Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Archive pour mars, 2014

DE LA DEFINITION DU PRINCIPE DE LA VOLONTE CHEZ LES KOÔNGO

Posté : 13 mars, 2014 @ 6:18 dans Non classé | Pas de commentaires »

De la définition du Principe de la volonté d’après la tradition Koongo

  – Est appelée volonté toute faculté de déterminer librement et donc sans contrainte ses actes et de les accomplir. C’est, peut-on dire, l’expression de l’être dans son désir du vouloir faire ou de ne pas faire.

 


De la définition du Principe de la volonté d'après la tradition Koongo
Pour le philosophe allemand Schopenhauer, la volonté, plus précisément la volonté de vivre est le principe universel de l’effort instinctif par lequel tout être réalise le type de son espèce, et lutte contre les autres êtres pour maintenir la forme de vie qui est la sienne. C’est ainsi que la volonté individuelle n’est pour lui qu’une manifestation de ce vouloir vivre.

Dans le même ordre d’idées, dans « Par de-delà le Bien et le Mal » Nietzche, considère que dans toute volonté il y a d’abord une pluralité de sentiments, le sentiments de l’état dont on veut sortir, celui de l’état où l’on tend, le sens de ces directions elles-mêmes, « à partir d’ici », « pour aller là-bas », enfin une sensation musculaire accessoire qui, même sans que nous remuions bras ni jambes, entre en jeu comme machinalement sitôt que nous nous mettons à « vouloir ».

A ce propos, il existe diverses expressions dans la Tradition Koòngo, pour exprimer l’idée de volonté, du désir ou du vouloir être.

Au sens strict du terme, la volonté est, à la fois, d’après la linguistique Koòngo, mouvement et liberté que recouvre la notion de Nda. En effet, le Nda est mouvement ou expression du mouvement dans l’être.

Ainsi, We-Nda, exprime le mouvement de l’être ou son déplacement psychique ou corporel d’un endroit à l’autre mais une telle faculté n’est toutefois accessible qu’en l’absence de toute contrainte de sorte que la volonté, chez les Koòngo n’est concevable que, quand elle rime avec l’idée de liberté.

Par exemple, Ku-Nda Nzaàmbi, marque ou exprime en Koòngo toute volonté de l’être dans son désir d’élévation ou d’union avec Dieu ou la conscience universelle.

Ici, le préfixe de ku est la désignation du lieu d’accomplissement de la volonté de l’être qui, en l’occurrence est le nda, c’est-à-dire, l’univers de la pensée du désir ou de la volonté.

Toutefois, dans la linguistique ou tradition Koòngo, la volonté au sens profond du terme est bien plus qu’un effort instinctif qui découlerait chez l’être. Ce n’est pas seulement une sensation musculaire qui entrerait machinalement en jeu.

En tant que Être ou Muùntu, toute volonté humaine obéit à une sorte de commandement qui relève de l’ordre des choses qui sont sous l’empire de la loi de l’amour ou du désir de quelque chose.

D’où d’ailleurs la traduction de cette notion de volonté en langue Koòngo par le mot Luzolo ou Zola.

Mu zola ku zwa kima yayi, dira-t-on en langue kikoòngo, c’est-à-dire, je désire être en possession de cette chose, je la veux, je tiens absolument l’avoir ou l’obtenir.

C’est comme si, dans la Tradition Koòngo, toute volonté est désir d’accomplissement et consisterait en une expression du mouvement ou de l’action dans l’être à l’effet d’être en possession de ceci ou de cela.

C’est, peut-on dire, une direction ou un but tendant en la réalisation d’une chose en passant plus précisément d’un endroit à l’autre.

Dans son lexique « Français-Kikongo » publié aux imprimeries Gounouilhou en 1914, Henri Galland, n’a pas tout à fait tort en définissant la volonté, le vouloir et le désir par Luzolo et Zola lesquels termes en langue Koòngo, traduisent l’idée générale de la volonté mais qui, toutefois n’est concevable que, si elle est en rapport avec la notion de liberté ou de bien-être.

Au fait, en langue Koòngo, le désir ou volonté s’inscrit dans l’espérance ou l’amour de quelque chose que l’on veut.

C’est ainsi que, le terme Nzo-lolo qui, étymologiquement décrit la maison de l’amour ou du désir voire du vouloir être traduit philosophiquement en langue Koòngo, le sentiment du désir d’accomplissement qui s’opère dans « l’agir » ou mouvement en l’absence bien évidement de toute contrainte.

En somme, la volonté est, dans la tradition Koòngo, la mise en jeu de cette puissance dont est dotée un être ou le Muùntu et qui, en se situant dans le Nzo ou espérance lui permet de disposer ou non de quelque chose au final pour le bien de soi ou de l’autre voire pour l’environnement dans lequel on est situé.

