Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Archive pour septembre, 2014

LES NOUVEAUX ENJEUX PASTORAUX ENTRE TRADITION ET MODERNITE

Posté : 26 septembre, 2014 @ 5:11 dans Non classé | Pas de commentaires »

Les nouveaux enjeux pastoraux entre tradition et modernité

Les nouveaux enjeux pastoraux entre tradition et modernité

Hommage au Cardinal Emile Biayenda

Sous le titre, les Nouveaux enjeux pastoraux entre tradition et modernité, a eu lieu, du 4 au 5 mai 2012, une rencontre à Ars, réunissant des universitaires, des prêtres et des fidèles-chrétiens, qui trouvent dans l’œuvre du Cardinal Emile BIAYENDA, les moyens de nouvelles approches.

Au-delà de la commémoration de la mort tragique du Vénéré pasteur différentes communications ont été assurées à l’occasion de cette rencontre qui, au final ont porté sur des idées du Cardinal en matière humaine, spirituelle, morale et religieuse.

Qui est le Cardinal Emile BIAYENDA ? L’abbé Olivier Massamba Loubelo a répondu à cette interrogation en indiquant que, de l’année d’ordination en 1958, à sa mort, le 22 mars 1977, le Vénéré pasteur se révèle comme un ami du Christ et un ami des hommes qui sait compter sur la force de Dieu. Sa thèse de sociologie, écrite à l’institut catholique de Lyon en 1968, est la preuve de la volonté de l’abbé BIAYENDA, de ne pas dissocier la pratique religieuse de la transformation réelle de la société, l’intelligence de la foi et le développement humain intégral.

De cette thèse « Coutumes et Développement chez les Bakongo du Congo-Brazzaville », Hélena SITTA en fera son sujet de communication. Pour elle, la personnalité du Cardinal Emile BIAYENDA, avant l’œuvre doctorale, est une piste novatrice ; un chemin à suivre et un modèle de vie à proposer. Pour le Vénéré pasteur, le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être authentique, il doit être intégral, c’est-à-dire promouvoir tout l’homme.

Alphonse Nioka et Denis SAMBA, ont abordé le thème de la famille, un autre chantier du Cardinal Emile BIAYENDA. Ces deux auteurs, dans leur intervention intitulée : La famille dans l’œuvre du Cardinal Emile BIAYENDA, se sont promenés dans sa lettre pastorale sur la famille. La famille ou kaa-nda, cette énergie (kaa) appelée être transmise au loin (nda), fut une structure forte et dynamique, mais aujourd’hui en déconstruction continue. Elle ne puise et ne se nourrit plus du mboongi. Le cardinal Emile BIAYENDA, dans cette lettre, tire une sonnette d’alarme, de ce lieu où l’homme s’éveille à la vie.

Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu a présenté le Cardinal Emile BIAYENDA et la conscience du devenir de l’être ou du muuntu dans la dynamique du développement intégral. Il a rejoint Héléna SITTA pour parler du développement intégral. Pour le Vénéré pasteur, il ne peut y avoir de développement sans entreprise d’édification de la personne humaine, ni d’homme conscient, libre responsable sans éducation. Le développement intégral, tel qu’il est perçu par le Cardinal E. BIAYENDA, est une prise en compte de la totalité de la vie humaine, de la dimension économique et sociale à la dimension spirituelle…et ce, à partir d’une analyse aussi poussée que possible de tous les facteurs exerçant une action sur son édification et par là même sur le développement en général.

En partant de la conclusion de la lettre sur l’éducation du cardinal Emile BIAYENDA, Dominique M’fouilou en est arrivé à l’analyse selon laquelle, les propos du Vénéré pasteur révèlent non seulement les enjeux de la tradition dans une société en mutation et en crise, mais aussi les défis à relever par toutes les composantes de la société congolaise, pour que le processus de développement parvienne à concilier les exigences du changement inéluctable et celles de la continuité nécessaire de la vie culturelle du peuple.

