Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Archive pour avril, 2016

LE MBONGI ET LE DEVENIR DU MUUNTU CHEZ LES KOÔNGO

Posté : 2 avril, 2016 @ 6:37 dans Non classé | Pas de commentaires »

Le mbongui et le devenir du muuntu chez les Koôngo

Le « Mbongi et le devenir du Muuntu chez les Koôngo » est le titre d’un bel ouvrage que le kongologue Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU vient de publier en ce début d’année 2016, aux Editions les Impliqués-L’Harmattan.Comme le mentionne parfaitement bien son préfacier, l’Abbé Olivier Massamba Loubelo, l’auteur a fait « une descente initiatique dans les entrailles de la culture-mère, pour la présenter aux générations d’aujourd’hui et de demain … ».

C’est vraiment, une des rares études, qui traite du Mbongi de façon très approfondie et qui, longtemps durant, a été le lieu idéal dans la société Koôngo pour se retrouver, se rencontrer, partager et régler les différends de toute sorte.

L’étude de Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU a ce mérite particulier de mettre en lumière les différents rôles que joue le Mbongi et lesquels au final contribuent, d’une manière ou d’une autre, à la formation du MUUNTU.

Le Mbongi apparaît comme une haute institution d’éducation et de formation de l’être ou du MUUNTU. Le jeune garçon y est reçu dès l’âge de 5 ans pour apprendre le sens organisationnel de la parole qui passe avant tout par un apprentissage fort nécessaire de la loi de l’écoute, c’est-à-dire le WA.

C’est comme si, chez les Koôngo, le devenir de l’être, passe par l’adoption de deux principes de vie que sont : le WA et le BA.

Le BA, est expression du devenir de l’être ou du MUUNTU et il ne peut être que, si dès le jeune âge l’enfant ou mwaana est absolument astreint à la loi d’écoute, d’observation ou d’analyse autrement dit soumis à la loi de WA.

Dans la langue Koôngo, l’on dira, mwaana muuntu fweti wa ngatu ka ba autrement dit, dans le devenir de l’être ou du MUUNTU, l’écoute est d’une importance capitale d’autant plus qu’elle est un des éléments indispensables de l’intégration chez l’être du principe de respect ou de BU-ZITU.

NTU BUZITU, MPU BUZITU dispose un adage Koôngo, ce qui veut dire que le respect et le rayonnement de la couronne dépendent intimement de la personnalité et de la sagesse de l’être qui en est investi. C’est ce que l’on apprend, entre autres, au Mbongi. Quelle belle école ancestrale !

L’éducation de la jeune fille étant assurée dans d’autres instances éducationnelles, celle du jeune garçon ou mwaana bakala passe par le Mbongi qui, en plus de cela joue d’autres fonctions pour son plein épanouissement existentiel.

L’ouvrage de Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU est fort intéressant car on y découvre les analyses des Sages ou des Anciens comme le vénéré pasteur Emile Cardinal BIAYENDA sur le Mbongi et on ne peut que regretter le fait que les autorités chargées de l’Education Nationale au Congo n’aient pas pu exploiter les bienfaits de cette haute institution.

La dépravation des mœurs, tous les maux qui rongent la jeunesse congolaise qui est en perte de vitesse doivent en principe être la cause d’une renaissance tant souhaitée par beaucoup de Congolais du Mbongi.

Le Mbongi est, peut-on dire, l’avenir et le devenir de la jeunesse congolaise de demain.

C’est ainsi qu’on nous a toujours appris au village, comme le rapporte si bien le professeur Justin-Daniel GANDOULOU « Lorsqu’on se trompe de chemin, il vaut mieux de repartir au point de départ (ou à la première intersection) pour se retrouver. Pendant longtemps, sous l’égide de l’éducation traditionnelle et notamment de mboongi, notre société avait maintenu son équilibre. Mais les changements intervenus à tous les niveaux (socioculturels, économiques et politiques) ont eu des incidences profondes sur les attitudes, les comportements et les mentalités des Congolais. Sur ce point, un consensus se dégage chez les observateurs et les éducateurs. Tous s’accordent donc pour dire que le pays est sur une mauvaise voie… » in « Les Nouveaux Enjeux pastoraux entre tradition et modernité hommage au cardinal Biayenda » Editions Ices 2013 P.109 et s.

Au final, un bel ouvrage sur le Mbongi qui nous est offert par le kongologue Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU en ce début d’année 2016, qu’il convient bien évidemment de lire et de faire découvrir autour de soi pour une meilleure connaissance de celui-ci.

ELIEZERE BAHADILA

Licenciée en Psychologie

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LE LEEMBA OU L’ORDRE INITIATIQUE DE KOONGO DYA LEEMBA

Posté : 2 avril, 2016 @ 6:23 dans Non classé | Pas de commentaires »

Le leemba ou l’ordre initiatique de Koôngo dya leemba

Toute gamine que j’étais, mon père ou ma mère me parlait de Leemba qui, jadis selon eux, fut une école de formation. En fait mes parents ne pouvaient pas m’en dire plus, parce qu’ils n’en savaient pas grand-chose, d’autant plus qu’eux-mêmes n’avaient jamais été élevés, formés à cette école. C’était pour eux, une école trop éloignée de leur vécu personnel ayant notamment existé dans l’ancien Congo.Maintenant, je peux en parler puisque j’en sais quelque chose et ce, grâce à la publication toute récente de l’ouvrage du Kongologue Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU sur « Le Leemba ou l’Ordre initiatique de Koôngo dya Leemba », aux Editions la société des écrivains.

