberté.         l Des observateurs sérieux de l’évolution de la société congolaise s’interrogent, en l’espèce, sur la portée prophétique des paroles de l’abbé Fulbert YOULOU. Adolphe TSIAKAKA « L’Abbé Fulbert YOULOU la mémoire oubliée du Congo-Brazzaville » autoédité 2009 P.239. L’abbé YOULOU a-t-il finalement eu raison de traiter ces révolutionnaires de semeurs d’illusions socialistes qui ont aggravé fatalement et invariablement les maux qu’ils ont prétendu combattre. Le Congo a-t-il été engagé sur une très mauvaise voie ? La réalité politico-sociale du Congo-Brazzaville actuelle semble avoir été décrite par le président-abbé YOULOU qui, en son temps, la présentait déjà de la manière, la plus prophétique qui soit, à savoir : «  C’est la misère, c’est le désordre qui s’est d’ailleurs déjà installé, c’est l’anarchie qui règne actuellement, c’est le manque d’autorité dont nous avons la preuve tous les jours. Tout cela ne préoccupe nullement ce traître de la nation, l’avenir de ses enfants assuré. » Abbé Fulbert YOULOU « J’accuse la Chine » P.204. Dans le même ordre d’idées, le président-abbé, à l’effet de soutenir le peuple congolais dans son noble combat pour la liberté ajoutait prophétiquement : «  Mais encore une fois de plus, soyez assurés que de nombreuses sympathies des pays frères d’Afrique et du monde entier vous sont acquises. Vous vaincrez dans cette lutte opiniâtre de libération nationale que vous menez si efficacement. Qu’on ne vous trompe plus. La victoire est de votre côté. Toutes les démonstrations des dirigeants fascistes à la solde de l’étranger sont vaines et sont d’avance vouées à l’échec. C’est pourquoi je vous dis : Courage, confiance et persévérance. » Abbé Fulbert YOULOU « J’accuse la Chine » P.217. C’est dire que, ni la violation des droits humains les plus fondamentaux qui soient, ni la guerre, ni les bombardements dans les pays sud du Congo-Brazzaville, ni les intimidations de toute sorte, ni la mort ne sauront remettre en cause la marche du Peuple Congolais vers la libération et, comme dirait le prophète abbé YOULOU, père de la nation, le jour est maintenant proche où sous les plis frémissants de notre drapeau tout un peuple triomphant marchera en chantant sur les routes de la prospérité, du progrès et du bonheur. Que vive la liberté ! Que vivent les idéaux des pères fondateurs de la Nation Congolaise l’abbé Fulbert YOULOU et Jacques OPANGAULT !   RUDY MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU Avocat à la Cour

LE MBONGI ET LE DEVENIR DU MUUNTU CHEZ LES KOÔNGO

Posté : 2 avril, 2016 @ 6:37 dans Non classé | Pas de commentaires »

Le mbongui et le devenir du muuntu chez les Koôngo

Le « Mbongi et le devenir du Muuntu chez les Koôngo » est le titre d’un bel ouvrage que le kongologue Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU vient de publier en ce début d’année 2016, aux Editions les Impliqués-L’Harmattan.Comme le mentionne parfaitement bien son préfacier, l’Abbé Olivier Massamba Loubelo, l’auteur a fait « une descente initiatique dans les entrailles de la culture-mère, pour la présenter aux générations d’aujourd’hui et de demain … ».

C’est vraiment, une des rares études, qui traite du Mbongi de façon très approfondie et qui, longtemps durant, a été le lieu idéal dans la société Koôngo pour se retrouver, se rencontrer, partager et régler les différends de toute sorte.

L’étude de Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU a ce mérite particulier de mettre en lumière les différents rôles que joue le Mbongi et lesquels au final contribuent, d’une manière ou d’une autre, à la formation du MUUNTU.

Le Mbongi apparaît comme une haute institution d’éducation et de formation de l’être ou du MUUNTU. Le jeune garçon y est reçu dès l’âge de 5 ans pour apprendre le sens organisationnel de la parole qui passe avant tout par un apprentissage fort nécessaire de la loi de l’écoute, c’est-à-dire le WA.

C’est comme si, chez les Koôngo, le devenir de l’être, passe par l’adoption de deux principes de vie que sont : le WA et le BA.

Le BA, est expression du devenir de l’être ou du MUUNTU et il ne peut être que, si dès le jeune âge l’enfant ou mwaana est absolument astreint à la loi d’écoute, d’observation ou d’analyse autrement dit soumis à la loi de WA.

Dans la langue Koôngo, l’on dira, mwaana muuntu fweti wa ngatu ka ba autrement dit, dans le devenir de l’être ou du MUUNTU, l’écoute est d’une importance capitale d’autant plus qu’elle est un des éléments indispensables de l’intégration chez l’être du principe de respect ou de BU-ZITU.

NTU BUZITU, MPU BUZITU dispose un adage Koôngo, ce qui veut dire que le respect et le rayonnement de la couronne dépendent intimement de la personnalité et de la sagesse de l’être qui en est investi. C’est ce que l’on apprend, entre autres, au Mbongi. Quelle belle école ancestrale !

L’éducation de la jeune fille étant assurée dans d’autres instances éducationnelles, celle du jeune garçon ou mwaana bakala passe par le Mbongi qui, en plus de cela joue d’autres fonctions pour son plein épanouissement existentiel.

L’ouvrage de Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU est fort intéressant car on y découvre les analyses des Sages ou des Anciens comme le vénéré pasteur Emile Cardinal BIAYENDA sur le Mbongi et on ne peut que regretter le fait que les autorités chargées de l’Education Nationale au Congo n’aient pas pu exploiter les bienfaits de cette haute institution.

La dépravation des mœurs, tous les maux qui rongent la jeunesse congolaise qui est en perte de vitesse doivent en principe être la cause d’une renaissance tant souhaitée par beaucoup de Congolais du Mbongi.

Le Mbongi est, peut-on dire, l’avenir et le devenir de la jeunesse congolaise de demain.

C’est ainsi qu’on nous a toujours appris au village, comme le rapporte si bien le professeur Justin-Daniel GANDOULOU « Lorsqu’on se trompe de chemin, il vaut mieux de repartir au point de départ (ou à la première intersection) pour se retrouver. Pendant longtemps, sous l’égide de l’éducation traditionnelle et notamment de mboongi, notre société avait maintenu son équilibre. Mais les changements intervenus à tous les niveaux (socioculturels, économiques et politiques) ont eu des incidences profondes sur les attitudes, les comportements et les mentalités des Congolais. Sur ce point, un consensus se dégage chez les observateurs et les éducateurs. Tous s’accordent donc pour dire que le pays est sur une mauvaise voie… » in « Les Nouveaux Enjeux pastoraux entre tradition et modernité hommage au cardinal Biayenda » Editions Ices 2013 P.109 et s.

Au final, un bel ouvrage sur le Mbongi qui nous est offert par le kongologue Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU en ce début d’année 2016, qu’il convient bien évidemment de lire et de faire découvrir autour de soi pour une meilleure connaissance de celui-ci.

ELIEZERE BAHADILA

Licenciée en Psychologie

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LE LEEMBA OU L’ORDRE INITIATIQUE DE KOONGO DYA LEEMBA

Posté : 2 avril, 2016 @ 6:23 dans Non classé | Pas de commentaires »

Le leemba ou l’ordre initiatique de Koôngo dya leemba

Toute gamine que j’étais, mon père ou ma mère me parlait de Leemba qui, jadis selon eux, fut une école de formation. En fait mes parents ne pouvaient pas m’en dire plus, parce qu’ils n’en savaient pas grand-chose, d’autant plus qu’eux-mêmes n’avaient jamais été élevés, formés à cette école. C’était pour eux, une école trop éloignée de leur vécu personnel ayant notamment existé dans l’ancien Congo.Maintenant, je peux en parler puisque j’en sais quelque chose et ce, grâce à la publication toute récente de l’ouvrage du Kongologue Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU sur « Le Leemba ou l’Ordre initiatique de Koôngo dya Leemba », aux Editions la société des écrivains.

Il s’agit d’un ouvrage de 158 pages dont le contenu est fort riche sur la connaissance de cette école de Leemba et comportant cinq chapitres tant sur les critères de recrutement ou d’adhésion à cette école, les préparatifs de l’installation du culte initiatique de Koôngo dya Leemba que sur ses acteurs, ses rites, son installation et enfin le mode de vie de l’initié de Koôngo dya Leemba appelé le Leembe.