Justin Gandoulou a, d’une part, présenté le cardinal Emile BIAYENDA comme un acteur social pas comme les autres, face à la problématique de l’éducation des enfants et des jeunes Congolais. D’autre part, comme un visionnaire tout en relevant que : « Plusieurs décennies après avoir été appelé auprès du Seigneur, l’ombre du Cardinal plane encore au-dessus du Congo. En effet, le chantier envisagé n’ayant pu se concrétiser, la dérive constatée ne faisait que s’amplifier ravivant le souvenir des préoccupations du Cardinal en matière d’éducation des jeunes. »

Enfin, sous le titre « Construire les chemins de paix et de dialogue avec le Cardinal Emile BIAYENDA », l’abbé Adolphe Tsiakaka a rapporté que pour le Cardinal Emile BIAYENDA, la paix ne peut se construire que si les deux parties prennent la peine de s’asseoir et de se parler, de se respecter et de s’écouter. S’asseoir avec l’autre suppose que son regard sur cet autre change. D’où la nécessité pour les hommes de marcher au préalable sur le chemin de la conversion autrement dit du retournement, pour pouvoir changer d’attitude vis-à-vis de son interlocuteur et de favoriser un environnement propice au dialogue.

En somme, un travail monumental sur l’œuvre du Cardinal Emile BIAYENDA préfacé par Monseigneur Guy-Marie Bagnard pour qui le Cardinal BIAYENDA « est une belle figure de l’église africaine », et ce, sous la direction de Taàta Mu-Saànda, l’honorable abbé Adolphe Tsiakaka. Un ouvrage remarquable fort édifiant sur la pensée d’Emile Cardinal BIAYENDA lequel a été publié par les Editions ICES en mars 2013.

Voir la couverture du livre (pdf)

TAÀTA N’DWENGA

Siège des Editions ICES : Z.A. de l’Apport Paris B.P.32 91103 Essonne Cedex France. Groupe-ices@hotmail.fr ou www.editions-ices.com

Contacts téléphoniques :

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L’INDEPENDANCE ET LA VISION PREMONITOIRE DE L’ABBE F. YOULOU

Posté : 22 septembre, 2014 @ 11:40 dans Non classé | Pas de commentaires »

A l’occasion du cinquante-quatrième anniversaire de l’indépendance du Congo Brazzaville (15/08/1960-15/08/2014)

L’indépendance et la vision prémonitoire du père de la Nation congolaise : l’Abbé Fulbert Youlou

Quelques mois après son accession à l’indépendance, le 15 août 1960, le Président de la République du Congo-Brazzaville, l’Abbé Fulbert Youlou exhortait son peuple au respect de la vie, des institutions et surtout à une prise de conscience sur les devoirs de l’indépendance.

L'INDEPENDANCE ET LA VISION PREMONITOIRE DE L'ABBE F.  YOULOU youlou14Contrairement au discours utopique de ses adversaires, les socialo-communistes qui croyaient très fort à l’avènement d’une république congolaise populaire et absolument progressiste voire égalitaire, l’Abbé F. YOULOU fit preuve d’une grande sagesse dans l’analyse du fait politique en rapport avec la notion d’indépendance.

« Indépendance, trop souvent encore signifie dans les esprits, mieux-être, confort, facilités, améliorations immédiates et inconditionnelles du niveau de vie ».

Telle était la vision utopique et naïve des adversaires de l’Abbé F. Youlou pour qui la réalité était toute autre pour concevoir à juste titre l’entrée du Congo-Brazzaville dans le monde de libération des pays Africains dits Indépendants.

En effet, pour le père de la Nation Congolaise, l’Abbé F. Youlou :

« L’indépendance, l’émancipation consistent, avant tout, pour un pays, à assumer seul toutes les responsabilités qui lui incombent : la paix, l’ordre, l’union, la protection de ceux qui constituent la Nation. Elle exige aussi une ligne de conduite, une politique extérieure, libres de toute ingérence…Nous sommes maîtres de notre sort, de notre devenir, dans un monde en perpétuel bouillonnement, dans un monde où s’affrontent des blocs idéologiques tels qu’ils ne peuvent admettre ni tolérer les faibles, les mous, les hésitants. L’indépendance, dis-je, consiste…à assumer seuls toutes les responsabilités qui nous incombent. Et pour cela nous devons compter sur la volonté du pays tout entier. La foi en lui-même d’un peuple, son enthousiasme ont bien souvent, dans l’histoire, rendu possible un avenir que le monde entier s’accordait à reconnaître comme impossible. » Abbé Tsiakaka in « L’Abbé Fulbert Yolou la mémoire oubliée du Congo-Brazzaville » Auteur autoédité 2009 P.152.