Il s’agit d’un ouvrage de 158 pages dont le contenu est fort riche sur la connaissance de cette école de Leemba et comportant cinq chapitres tant sur les critères de recrutement ou d’adhésion à cette école, les préparatifs de l’installation du culte initiatique de Koôngo dya Leemba que sur ses acteurs, ses rites, son installation et enfin le mode de vie de l’initié de Koôngo dya Leemba appelé le Leembe.

D’après le professeur Henri Louis CANAL préfacier de cette belle œuvre « Ce nouveau livre, remarquable, du docteur en droit, maître Rudy MBEMBA, avocat, confirme la qualité des anciens, leur inventivité expressive en même temps que leur « traditionnalité ». L’élan régénérescent qu’il a donné à la recherche fondamentale en général, et à la recherche kongologique en particulier, se prolonge et se renforce ici annonçant de nouvelles perspectives inépuisables de catharsis initiatique et de restructuration des comportements modernistes devenus aberrants par manque de souffle, d’espoir et d’imagination. » [P.7.]

Dans le même ordre d’idées, le professeur CANAL ajoute que : « Le sens de chaque futur, des individus ou des sociétés, en effet, est à prendre dans les traditions les plus lointaines, trop souvent ignorées ou méprisées par goût d’un prestige uniquement superficiel, artificiel, creux. ». [P.15]

Ces observations du professeur CANAL m’interpellent et m’emportent dans un questionnement historico-existentiel qui est le suivant :

Pourquoi, les Congolais et au-delà les Africains ne portent-ils pas un intérêt assez déterminant voire constructif en visitant leur propre histoire ?

Pourquoi les traditions mises en lumière par une étude aussi enrichissante que celle de Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU n’intéressent-elles guère les Africains eux-mêmes, à l’effet de les redynamiser pour leur propre développement ?

Le goût d’un prestige qualifié par des observateurs avertis comme le professeur CANAL, de superficiel, artificiel serait-il à l’origine d’un aveuglement des Africains au point de se perdre !

L’Afrique peut-elle vraiment parvenir à la réalisation de ses aspirations en matière de développement en tournant le dos à ses traditions les plus éclairantes qui soient et ayant, de facto, par le passé, contribué à la révélation de son âme ?

FU-KIAU KIA BUNSEKI-LUMANISA rapporté par l’auteur prétend que le « Lemba est la plus importante des vieilles écoles d’initiation que fréquentaient les Bakongo. Elle a formé beaucoup de personnes ayant rempli des fonctions importantes dans l’administration, la justice, la santé, la religion, etc. C’est une école d’endurance, de vigilance, de droit, de savoir médical, de travail, de gouvernement, etc. » [P.15.]

Il s’agit là, ni plus ni moins, d’une école, peut-on dire, de dimension universitaire, en raison d’une panoplie de matières qui y sont enseignées. L’être y est formé pour en faire un citoyen, un patriote, somme toute, un MUUNTU.

Aussi, pour le kongologue Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU, l’Ordre initiatique de Koôngo dya Leemba fut, un des instruments de renforcement du sentiment national et de paix…une affirmation d’un mieux-être du vouloir-vivre ensemble en privilégiant, entre autres, la culture et la pérennisation d’une certaine intégrité socio-humaine de l’être ou du MUUNTU.[P.16.]

Avec un descriptif aussi gigantesque sur les caractéristiques de cette haute institution de formation de l’être ou du MUUNTU comme le Leemba, il apparaît que l’une des causes du déclin des sociétés africaines des temps modernes est, entre autres, l’abandon par elles, des principes majeurs véhiculés dans des écoles comme le Leemba.

Initié de Leemba ou de l’Ordre initiatique de Koôngo dya Leemba, le leembe est défini comme un citoyen de bonne foi, un pacificateur ou un adepte de la raison pacificatrice.

C’est dire, que penser le futur de la société africaine, devra se faire et, non des moindre, par une réflexion nécessairement utile tournée vers un examen des traditions fondamentales, ayant par le passé, contribué à son rayonnement.

Au final force est de noter, comme le relève à juste titre le cardinal Emile BIAYENDA, « Nous sommes… héritiers de coutumes très belles, malheureusement souvent déformées. Vivant dans l’Etat Congolais examinons notre vie dans notre manière de penser et d’agir, au regard de notre mentalité propre et de nos habitudes…Cette œuvre est grande et belle… Tout cela exigera de nous de grands efforts, c’est certain. Il faut du courage pour modifier certaines habitudes de vie…Reconnaissons les obstacles qui entravent…l’unité et l’harmonie entre citoyens de notre nation. » [Cardinal Emile BIAYENDA lettre pastorale 6 novembre 1973]

C’est vraiment une belle leçon de notre histoire qui nous est rapportée magistralement par Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU, à travers son ouvrage que je recommande à tout lecteur désireux de connaître la splendeur philosophique et initiatique des connaissances ancestrales des sociétés bantoues, en l’occurrence de l’immense peuple Koôngo.

Eliezere BAHADILA

Licenciée en psychologie

 

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