D’après le professeur Henri Louis CANAL préfacier de cette belle œuvre « Ce nouveau livre, remarquable, du docteur en droit, maître Rudy MBEMBA, avocat, confirme la qualité des anciens, leur inventivité expressive en même temps que leur « traditionnalité ». L’élan régénérescent qu’il a donné à la recherche fondamentale en général, et à la recherche kongologique en particulier, se prolonge et se renforce ici annonçant de nouvelles perspectives inépuisables de catharsis initiatique et de restructuration des comportements modernistes devenus aberrants par manque de souffle, d’espoir et d’imagination. » [P.7.]

Dans le même ordre d’idées, le professeur CANAL ajoute que : « Le sens de chaque futur, des individus ou des sociétés, en effet, est à prendre dans les traditions les plus lointaines, trop souvent ignorées ou méprisées par goût d’un prestige uniquement superficiel, artificiel, creux. ». [P.15]

Ces observations du professeur CANAL m’interpellent et m’emportent dans un questionnement historico-existentiel qui est le suivant :

Pourquoi, les Congolais et au-delà les Africains ne portent-ils pas un intérêt assez déterminant voire constructif en visitant leur propre histoire ?

Pourquoi les traditions mises en lumière par une étude aussi enrichissante que celle de Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU n’intéressent-elles guère les Africains eux-mêmes, à l’effet de les redynamiser pour leur propre développement ?

Le goût d’un prestige qualifié par des observateurs avertis comme le professeur CANAL, de superficiel, artificiel serait-il à l’origine d’un aveuglement des Africains au point de se perdre !

L’Afrique peut-elle vraiment parvenir à la réalisation de ses aspirations en matière de développement en tournant le dos à ses traditions les plus éclairantes qui soient et ayant, de facto, par le passé, contribué à la révélation de son âme ?

FU-KIAU KIA BUNSEKI-LUMANISA rapporté par l’auteur prétend que le « Lemba est la plus importante des vieilles écoles d’initiation que fréquentaient les Bakongo. Elle a formé beaucoup de personnes ayant rempli des fonctions importantes dans l’administration, la justice, la santé, la religion, etc. C’est une école d’endurance, de vigilance, de droit, de savoir médical, de travail, de gouvernement, etc. » [P.15.]

Il s’agit là, ni plus ni moins, d’une école, peut-on dire, de dimension universitaire, en raison d’une panoplie de matières qui y sont enseignées. L’être y est formé pour en faire un citoyen, un patriote, somme toute, un MUUNTU.

Aussi, pour le kongologue Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU, l’Ordre initiatique de Koôngo dya Leemba fut, un des instruments de renforcement du sentiment national et de paix…une affirmation d’un mieux-être du vouloir-vivre ensemble en privilégiant, entre autres, la culture et la pérennisation d’une certaine intégrité socio-humaine de l’être ou du MUUNTU.[P.16.]

Avec un descriptif aussi gigantesque sur les caractéristiques de cette haute institution de formation de l’être ou du MUUNTU comme le Leemba, il apparaît que l’une des causes du déclin des sociétés africaines des temps modernes est, entre autres, l’abandon par elles, des principes majeurs véhiculés dans des écoles comme le Leemba.

Initié de Leemba ou de l’Ordre initiatique de Koôngo dya Leemba, le leembe est défini comme un citoyen de bonne foi, un pacificateur ou un adepte de la raison pacificatrice.

C’est dire, que penser le futur de la société africaine, devra se faire et, non des moindre, par une réflexion nécessairement utile tournée vers un examen des traditions fondamentales, ayant par le passé, contribué à son rayonnement.

Au final force est de noter, comme le relève à juste titre le cardinal Emile BIAYENDA, « Nous sommes… héritiers de coutumes très belles, malheureusement souvent déformées. Vivant dans l’Etat Congolais examinons notre vie dans notre manière de penser et d’agir, au regard de notre mentalité propre et de nos habitudes…Cette œuvre est grande et belle… Tout cela exigera de nous de grands efforts, c’est certain. Il faut du courage pour modifier certaines habitudes de vie…Reconnaissons les obstacles qui entravent…l’unité et l’harmonie entre citoyens de notre nation. » [Cardinal Emile BIAYENDA lettre pastorale 6 novembre 1973]

C’est vraiment une belle leçon de notre histoire qui nous est rapportée magistralement par Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU, à travers son ouvrage que je recommande à tout lecteur désireux de connaître la splendeur philosophique et initiatique des connaissances ancestrales des sociétés bantoues, en l’occurrence de l’immense peuple Koôngo.

Eliezere BAHADILA

Licenciée en psychologie

L’ORDRE INSTITUTIONNEL DANS LE KOÔNGO DYA NTOOTELA

Posté : 11 octobre, 2015 @ 1:09 dans Non classé | Pas de commentaires »

 

Congo : L’ordre institutionnel dans le Koôngo Dya Ntootela

 

 

koningkongo

 

Des écrits de nombreux chroniqueurs ayant séjourné dans l’ancien Congo, le Koôngo dya Ntootela, celui-ci présentait, sur le plan institutionnel, les caractéristiques d’un véritable Etat.

Dans « Histoire du Congo-Brazzaville, édition Beger-Levrault Paris 1978 P.27. », Marcel SORET rapporte que :

« Le prototype de la société à Etat en Afrique centrale de l’ouest fut l’ancien royaume de Kongo. Le roi n’impose plus seulement son pouvoir aux descendants d’un ancêtre connu ou mythique, mais encore à des tribus tout à fait étrangères. Il se crée, alors, une véritable organisation étatique. ».

Dans le Koôngo dya Ntootela, la monarchie était élective et non héréditaire…Le choix d’un nouveau roi incombait aux grands du royaume, les trois principaux électeurs étant le Mani Vunda, les gouverneurs des provinces de Mbata et du Soyo…Le principe de l’ « élection du roi visait à dégager de la masse une personnalité susceptible de représenter et d’harmoniser en sa personne les aspirations et les vœux de tous les éléments de la communauté. [ W.G.L. RANDLES in « L’ancien royaume du Congo des origines à la fin du XIXe siècle P.28. »]

Ici, il y a lieu de rappeler l’importance de la personne du roi qui, aux yeux du peuple doit être bonne, exemplaire, digne de foi et de confiance. Il en est ainsi, en raison de sa haute mission qui est celle, comme le rapporte W.G.L. RANDLES de répondre aux « aspirations et aux vœux de tous les éléments de la communauté.

D’où la signification des grands titres honorifiques attribués au roi de Koôngo que sont :

LE MAANI et LE NTOOTELA.

  1. LE MAANI : Le roi du Congo ou de Koôngo est Maani parce qu’il est à la tête, peut-on dire, d’un « consortium » ou d’une communauté ayant en son sein plusieurs composantes que sont les Mbaanza, ma-n’gâta, mi-mvuka, Bibelo, c’est-à-dire des grands centres urbains, des villages, des cités et des grands quartiers résidentiels.

A dire vrai, le qualificatif de Maani consiste en la définition de toutes possessions qui relèvent du domaine du roi.

C’est ainsi que, l’expression ma-n’gâta maani évoque très judicieusement toute délimitation des biens qui relèvent du domaine de celui qui le revendique et en l’espèce le Maani-Koôngo.

D’un point de vue constitutionnel, Maani est l’ensemble de toutes les prérogatives qui sont du ressort de la compétence du roi.

 

  1. LE NTOOTELA : Le roi du Congo ou de Koôngo est par excellence, le Ntootela, c’est-à-dire le détenteur de plusieurs terres donc de plusieurs petits états qu’il gouverne en union étroite avec les gouverneurs de ceux-ci. Ce titre honorifique qui n’est exclusivement attribué au roi dérive du verbe Toota qui veut dire ramasser, cultiver, semer, travailler et récolter.

De plus, la dénomination de Ntootela confère au souverain, roi de Koôngo, le pouvoir de régner sur plusieurs états que sont les Mbaanza. Il est, somme toute l’unificateur ou le fédérateur et c’est en cela qu’il est aussi appelé le Mpfumu n’tooto ou le Mpfumu tsi.