Ainsi, pour l’Abbé F. Youlou, l’indépendance est fondamentalement l’expression d’un peuple uni et averti aspirant, de façon solitaire, à son bien être en réunissant intégralement et ce, par voie de conséquence, toutes les conditions requises tendant pleinement à son émancipation et à son autonomie à savoir : l’unité, la clarification des objectifs à atteindre par la définition d’une ligne de conduite, la paix et l’ordre qui, corrélativement aboutissent à la maîtrise du destin national.

Cependant, dans un monde en perpétuel bouillonnement, dans un monde où s’affrontent des blocs idéologiques tels qu’ils ne peuvent admettre ni tolérer les faibles, les mous, les hésitants, l’accession pleine et entière du Congo-Brazzaville tout comme celle des autres nations africaines à l’indépendance passait inexorablement par une réalité indiscutable et indiscutée de l’union ou unité du peuple Congolais.

Il faut que l’union, selon le Père de la Nation Congolaise, l’Abbé F. Youlou « …soit réelle, tangible, vécue. Paix, ordre, protection, organisation de la vie publique, telle était notre première tâche… » Abbé Tsiakaka in « L’Abbé Fulbert Youlou, la mémoire oubliée du Congo-Brazzaville » Op.cit. ibidem.

S’inspirant d’une pensée de l’artisan de l’unité africaine, le président TSIRANANA, l’Abbé F.YOULOU proclamait aussi à juste titre que « Rien ne sert d’être indépendant si on n’a pas la capacité de former une nation » Abbé Fulbert Youlou in « J’accuse la Chine » Table Ronde 1966 P.12O.

A cela, le Père de la Nation Congolaise ajoutait avec perspicacité que :

« L’élite africaine doit se mobiliser pour faire échec aux réseaux d’intoxication qui ont parfois leurs sources en Occident. Elle doit se joindre, méprisant l’accusation du néocolonialisme, aux élites occidentales luttant pour la défense d’une civilisation qui nous est commune. Des milliers de jeunes en Europe sont tentés par cet éveil de notre continent. Il faut mobiliser nos ambassades, nos élites pour aller les convaincre que nous ne sommes pas des sauvages, des cannibales, des racistes et que leur foi, leur audace, leur compétence trouveraient, dans nos pays en voie de développement, un terrain à la mesure de leur espoir. » Abbé F.Y. « J’accuse la Chine », Ibidem.

Aussi, vouloir accéder à l’indépendance ne pouvait être pour l’Abbé F. Youlou une « route droite et unie ; c’est encore une piste sinueuse et accidentée ; il faudra l’aplanir et la niveler ; il y faudra bien du travail, beaucoup de courage et de persévérance. Ne nous précipitons donc pas sans réflexion ; mais ne temporisons pas non plus exagérément. Un programme mûrement pesé doit décider de notre action ». Abbé Tsiakaka P.134.

C’est dans ce contexte que l’Abbé F. Youlou exhortait les leaders africains à faire preuve de vigilance donc de sagesse pour ne pas être victimes des manœuvres de subversion du dragon chinois méticuleusement orchestrées sur leur sol.

A ce propos, et en son temps, l’Abbé F. Youlou, par une sorte de vision prémonitoire ou prophétique, dénonçait déjà l’impérialisme chinois sur le sol africain en des termes que voici :

«  J’appelle colonialisme une structure au service d’une puissance étrangère qui impose à l’Afrique un appareil psychologique de conquête lui-même inspiré par des techniciens chinois mis en place par des fonctionnaires envoyés de Pékin et servi par des évolués indigènes éduqués dans des écoles d’administration coloniale de Pékin. Toutes les conditions du colonialisme, telles que l’Afrique les a connues dans le passé, sont à nouveau réunies avec la différence que les capitalistes de la colonisation réalisaient de gigantesques progrès techniques dont se moquent les cadres de la révolution communiste qui visent un asservissement des esprits et des âmes par une oppression scientifiquement étudiée. Ce qui est grave dans la situation que je vais dénoncer, c’est que dans notre lutte passée pour l’indépendance, le monde entier faisait écho à nos aspirations, dépassant parfois nos désirs, alors qu’aujourd’hui l’Afrique africaine se retrouve seule devant la menace raciste d’un déferlement asiatique déjà commencé. » Abbé F. Youlou « J’accuse la Chine » Op.cit P.20.

Taata N’dwenga (Alias Mfumu Kutu)

 

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