En tout état de cause : « La grande innovation de la conquête bakongo est le groupement de multiples petits royaumes en un grand Etat centralisé et gouverné par un monarque suprême résidant dans une capitale. » [ W.G.L. RANDLES in « L’ancien royaume du Congo des origines à la fin du XIXe siècle P.20. »]

Toutefois, le pouvoir du roi n’est guère absolu sur les petits états qu’il gouverne puisque « le roi de Congo, de même que tous les autres grands chefs du pays, ne gouverne que selon les avis d’un conseil comprenant dix ou douze Noirs, membres choisis parmi les plus anciens…de sorte que la guerre ne peut être déclarée, des nobles nommés ou déposés, ni des chemins ouverts ou fermés sans le consentement de ce conseil » [ W.G.L. RANDLES in « L’ancien royaume du Congo des origines à la fin du XIXe siècle P.59. »]

Il s’agit là du Conseil d’Etat qui diffère du Conseil Royal lequel par son organisation et son fonctionnement s’apparente, peut-on dire, au Mboongi du village. Outre les membres du Conseil d’Etat, le « Mboongi Royal », est composé de tous les gouverneurs de provinces ou mbaanza, des chefs de villages ou kuluntu et de certains notables.

Cependant, il existe entre le roi et les deux conseils, une chambre royale dirigée par le Maani-Lumbu qui est le majordome du roi, le premier personnage après le roi qui ne doit jamais quitter l’enceinte royale.

Le pouvoir royal à Mbaanza Koôngo est aussi tempéré par l’existence d’un personnage de haut rang qui détient entre ses mains un pouvoir « politico-religieux », Maani Nsaku Ne Vunda.

D’après plusieurs chroniqueurs, Maani Nsaku Ne Vunda « …a le privilège d’être le principal électeur des rois, de les installer et de recevoir une sorte de tribut lors de leur prise de possession. » [ « Histoire du royaume du Congo » auteur inconnu et traduit par Bontinck (F) Editions Nauwelaerts 1972 P.60.]

Par ailleurs, Maani Vunda est un NSAKU, c’est-à-dire, un « Consacrateur », un Régulateur in fine le « Gardien du Temple » qui, à ce titre veille au bon fonctionnement et au rayonnement spirituel de la royauté en la débarrassant des agents perturbateurs qui sont susceptibles de la mettre en danger (du verbe sakula qui veut dire sarcler, débrousser, débarrasser).

  1. NSAKU : A l’image de ces petites noix comestibles, que l’on trouve sous terre avec pleines de racines et qu’on appelle nsa-nsaku (cyperaceae), le Grand prêtre NSAKU contribue, de par ses fonctions au renforcement populaire et salutaire de la royauté.

NSAKU est, somme toute, ce que les Koôngo appellent eux-mêmes, MIANZI MIA TSI ou MIANZI MIA KOÔNGO, c’est-à-dire, cette haute autorité qui porte en elle les fondements mêmes de la royauté ou du royaume.

NSAKU est, peut-on dire, l’expression de la conscience nationale Koôngo.

C’est pour cette raison que, Maani Nsaku Ne Vunda fut probablement au premier plan parmi les autorités Koôngo à abattre pour les missionnaires européens, en l’occurrence Portugais. Il constituait sans doute, selon eux, un véritable frein contre l’évangélisation du royaume et au-delà un obstacle de taille contre la traite négrière.

Pour l’illustre kongologue Raphael BATSÎKAMA ba MAMPUYA ma NDÂWLA :

« …le Vénérable, Ne Vûnda, devenait, « Ne Nsôngi wasongela bankwa yâla vana Mbazi’a Nkânga » : le régulateur qui assurait l’harmonie constitutionnelle à la Cour de Mbânza-Kôngo, ou « Sikulu dyanene diyala muna Ngôyo’a Ntinu » : le grand instrument (de musique) par lequel agit le roi…ou encore, « Ntudi watudika makânda mangani, edyândi kânda, lêmbe dya Ngo, lêmbe dya Tâta »… : celui qui se dévoue entièrement pour assurer la grandeur d’autres familles (lignages) tandis-que la sienne reste la régulatrice (la conseillère) des Autorités afin de les maintenir sur la ligne tracée par nos Pères. » [ BATSÎKAMA in « L’Ancien Royaume du Congo et les BaKongo » L’Harmattan 1999 P.185.]

A l’échelle provinciale, Maani Nsaku Ne Vunda considéré par les missionnaires européens comme l’homologue du souverain pontife, est représenté par le personnage de Kitomi qui intervient effectivement dans les nominations des chefs de provinces [ NSONDE (J.D.) in « Langues, Culture et Histoire Koongo aux XVIIième et XVIIème siècles » L’Harmattan 1995 P.124.]

D’un point de vue judiciaire, il existe dans le royaume de Ntootela une organisation tripartite des juridictions ou tribunaux. L’exercice tant pour les affaires civiles que pénales, appartient au chef du village, sauf pour des cas d’une extrême gravité qui doivent être instruits et jugés par des juges établis par le roi ou par le roi lui-même. Toute personne ayant intérêt pour agir en justice peut, pour des affaires de quelque importance, en appeler au tribunal du gouverneur ou du roi.[ Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu in « Le procès de Kimpa Vita la Jeanne d’Arc congolaise » L’Harmattan 2002. P.66.]

En somme, et ce, d’un point de vue pratique, la justice royale s’exerce vis-à-vis des grands vassaux que sont les chefs de province, et en appel vis-à-vis des autres chefs.

 

RUDY MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU (TAATA N’DWENGA)

Kongologue

Interview imaginaire du Vénéré Pasteur EMILE CARDINAL BIAYENDA

Posté : 24 mai, 2015 @ 2:56 dans Non classé | Pas de commentaires »

Interview imaginaire du Vénéré Pasteur sur le chemin d’avenir du Congo-Brazzaville

 

A l’occasion du trente et huitième anniversaire de l’assassinat du Vénéré Pasteur : Emile CARDINAL Biayenda

 

TAÀTA N’DWENGA éditorialiste du journal imaginaire de « l’être intérieur » ou du MUÙNTU, s’est rapproché en âme et conscience du vénéré pasteur, le Cardinal Emile BIAYENDA pour solliciter son aide et son soutien dans les prières et actions qui sont menées, ici et là, pour le maintien de la paix au Congo-Brazzaville.

 


Cardinal Emile Biayenda

Cardinal Emile Biayenda
1. Le Journal du MUÙNTU : Bien des choses à vous Vénéré père et immense est vraiment ma joie de communier avec vous sur le chemin d’avenir de notre beau cher pays le Congo qui, à vos yeux, ne peut être que celui du développement intégral et de la paix ! Qu’est-ce que vous pouvez nous conseiller à ce propos ?
Le Cardinal Emile BIAYENDA: [J’invite mon cher et beau pays le Congo-Brazzaville] à méditer et à prier sur un aspect contradictoire de la vie actuelle : d’un côté, l’Homme veut effacer Dieu de ses voies humaines, de l’autre il recherche tumultueusement ce que Dieu veut : la justice, le bien-être de l’Homme…Mais le monde n’accepte plus les méthodes du Christ. L’Homme ne veut plus de Dieu dans la recherche et pour le rétablissement d’un monde plus juste, plus généreux et paisible…il emploie les armes pour menacer les pourparlers. [Cardinal Emile Biayenda Homélie prononcée à Ars, le 18 mars 1973]
Le monde actuel semble donner ses préférences à Barabbas : malgré lui ce monde choisit le glaive et la bombe pour maintenir la paix. Certains aiment mieux les actions de brutalité et les menaces pour rétablir la justice. Barabbas est libéré avec ses crimes, ses violences, ses cris de haine et de divisions, ses perturbations et ses agitations injustes, il est admiré et acclamé. [Cardinal Emile Biayenda Homélie prononcée à Menilmontant 6 mai 1973]
2. Le Journal du MUÙNTU : Mais Mon très Cher et Vénéré père que doit-on, en définitive, faire pour restaurer effectivement et durablement la paix au Congo-Brazzaville d’autant plus que ses représentants actuels sont dans une incapacité totale de la construire pour un Congo uni, meilleur, citoyen et fraternel ?Le Cardinal Emile Biayenda : C’est par notre prière que nous permettrons que l’Esprit de Dieu assiste ceux qui, dans les différents milieux doivent concrètement bâtir la cité de la terre en vue de la rendre habitable. Par notre prière nous aiderons tous les hommes à préparer…le chemin du Bien, de la justice et de la paix. [Cardinal Emile Biayenda Homélie prononcée à Menilmontant 6 mai 1973]Voilà la vérité à laquelle nous devons nous convertir :
- Dieu règne par le bien,
- Et là où se fait le bien – là Dieu travaille
- Là où Dieu est acclamé, – là Dieu est honoré !

Dieu règne par la fraternité entre les hommes et là où des hommes s’entendent là aussi est Dieu.
- Là où l’on s’aime
- Là aussi Dieu règne
- Là Dieu est acclamé par des palmes immortelles du bien. [Cardinal Emile Biayenda Menilmontant 6 mai 1973]

3. Le Journal du MUÙNTU : Depuis votre assassinat le 22 mars 1977 et donc votre départ sur terre, le Congo-Brazzaville va de plus en plus mal et quel message souhaiteriez-vous partager avec nous pour qu’il y ait plus de paix ou plus d’unité parmi les hommes ?

Le Cardinal Emile Biayenda : Qu’en ce mois spécial, notre prière…pour notre pays et pour la paix parmi les hommes, monte vers Marie, notre Mère à qui notre pays a été consacré…en ce jour de grâce et de fraternité, nous vous lançons plus qu’un appel, à vous tous… pour nous unir…pour promouvoir la paix et la charité dans notre pays et dans le monde. [Cardinal Emile Biayenda Stade Félix Eboué 20 mai 1973]

4. Le journal du MUÙNTU : Mais Vénéré père-cardinal beaucoup de Congolais sont fatigués d’entendre parler de paix ou d’unité mais celle-ci n’est jamais traduite dans les faits et actes humains ! Alors que doit-on entendre vraiment par unité, en l’occurrence l’unité nationale ?

Le Cardinal Emile Biayenda : L’unité vraie, c’est l’unité des cœurs, l’unité des esprits peu importe les diversités extérieures…c’est cela qui montre le mieux que l’on est vraiment Un, qu’on est une même famille lorsque les joies des autres deviennent nos joies et que les peines des autres deviennent nos peines…l’essentiel pour l’unité c’est de penser, de dire le bien des autres, reconnaître le bien que les autres sont capables de faire. [Cardinal Emile Biayenda extrait de l’interview tenue à la voix de la Révolution février 1973]

5. Le journal du MUÙNTU : Une dernière question mon Vénéré père avant de vous laisser dignement vous reposer en paix !
Deux ans avant votre départ sur terre vous vous inquiétiez déjà des vicissitudes de la société de consommation ! Quels précieux conseils pouvez-vous nous donner à l’heure actuelle dans un Congo qui est en perte de vitesse sur pas de valeurs qui fondent en temps normal sa raison d’être ?

Le Cardinal Emile Biayenda : La société de consommation envahit nos vies. Nous sommes cependant héritiers de coutumes très belles, malheureusement souvent déformées. Vivant dans l’Etat Congolais examinons notre vie dans notre manière de penser et d’agir, au regard de notre mentalité propre et de nos habitudes…Cette œuvre est grande et belle. N’hésitons à demander l’aide de Marie, notre dame du Congo. Tout cela exigera de nous de grands efforts, c’est certain. Il faut du courage pour modifier certaines habitudes de vie…Reconnaissons les obstacles qui entravent…l’unité et l’harmonie entre citoyens de notre nation. [Cardinal Emile Biayenda lettre pastorale 6 novembre 1973]

 

Propos recueillis en âme et conscience par Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU (alias TAÀTA N’DWENGA)
Coordonnateur général du cercle KI-MBAÀNZA ou des Amis de la Nation Congolaise (L’A.N.C.)

Le Visionnaire Abbé Fulbert Youlou

Posté : 24 mai, 2015 @ 1:53 dans Non classé | Commentaires fermés

L’Interview imaginaire de la dernière ligne droite de l’Abbé Fulbert Youlou avant la rentrée 2015-2016 au Congo-Brazzaville

A l’occasion du quarante troisième anniversaire de la mort du Père de la Nation congolaise (05/05/1972-05/05/2015) : Le visionnaire Abbé Fulbert Youlou


Le président Fulbert Youlou

Le président Fulbert Youlou
L’année prochaine, le Congo-Brazzaville va connaître la fin du mandat du président Denis Sassou Nguesso. Il s’agit d’un événement important qui plonge le peuple Congolais dans diverses analyses au point de savoir quel sera l’avenir du Congo-Brazzaville au-delà de l’échéance électorale de 2016.
C’est en raison de ce grand rendez-vous de l’histoire de la Nation Congolaise que TAÀTA N’DWENGA éditorialiste du journal imaginaire de « l’être intérieur » ou du MUÙNTU, s’est rapproché par la méditation de l’Abbé Fulbert YOULOU pour connaître sa pensée fondamentale sur les enjeux de demain au Congo-Brazzaville.
1. Le Journal du MUUNTU : Comment allez-vous Père-abbé « vous qui êtes aux cieux » et je viens vous rencontrer spirituellement sur initiative consciencieuse de votre peuple que vous aimez tant et qui a toujours manifesté un grand intérêt sur vos analyses sur la construction de la nation congolaise jugées, comme vous le savez, absolument pertinentes ?
Abbé Fulbert YOULOU : [Et vous comment allez-vous jeune homme vous qui êtes le défenseur de ma cause et de ma mémoire ?]
Le Journal du MUUNTU : Je vais bien mon Père et je profite de l’occasion pour vous transmettre les salutations de mon confrère et ami, votre très cher parent, Maître Philippe YOULOU qui est inscrit au Barreau de Nice.
Abbé Fulbert YOULOU : [Ok merci beaucoup vous lui transmettriez aussi les miennes en lui disant surtout qu’en vertu des pouvoirs qui me sont conférés en tant que Père… et bien naturellement à son endroit, sa descendance est bénie car elle est aussi mienne !]
[Pour en venir à votre question, je dirai que votre…] Acte [est] digne et d’une sagesse politique de très haute portée, cette décision a aussi témoigné de votre grandeur d’âme, un flair, ce sens des affaires mêlé à la connaissance des virtualités positives qui sommeillent dans le subconscient du peuple Congolais et qui se déchaînent quand il le faut [ Adolphe Tsiakaka in « L’Abbé Fulbert Youlou la mémoire oubliée du Congo-Brazzaville » Auteur autoédité 2009 P.243.]
2.Le Journal du MUUNTU : Le mandat du président Denis Sassou Nguesso arrive à son terme au mois d’août 2016, à votre avis Père-abbé, a-t-on encore au Congo des dirigeants capables de mieux diriger et mieux représenter la Nation Congolaise ?
Abbé Fulbert YOULOU : …je demeure convaincu que Dieu peut se choisir, au sein du peuple, des hommes dont il a besoin, et auxquels il peut conférer quelque dignité pour servir d’instrument dans l’histoire…Mon passé ne croit pas avoir pactisé avec le crime, ni porté ombrage à l’honneur de mon pays…avec le meilleur dévouement, sans réserve aucune et sans compter de retour. De Bacongo à Poto-poto jusqu’aux moindres recoins de notre terre, mes traces illustrent mes antécédents. [ Adolphe Tsiakaka Op.cit P.243.]

3. Le Journal du MUUNTU : Père-abbé quel bilan succinct pourriez vous faire sur les différents régimes qui se sont succédés au Congo-Brazzaville après votre chute en août 1963 ?

Abbé Fulbert YOULOU : Sur le plan politique, le parallèle est facile à établir entre les… régimes qui se sont succédés l’un après l’autre…De faire ce parallèle est un besoin, car c’est dans le besoin que tout se découvre. Tout se découvre notamment quand ce besoin s’inscrit dans un groupe qui se fait. Nous sommes au seuil de notre histoire. A ce seuil, il est absolument essentiel que la dialectique du groupe atteigne au niveau du concret. Je parlerai donc concrètement, avec votre permission.

De ma politique intérieure :

Laissons intervenir les témoignages dignes de foi et désintéressés. De tous, le meilleur, le plus probant, le plus irréfutable, comme le plus irrécusable est celui du peuple lui-même qui est tout singulièrement concerné. Il est tout particulièrement concerné, parce qu’il s’agit d’une affaire qui l’engage à fond, ici et là hier aujourd’hui et demain, dans l’ordre spécifique de ses orientations sociales présentes et futures. C’est une affaire de conscience nationale où l’imagination et le sentiment perdraient leur boussole. Pour y voir clair, il est donc impératif d’un impératif catégorique de consulter le peuple qui voit, compare et juge, selon un baromètre fondé sur des critères vertébrés et justes. De le faire, c’est un devoir de conscience, un devoir éminemment capital, parce qu’il s’agit d’une matière où la conscience seule peut prendre position face au monde qu’elle transcende pour atteindre son objet. [ Adolphe Tsiakaka Op.cit P.244.]

De ma politique extérieure :

Je ne saurais en parler sans m’attendrir. Car, c’est tout un passé jalonné de souvenirs très mêlés que je me verrais contraint d’évoquer et que ma mémoire n’égrène qu’avec tendresse. Je voudrais donc ne pas m’attendrir, car s’attendrir embrouille la pensée. « On ne communique pas davantage cette sorte de souvenirs que les épisodes d’un rêve ».

Ce qui fut Brazzaville, un paradis d’espoir, n’est plus aujourd’hui qu’un paradis de regrets, un paradis perdu. Paradis d’espoir, Brazzaville a vu naître les plus espérances africaines, les plus belles floraisons des organisations interpanafricaines : l’O.C.A.M., et l’U.D.E.A.C. qui n’est plus qu’un souvenir évanescent par la faute d’un régime, malheureusement.

Qu’à jamais Brazzaville soit devenu le berceau de l’indépendance en Afrique et son point de jaillissement, l’emblème de la liberté, est, pour sa couronne, les plus beaux fleurons, et pour notre cher Congo, un titre substantiel à son immortalité glorieuse. Pour votre humble serviteur que je suis, c’est un appoint non négligeable à son actif.

Bref ce panorama historique confère à notre cher pays, encore une fois, un luxe de rayonnement qui vaut son pesant d’or, et qui couvre tout notre continent. [ Adolphe Tsiakaka Op.cit P.245.]

4. Le Journal du MUUNTU : Mais Père-abbé en quoi vous vous sentez mieux que vos successeurs à la tête de la présidence du Congo-Brazzaville depuis son indépendance ?

Abbé Fulbert YOULOU : Qu’il nous plaise à tous de reconnaître ce qui ne peut se cacher sous le boisseau : la lumière et la vérité. Les échos retentissent partout d’un passé où le Congo portait l’image d’un paradis sur terre, l’eldorado rêvé. « Cet Abbé avait su rendre populaire par son sens très aigu des relations publiques et maintenir son pays dans une enviable stabilité » déclare un journaliste étranger. [ Adolphe Tsiakaka Op.cit P.244.]

5. Le Journal du MUUNTU : Père-abbé, si vous étiez encore à la tête de la présidence de la république du Congo-Brazzaville, que poseriez-vous comme acte fondamental durant la rentrée 2015-2016

Abbé Fulbert YOULOU : La meilleure preuve sera encore d’organiser des élections libres et sans contraintes.
Nos valeurs assassinées crient justice, au nom de la liberté et du Droit opprimés et frappés d’interdit de circuler. La misère dans les foyers, l’amertume dans les cœurs, la désolation partout répandue, enfin la décomposition chaque jour accentuée de l’âme sociale appellent un juste retour à la normale : le rétablissement de nos rapports humains au niveau du concret et du réel. Et le concret ne peut être que particulier, parce qu’en matière des sociétés humaines, le concret ne peut être que l’histoire. [ Adolphe Tsiakaka Op.cit P.244.]

 

Les présidents Fulbert Youlou et John Kennedy

Les présidents Fulbert Youlou et John Kennedy
6. Le Journal du MUUNTU : Alors Père-abbé pensez-vous que le destin du Congo-Brazzaville est-il définitivement hypothéqué du fait de l’insouciance et donc de l’inconscience notoire de ses dirigeants actuels ?
Abbé Fulbert YOULOU : Des lueurs d’espérance brillent encore à nos horizons avec éclat. Nous sommes faits pour aller au-delà. Mais craignons d’avoir à rester là où nous sommes. L’imagination, quand elle s’enfonce dans les contradictions, qu’elle rentre dans les détails et se laisse engluer par des considérations nébuleuses, peut rendre rebutantes les décisions efficaces. Nous n’avons donc pas le droit de prendre un symbole pour un concept, ni de livrer aux raisonnements sophistes ce que nous avons le devoir de garder dans l’intimité de nos cœurs. Notre devoir est de voler le plus haut que nous pouvons, sur le chemin de l’histoire et de l’honneur, pour notre développement social humain, bien plus avec les ailes de la Raison qu’avec celles de l’imagination et du rêve. [ Adolphe Tsiakaka Op.cit P.246.]
« Vous vous trouvez devant une situation nouvelle…qui est suscitée par un ensemble de problèmes nouveaux. Pour chacun de vous, il doit s’agir que vous êtes citoyens congolais avant tout et que chacun de vous doit se poser la question de savoir quelle contribution il peut apporter au salut du Congo. Nous voulons dire que chacun de vous doit se sentir mobilisé pour la meilleure des causes, le salut national ». [Adolphe Tsiakaka Op.cit P.240.]
Propos recueillis en âme et conscience par Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU (alias TAÀTA N’DWENGA)
Coordonnateur général du cercle KI-MBAÀNZA ou des Amis de la Nation Congolaise (L’A.N.C.)

 

KASOLA (Francisco) la première figure connue de la résistance et de la conscience nationale Koòngo

Posté : 19 mars, 2015 @ 11:08 dans Non classé | Pas de commentaires »

Kasola (Francisco) la première figure connue de la résistance et de la conscience nationale Koòngo

KASOLA prénommé Francisco est un jeune Mukoòngo né dans les années 1600. Son action de résistance et d’édification de la conscience nationale Koòngo apparaît durant l’année 1632, l’année durant laquelle, il crée une église kongolaise et indépendante vis-à-vis de l’église chrétienne vaticane installée sur le sol de ses ancêtres depuis 1488.

L’action de Mbuùta KASOLA intervient à une période où l’église chrétienne vaticane connaît un succès retentissant à Mbaànza Koòngo, la cité royale et dans certaines provinces et ce, sous l’impulsion des missionnaires comme le père Pero Tavares.

Mais qui est ce père Pero Tavares venu au Koòngo et dont l’action d’évangélisation connaît un succès retentissant ?

Le père Pero Tavares est originaire du Portugal, pays dans lequel, il naît en 1591 à Taveiro. Il étudie à l’université de Coïmbre au Portugal, entre au noviciat des Jésuites en 1621et, est ordonné prêtre en 1628. Il atterrit au Koòngo plus précisément dans la province de Bengo en 1629.

Dès que le père Pero avares arrive en 1629 à Mbaànza Koòngo, il se fait aider pour son action d’évangélisation par des élèves du collège de Luanda qui, outre les sciences de l’humanité, subissent, entre autres, la formation de catéchistes.

Préparé à la hâte et baptisé dans la religion catholique, Mbuùta KASOLA suit assidûment les réunions d’instruction religieuse du père Tavares qui porte essentiellement sur le christianisme.

A son propos, l’éminent koòngologue, le doyen Martial Sinda rapporte :

« Francisco Kassola était profondément religieux comme tous les autres Congolais. Tirant parti des connaissances nouvelles acquises au cours des réunions de fidèles, Francisco Kassola se proclama prophète avant de prendre son bâton de pèlerin pour apporter et prêcher la bonne nouvelle à ses frères de race…Alliant ses dons de magicien à sa connaissance du milieu, Francisco Kassola réussit à mettre sur pied un mouvement qui exerça sur ses compatriotes une extraordinaire fascination. Prophète noir s’adressant à des Noirs dans un langage simple et adapté, Francisco Kassola remporta un réel succès lorsqu’il déclara sur les rives de Dande et de la Lufine qu’il était fils de Dieu. Serviable, imbu d’une forte culture religieuse, Kassola avait souvent accompagné le père Tavares dans ses tournées pastorales ». [ Sinda (M) in « Le Messianisme Congolais et ses incidences politiques » Payot 1972 P.22.]

Mbuùta KASOLA est d’une part, défini comme un jeune Mukoòngo presque surdoué, intelligent, habile, fin connaisseur des plantes et d’autre part, il apparaît comme une sorte de « gardien du temple » des savoirs et connaissances de ses ancêtres sur lesquels, il entend bâtir une voie de libération et d’indépendance pour le Koòngo qu’il estime être sous le joug des étrangers.

Pour Mbuùta KASOLA, si le Christ est le Sauveur, le Libérateur, l’Ami des Hommes sur terre, tolérant, respectueux des valeurs des peuples comme le prétendent les missionnaires chrétiens, alors pourquoi ceux-ci s’en prennent-ils à des valeurs spirituelles des Koòngo et à leur Dieu lequel, est aussi défini comme un Dieu d’amour, de tolérance, de liberté et de respect, c’est-à-dire Nzaàmbi ya Lutoòndo Na Mpungu Lulendo.

Mbuùta KASOLA est tout simplement, ce qu’on appelle dans le jargon Koòngo, un véritable Nguùnza, c’est-à-dire, un homme des lumières, un prophète, un intellectuel, un sage absolument pétri de savoirs et connaissances de ses ancêtres qu’il estime, avant tout, être l’unique voie d’authenticité, d’autonomie et de libération du peuple Koòngo.

Mbuùta KASOLA était, rapporte le père Tavares, un féticheur de renom dans le pays et un excellent connaisseur des plantes médicinales, et que son intelligence était aussi vive que celle d’un Portugais…Ce jeune Mukongo était, observe-t-il, un garçon dynamique qui savait tirer profit de ses dons. Cherchant à frapper l’imagination de ses compatriotes et voulant consolider par là-même le mouvement qu’il venait de fonder, Kassola suçait les plaies infectées et les guérissait d’ailleurs complètement, ce qui ne manqua pas de décupler son prestige lorsqu’il s’imposa comme fondateur d’une nouvelle religion qui apporterait l’âge d’or aux Noirs.

Quant au doyen Martial Sinda, il relève que :

« Rompu au maniement des prêches de l’Eglise catholique, Kassola eut un grand succès parmi les Bakongo qui le considéraient déjà comme un libérateur de la race. Fort de ce consensus national, le prophète ambulant alla bientôt de village en village pour opérer ses miracles….Ce mouvement connut un succès extraordinaire : des foules composées tant de chrétiens que de personnes qui refusaient d’adhérer à l’Eglise catholique accouraient de partout vers le thaumaturge.

Le bruit selon lequel Kassola accomplissait des miracles se colportait de bouche à oreille et s’amplifiait ainsi démesurément dans les villages et sur les marchés. Des hommes, des femmes ou même des enfants ayant eu l’insigne honneur d’approcher, de toucher ou de serrer la main du prophète se disaient privilégiés, guéris, miraculés.

Le prophète opérait ses miracles selon les usages Bakongo : ainsi disait-on, il faisait apparaître toutes sortes de choses dans les maisons où il n’y avait rien (vin de palme, ignames, fruits, etc…). Ces miracles qui émerveillaient ses compatriotes renforçaient incontestablement la réputation de Kassola. » [ Sinda (M ) « Le Messianisme Congolais et ses incidences politiques » Ibidem.]

En fait Mbuùta KASOLA, ne s’en est jamais pris à la doctrine proprement dite du Christ sur laquelle d’ailleurs rien ne nous est rapporté sur le plan de son action. Par contre sa virulence afférente à son enseignement ou à son discours était tournée contre « le comportement dévoyé des missionnaires et leur autoritarisme au regard des coutumes africaines. Comment, prêchait-il, un peuple qui a ses croyances et ses modes de pensée propre, pouvait-il les annihiler au profit d’une culture étrangère ? » [ Sinda (M) « Le Messianisme Congolais et ses incidences politiques » Ibidem.]

KASOLA est, peut-on dire, le précurseur ou à l’avant-garde des doctrines autochtones comme le Kimpa-vitisme, le kimbanguisme ou le matsouanisme, c’est-à-dire de ces courants de pensée propres à la société Koòngolaise et qui consistent, d’une manière ou d’une autre, en une réhabilitation ou restauration des valeurs identitaires et qui, à ce titre sont la voie même d’autonomie et d’indépendance voire de libération.

Pour les leaders et les partisans de ces courants de pensée, les valeurs universelles ne doivent pas être un piège, une voie de perdition identitaire. L’ouverture de la société Koòngolaise vers le monde extérieur ne doit nullement être une cause de son affaiblissement mais plutôt celui de son enrichissement par le biais du principe d’intégration qui, au final doit faire ressortir l’Homme Intégral, le Muùntu, l’Homme équilibré ou renforcé parce qu’il est, à la fois, lui-même et en même temps ouvert et réceptif à l’évolution du monde tel qu’il est en perpétuel devenir.

Tout comme semble l’indiquer son nom, Mbuùta KASOLA« wasola nzila koòngo », c’est-à-dire, avait fait son choix sans aucune ambiguïté, celui du maintien identitaire en se positionnant pour la Cause et le Parti du Koòngo, cette Cause de restauration de toutes les valeurs sociales, morales, politiques et spirituelles qui définissent l’identité de la Nation-Koòngo. C’est ainsi que, de par son discours, il parvint à bâtir la conscience même de libération du peuple Koòngo qui, selon son entendement, passait, entre autres, par une réhabilitation et une profonde restauration des savoirs et connaissances de ses ancêtres.

En somme, par son action et, en dépit d’une redoutable campagne contre sa personne et son enseignement par les missionnaires européens, en l’occurrence Portugais qui, par ailleurs souhaitaient ou tenaient vivement à son arrestation, Mbuùta KASOLA avait réussi à poser les germes d’un patriotisme ardent qu’allait incarner un siècle plus tard KIMPA VITA ou Dona Béatrice et plus près de nous des fils Koòngo comme le prophète Simon KIMBANGU ou André Grenard MATSOUA.

Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU (TAÀTA N’DWENGA)

Koôngologue

Ce texte est dédié à mon aîné, à l’apôtre de la non-violence, le poète de « la tendre nostalgie » Yves Nkodia Mantséka « Yaàya Nkodia » qui n’est plus depuis déjà un an (10/2013-/10/2014).

DE LA DEFINITION DU PRINCIPE DE PARDON DANS LA CULTURE KOÔNGO : Le LEMVUKA

Posté : 19 mars, 2015 @ 9:59 dans Non classé | Pas de commentaires »

De la définition du Principe de pardon dans la culture koôngo : Le le-mvuka (ou l’une des sages pistes du véritable chemin d’avenir congolais)

Le pardon est, peut-on-dire, un état d’esprit, une manière voire une disposition humaine qui consiste pour une personne à présenter ses regrets ou excuses, à la suite d’un fait ou d’un acte commis par elle de façon volontaire ou involontaire et ce, à l’encontre d’une autre personne.

De la définition de Principe du pardon dans la culture koôngo : Le le-mvuka (ou l’une des sages pistes du véritable chemin d’avenir congolais)
Il s’agit d’une attitude transcendantale qui fait appel à la conscience de son auteur qui, par le fait de se remettre en cause reconnaît sa faillibilité et le bon sens exprimé par l’autre objet d’offense.

Le loòmba lemvu est l’expression que les Koôngo utilisent pour traduire le fait de demander pardon à quelqu’un. Ici, le loòmba traduit la demande et quant au mot lemvu, il exprime le pardon proprement dit.

A dire vrai, lemvu n’est qu’un dérivé du mot le-mvuka lequel définit le principe de l’unité sous un angle, à la fois, étymologique et sémantique qui, selon les Koôngo s’avère être, peut-on-dire, la condition si ne qua non du principe de pardon.

Autrement dit, sans aucune démarche d’unification des êtres ou des personnes qui sont au centre d’un contentieux, le pardon ne peut être ou n’a lieu. Le pardon est, chez les Koôngo, une démarche de réconciliation, de conformité existentielle qui passe par la réunification des êtres donc par l’harmonie.

Il y a pardon, chez les Koôngo, lorsqu’il y a, rupture, scission, discorde, mésentente ou désaccord et l’acte de pardon doit être bilatéral en ce qu’il exige fondamentalement l’assentiment et la réunification par exemple des protagonistes qui sont au cœur d’un conflit.

Ce qui veut dire que, toute demande de pardon, pour être effective et décisive doit être acceptée par la personne à laquelle elle est formulée. Dans l’hypothèse contraire elle serait vaine ou sans fondement dépourvue par conséquent de ce que l’on appelle par exemple en droit du principe de l’autorité de la chose jugée.

D’où la signification du verbe vuka qui, en l’espèce n’est autre que le dérivé du mot mvuka lequel terme exprime toute idée d’unité, de rassemblement ou d’association des êtres.

C’est ainsi que, le le-mvuka apparaît, dans une certaine mesure, comme une attitude de communion ou un acte de rassemblement voire d’union spirituelle des êtres qui leur permet de repartir sur des nouvelles bases d’entente et donc d’harmonie existentielle.

Il s’agit en effet d’un état d’esprit lequel par son expression récuse toute rigidité spirituelle ou intellectuelle. C’est l’union spirituelle des êtres qui passe par l’ouverture des cœurs des uns envers les autres et inversement.

D’où l’expression par exemple en koôngo de fungu-(na) ou (la)muntima ou fongola motema en lingala.

C’est dans ces conditions aussi que répond l’institution de fungu-(na)ou(la)masumu ou de confession des péchés.

Ici, le mot funguna ou fungula signifie confesser, avouer.

Il s’agit donc d’un verbe qui définit le fait pour une personne d’ouvrir son cœur par des aveux portant sur des faits ou contentieux dont elle estime avoir été victime de la part d’un des membres de sa famille et qu’il convient de traiter pacifiquement.

Le but étant de créer toutes les conditions favorables de guérison d’un membre de la famille qui serait au centre d’un conflit.

Ayant pour objet la délivrance d’une personne mourante victime des manœuvres de kindoki ou de sorcellerie au sein de sa famille, le funguna masumu est une institution qui est tenue par les membres d’une famille et ce, sous la présidence d’un expert dénommé nganga masumu.

Le nganga masumu a pour fonction, au cours d’une cérémonie de funguna masumu, de libérer des cœurs des hommes et femmes tous membres d’une même famille de toutes ces rancœurs qui les divisent et qui, au final ont un impact sur la santé d’un des membres de la famille.

Ici, le mot funguna a pour synonyme le-mvuka et traduit le fait pour un individu d’ouvrir son cœur en abandonnant les griefs ou les fautes qu’il reprocherait à l’un des membres de sa famille et qui, pour cela tomberait malade au point même de perdre la vie.

En fait, le le-mvuka est, dans la culture Koôngo, l’art de savoir édifier ou construire les ponts dans les relations humaines à l’effet d’une meilleure organisation et d’un bon fonctionnement social.

Le le-mvuka est une invitation des êtres au rassemblement à l’effet de créer toutes les conditions requises d’une meilleure entente entre eux.

D’où d’ailleurs même la signification du mot kia-mvu qui tend à désigner un pont en langue koôngo.

A dire vrai, le mot kia-mvu est un diminutif du mot kia-mvuka lequel mot dans la langue koôngo traduit toute idée d’union ou de rassemblement dans les relations socio- humaines, comme mu-mvuka (= association), vuka temo (= organiser une tontine), vuka bantu (= l’union des êtres) mvuka muntu (= l’opportunité d’être sauvé ou libéré de quelque chose).

C’est dire que l’union des êtres après une rupture est conçue par les Koôngo comme une manière de vivre ou un art de vivre consistant à construire des ponts spirituels destinés à favoriser la circulation et donc la rencontre et l’union des hommes et des femmes ayant été en rupture, à la suite d’un conflit ou litige.

Ainsi, d’un point de vue caricatural, le le-mvuka apparaît comme une invitation au voyage en partance du pays de la rupture du fait des actes malveillants ayant été commis par les uns et les autres envers leurs semblables et à destination de celui de la réconciliation, du fait de l’ouverture des cœurs ou de l’apaisement donc de la paix.

C’est ce qui a manqué par exemple, lors de la Conférence Nationale Souveraine de 1991 au Congo-Brazzaville. En effet si cette conférence à amener le Congo vers un régime démocratique avec l’élection d’un président de la république au suffrage universel direct, il n’est pas pour autant vrai qu’elle ait été véritablement une occasion de Réconciliation Nationale. L’absence de clarté dans la recherche de la vérité sur des faits de discorde nationale, l’avidité de certains conférenciers dans la prise de pouvoir à tout prix en s’alliant avec « le diable » et le manque de sincérité des personnes mises en cause n’ont pu aboutir à la construction d’un « kia-mvu », c’est-à-dire d’un véritable pont d’unité nationale.

Le bu-lemvu ou bu-lemvo est fondamentalement expression du muntuïsme ou est, à la fois, art d’humanisation et de socialisation des êtres qui, après rupture conviennent toutefois d’entretenir de très bons rapports relationnels.

Ici, le bon sens, la sincérité, l’humilité ou ki-nkatu restent les éléments moteurs de bu-lemvu.

A dire vrai, le le-mvuka est un voyage librement consenti par les parties prenantes à un contentieux lesquelles par « la traversée d’un pont ou ki-amvu » et donc au nom du principe de le-mvuka entendent sceller un accord d’un nouveau départ dans les relations humaines, sociales, morales et spirituelles qu’elles entretiennent.

Autrement dit, le le-mvuka est bien plus qu’un acte de reconnaissance des fautes commises par une personne envers son semblable, c’est-à-dire le funguna ou fungula.

En somme, il est un art de vie en société d’expression aussi muntuïste consistant en une union des êtres qui sont en situation de rupture « compréhension elle » mais qui toutefois parviennent à édifier« des ponts » d’ententes cordiales, peut-on dire et qui les placent corrélativement sur le terrain de la rencontre fraternelle et de la paix ou ki-ôngo en langue koôngo.

Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU
Koôngologue

Je dédie ce texte à ma mère « mama BENAZO mama wa koòngo », pour son anniversaire. Ma très chère maman tu es à mes yeux et tu le resteras toujours, la « Ngudi’a kaànda », c’est-à-dire, un de mes précieux témoins de la sagesse ou Nzila Koòngo. Tes petits enfants Widdy, Yéla, Morgane-Zolana et Kiézi-Diany se joignent à moi pour te dire affectueusement « joyeux anniversaire mamie ».

LES NOUVEAUX ENJEUX PASTORAUX ENTRE TRADITION ET MODERNITE

Posté : 26 septembre, 2014 @ 5:11 dans Non classé | Pas de commentaires »

Les nouveaux enjeux pastoraux entre tradition et modernité

Les nouveaux enjeux pastoraux entre tradition et modernité

Hommage au Cardinal Emile Biayenda

Sous le titre, les Nouveaux enjeux pastoraux entre tradition et modernité, a eu lieu, du 4 au 5 mai 2012, une rencontre à Ars, réunissant des universitaires, des prêtres et des fidèles-chrétiens, qui trouvent dans l’œuvre du Cardinal Emile BIAYENDA, les moyens de nouvelles approches.

Au-delà de la commémoration de la mort tragique du Vénéré pasteur différentes communications ont été assurées à l’occasion de cette rencontre qui, au final ont porté sur des idées du Cardinal en matière humaine, spirituelle, morale et religieuse.

Qui est le Cardinal Emile BIAYENDA ? L’abbé Olivier Massamba Loubelo a répondu à cette interrogation en indiquant que, de l’année d’ordination en 1958, à sa mort, le 22 mars 1977, le Vénéré pasteur se révèle comme un ami du Christ et un ami des hommes qui sait compter sur la force de Dieu. Sa thèse de sociologie, écrite à l’institut catholique de Lyon en 1968, est la preuve de la volonté de l’abbé BIAYENDA, de ne pas dissocier la pratique religieuse de la transformation réelle de la société, l’intelligence de la foi et le développement humain intégral.

De cette thèse « Coutumes et Développement chez les Bakongo du Congo-Brazzaville », Hélena SITTA en fera son sujet de communication. Pour elle, la personnalité du Cardinal Emile BIAYENDA, avant l’œuvre doctorale, est une piste novatrice ; un chemin à suivre et un modèle de vie à proposer. Pour le Vénéré pasteur, le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être authentique, il doit être intégral, c’est-à-dire promouvoir tout l’homme.

Alphonse Nioka et Denis SAMBA, ont abordé le thème de la famille, un autre chantier du Cardinal Emile BIAYENDA. Ces deux auteurs, dans leur intervention intitulée : La famille dans l’œuvre du Cardinal Emile BIAYENDA, se sont promenés dans sa lettre pastorale sur la famille. La famille ou kaa-nda, cette énergie (kaa) appelée être transmise au loin (nda), fut une structure forte et dynamique, mais aujourd’hui en déconstruction continue. Elle ne puise et ne se nourrit plus du mboongi. Le cardinal Emile BIAYENDA, dans cette lettre, tire une sonnette d’alarme, de ce lieu où l’homme s’éveille à la vie.

Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu a présenté le Cardinal Emile BIAYENDA et la conscience du devenir de l’être ou du muuntu dans la dynamique du développement intégral. Il a rejoint Héléna SITTA pour parler du développement intégral. Pour le Vénéré pasteur, il ne peut y avoir de développement sans entreprise d’édification de la personne humaine, ni d’homme conscient, libre responsable sans éducation. Le développement intégral, tel qu’il est perçu par le Cardinal E. BIAYENDA, est une prise en compte de la totalité de la vie humaine, de la dimension économique et sociale à la dimension spirituelle…et ce, à partir d’une analyse aussi poussée que possible de tous les facteurs exerçant une action sur son édification et par là même sur le développement en général.

En partant de la conclusion de la lettre sur l’éducation du cardinal Emile BIAYENDA, Dominique M’fouilou en est arrivé à l’analyse selon laquelle, les propos du Vénéré pasteur révèlent non seulement les enjeux de la tradition dans une société en mutation et en crise, mais aussi les défis à relever par toutes les composantes de la société congolaise, pour que le processus de développement parvienne à concilier les exigences du changement inéluctable et celles de la continuité nécessaire de la vie culturelle du peuple.

Justin Gandoulou a, d’une part, présenté le cardinal Emile BIAYENDA comme un acteur social pas comme les autres, face à la problématique de l’éducation des enfants et des jeunes Congolais. D’autre part, comme un visionnaire tout en relevant que : « Plusieurs décennies après avoir été appelé auprès du Seigneur, l’ombre du Cardinal plane encore au-dessus du Congo. En effet, le chantier envisagé n’ayant pu se concrétiser, la dérive constatée ne faisait que s’amplifier ravivant le souvenir des préoccupations du Cardinal en matière d’éducation des jeunes. »

Enfin, sous le titre « Construire les chemins de paix et de dialogue avec le Cardinal Emile BIAYENDA », l’abbé Adolphe Tsiakaka a rapporté que pour le Cardinal Emile BIAYENDA, la paix ne peut se construire que si les deux parties prennent la peine de s’asseoir et de se parler, de se respecter et de s’écouter. S’asseoir avec l’autre suppose que son regard sur cet autre change. D’où la nécessité pour les hommes de marcher au préalable sur le chemin de la conversion autrement dit du retournement, pour pouvoir changer d’attitude vis-à-vis de son interlocuteur et de favoriser un environnement propice au dialogue.

En somme, un travail monumental sur l’œuvre du Cardinal Emile BIAYENDA préfacé par Monseigneur Guy-Marie Bagnard pour qui le Cardinal BIAYENDA « est une belle figure de l’église africaine », et ce, sous la direction de Taàta Mu-Saànda, l’honorable abbé Adolphe Tsiakaka. Un ouvrage remarquable fort édifiant sur la pensée d’Emile Cardinal BIAYENDA lequel a été publié par les Editions ICES en mars 2013.

Voir la couverture du livre (pdf)

TAÀTA N’DWENGA

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L’INDEPENDANCE ET LA VISION PREMONITOIRE DE L’ABBE F. YOULOU

Posté : 22 septembre, 2014 @ 11:40 dans Non classé | Pas de commentaires »

A l’occasion du cinquante-quatrième anniversaire de l’indépendance du Congo Brazzaville (15/08/1960-15/08/2014)

L’indépendance et la vision prémonitoire du père de la Nation congolaise : l’Abbé Fulbert Youlou

Quelques mois après son accession à l’indépendance, le 15 août 1960, le Président de la République du Congo-Brazzaville, l’Abbé Fulbert Youlou exhortait son peuple au respect de la vie, des institutions et surtout à une prise de conscience sur les devoirs de l’indépendance.

L'INDEPENDANCE ET LA VISION PREMONITOIRE DE L'ABBE F.  YOULOU youlou14Contrairement au discours utopique de ses adversaires, les socialo-communistes qui croyaient très fort à l’avènement d’une république congolaise populaire et absolument progressiste voire égalitaire, l’Abbé F. YOULOU fit preuve d’une grande sagesse dans l’analyse du fait politique en rapport avec la notion d’indépendance.

« Indépendance, trop souvent encore signifie dans les esprits, mieux-être, confort, facilités, améliorations immédiates et inconditionnelles du niveau de vie ».

Telle était la vision utopique et naïve des adversaires de l’Abbé F. Youlou pour qui la réalité était toute autre pour concevoir à juste titre l’entrée du Congo-Brazzaville dans le monde de libération des pays Africains dits Indépendants.

En effet, pour le père de la Nation Congolaise, l’Abbé F. Youlou :

« L’indépendance, l’émancipation consistent, avant tout, pour un pays, à assumer seul toutes les responsabilités qui lui incombent : la paix, l’ordre, l’union, la protection de ceux qui constituent la Nation. Elle exige aussi une ligne de conduite, une politique extérieure, libres de toute ingérence…Nous sommes maîtres de notre sort, de notre devenir, dans un monde en perpétuel bouillonnement, dans un monde où s’affrontent des blocs idéologiques tels qu’ils ne peuvent admettre ni tolérer les faibles, les mous, les hésitants. L’indépendance, dis-je, consiste…à assumer seuls toutes les responsabilités qui nous incombent. Et pour cela nous devons compter sur la volonté du pays tout entier. La foi en lui-même d’un peuple, son enthousiasme ont bien souvent, dans l’histoire, rendu possible un avenir que le monde entier s’accordait à reconnaître comme impossible. » Abbé Tsiakaka in « L’Abbé Fulbert Yolou la mémoire oubliée du Congo-Brazzaville » Auteur autoédité 2009 P.152.

Ainsi, pour l’Abbé F. Youlou, l’indépendance est fondamentalement l’expression d’un peuple uni et averti aspirant, de façon solitaire, à son bien être en réunissant intégralement et ce, par voie de conséquence, toutes les conditions requises tendant pleinement à son émancipation et à son autonomie à savoir : l’unité, la clarification des objectifs à atteindre par la définition d’une ligne de conduite, la paix et l’ordre qui, corrélativement aboutissent à la maîtrise du destin national.

Cependant, dans un monde en perpétuel bouillonnement, dans un monde où s’affrontent des blocs idéologiques tels qu’ils ne peuvent admettre ni tolérer les faibles, les mous, les hésitants, l’accession pleine et entière du Congo-Brazzaville tout comme celle des autres nations africaines à l’indépendance passait inexorablement par une réalité indiscutable et indiscutée de l’union ou unité du peuple Congolais.

Il faut que l’union, selon le Père de la Nation Congolaise, l’Abbé F. Youlou « …soit réelle, tangible, vécue. Paix, ordre, protection, organisation de la vie publique, telle était notre première tâche… » Abbé Tsiakaka in « L’Abbé Fulbert Youlou, la mémoire oubliée du Congo-Brazzaville » Op.cit. ibidem.

S’inspirant d’une pensée de l’artisan de l’unité africaine, le président TSIRANANA, l’Abbé F.YOULOU proclamait aussi à juste titre que « Rien ne sert d’être indépendant si on n’a pas la capacité de former une nation » Abbé Fulbert Youlou in « J’accuse la Chine » Table Ronde 1966 P.12O.

A cela, le Père de la Nation Congolaise ajoutait avec perspicacité que :

« L’élite africaine doit se mobiliser pour faire échec aux réseaux d’intoxication qui ont parfois leurs sources en Occident. Elle doit se joindre, méprisant l’accusation du néocolonialisme, aux élites occidentales luttant pour la défense d’une civilisation qui nous est commune. Des milliers de jeunes en Europe sont tentés par cet éveil de notre continent. Il faut mobiliser nos ambassades, nos élites pour aller les convaincre que nous ne sommes pas des sauvages, des cannibales, des racistes et que leur foi, leur audace, leur compétence trouveraient, dans nos pays en voie de développement, un terrain à la mesure de leur espoir. » Abbé F.Y. « J’accuse la Chine », Ibidem.

Aussi, vouloir accéder à l’indépendance ne pouvait être pour l’Abbé F. Youlou une « route droite et unie ; c’est encore une piste sinueuse et accidentée ; il faudra l’aplanir et la niveler ; il y faudra bien du travail, beaucoup de courage et de persévérance. Ne nous précipitons donc pas sans réflexion ; mais ne temporisons pas non plus exagérément. Un programme mûrement pesé doit décider de notre action ». Abbé Tsiakaka P.134.

C’est dans ce contexte que l’Abbé F. Youlou exhortait les leaders africains à faire preuve de vigilance donc de sagesse pour ne pas être victimes des manœuvres de subversion du dragon chinois méticuleusement orchestrées sur leur sol.

A ce propos, et en son temps, l’Abbé F. Youlou, par une sorte de vision prémonitoire ou prophétique, dénonçait déjà l’impérialisme chinois sur le sol africain en des termes que voici :

«  J’appelle colonialisme une structure au service d’une puissance étrangère qui impose à l’Afrique un appareil psychologique de conquête lui-même inspiré par des techniciens chinois mis en place par des fonctionnaires envoyés de Pékin et servi par des évolués indigènes éduqués dans des écoles d’administration coloniale de Pékin. Toutes les conditions du colonialisme, telles que l’Afrique les a connues dans le passé, sont à nouveau réunies avec la différence que les capitalistes de la colonisation réalisaient de gigantesques progrès techniques dont se moquent les cadres de la révolution communiste qui visent un asservissement des esprits et des âmes par une oppression scientifiquement étudiée. Ce qui est grave dans la situation que je vais dénoncer, c’est que dans notre lutte passée pour l’indépendance, le monde entier faisait écho à nos aspirations, dépassant parfois nos désirs, alors qu’aujourd’hui l’Afrique africaine se retrouve seule devant la menace raciste d’un déferlement asiatique déjà commencé. » Abbé F. Youlou « J’accuse la Chine » Op.cit P.20.

Taata N’dwenga (Alias Mfumu Kutu)

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