Par exemple, Luzolo lwa nsi ou Luzolo ya bwala ! est bien plus que l’amour que l’on a pour son pays ou sa patrie. Il est aussi volonté qui s’inscrit dans la dynamique du désir ou du bien-être voire du développement sans cesse de celle-ci.

C’est à ce titre que la conception de la volonté chez les Koòngo se rapprocherait de celle du philosophe allemand Emmanuel Kant, d’après laquelle, la volonté s’inscrit dans la tendance de l’être vivant à agir, dans son caractère dynamique et désirant : elle relève, dit-il, de la faculté de désirer, c’est-à-dire d’être par ses représentations cause des objets de ses représentations, faculté qui, dit-il encore, « s’appelle la vie ».

Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU

(alias Taàta N’dwenga)

 

L’OEUVRE TESTAMENTAIRE DU PÈRE FONDATEUR DE KOÔNGO DYA NTOOTELA

Posté : 13 mars, 2014 @ 6:02 dans Non classé | Pas de commentaires »

L’oeuvre testamentaire du père fondateur de Koongo dya Ntootela envers ses descendants : les [ba]-na Koongo

L’ŒUVRE TESTAMENTAIRE DU PERE FONDATEUR DE KOÒNGO DYA NTOOTELA ENVERS SES DESCENDANTS : LES [BA]-NA KOÒNGO

 

Jean_Roy_de_Congo

Le fondateur du royaume Koòngo Nimi Lukeni devenu Ntinu Wene au moment de son accession au trône a été présenté par les chroniqueurs ayant séjourné dans l’ancien Congo, comme le Ntootela, c’est-à-dire, le jardinier, le cultivateur, le rassembleur, somme toute, le fédérateur.

Ntinu Wene est appelé Ntootela en raison d’une détention par lui de plusieurs terres donc de plusieurs Etats lesquels font partie intégrante de ce qu’il appellera lui-même Koòngo-Dya-Ntootela.

C’est à ce titre qu’il est aussi appelé Maàni, c’est-à-dire, détenteur ou propriétaire des terres ou Etats (ma n’gâta maàni) dans lesquels, il exerce pleinement son autorité. Ceux qui le secondent dans l’exercice de ses prérogatives royales sont aussi des Maàni, c’est-à-dire des gouverneurs de provinces ou des états fédérés que sont les Mbaànza.

C’est de la même manière qu’il se définit comme le Musi-koòngo, c’est-à-dire, ce Mpfumu-muùntu régnant sur les terres koòngo.

Ici, force est de relever que le Musi n’est qu’une transcription évolutive du mot Mu-tsi lequel défini l’appartenance de l’être ou du Muùntu à un « pays » Koòngo donné qui n’est, en réalité que la terre de ses ancêtres.

En l’espèce, l’homme koòngo est le Muùntu qui réside sur les terres Koòngo ou Muùntu wa tsi koòngo (voire Muùntu bela ka mu tsi za koòngo).

Ici, Tsi a pour synonyme le mot ntooto et qui veut dire terres, pays, cités et le Ntootela, le roi du Koòngo ou Mpfumu-ntooto, est maître ou seigneur sur ses terres, c’est-à-dire le Mpfumu-tsi.

En somme, est Musi, chez les Koòngo, toute personne qui, par son appartenance à un clan est naturellement originaire d’une terre ou localité voire contrée nommément désignée dans l’espace Koòngo.

Par conséquent, les [Bi]-si-Koòngo ou [Bi-tsi-] sont les ressortissants des membres des clans qui résident sur des terres que leur ont léguées leurs ancêtres Koòngo.

Le clan reste, comme le relève à juste titre le koongologue Georges Balandier, efficace non seulement parce qu’il régit la constitution des groupements résidentiels,…mais parce qu’il crée un champ de forces où vivants et « ancêtres » sont vitalement associés et à l’intérieur duquel l’individu est censé trouver équilibre et santé. Le fait d’être membre du clan (musi nkanda) prend, observe-t-il, d’autant plus d’importance qu’il distingue l’homme libre ( muntu a nkanda ou mfumu) de l’homme dit esclave (muntu a mbongo ou mwana gata = enfant du village et non de la parenté.(Georges Balandier in « Sociologie actuelle de l’Afrique noire, 3ième partie, Changements sociaux chez les Bakongodu Congo », P.U.F, 2ième édition 1971 P.305.)

Parmi les mérites de NtinuWene dans sa grande aventure d’édification et de construction de son œuvre qui est le Koòngo Dya Ntootela, c’est d’avoir dès sa fondation initié l’importance du travail à travers la spécialisation de certaines activités.

C’est d’ailleurs, une des raisons d’être, des clans ou mvila.

A ce propos, le père Van Wing rapporte que :

« Les hommes de métier arrivèrent avec leurs outils, car à Kongo, dès l’origine chaque clan avait son métier. Il y avait des tisserands, des tireurs de vin de palme, des vanniers, des potiers, des forgerons. Il n’y avait de commun que l’agriculture, qui était réservée aux femmes, et la chasse et la pêche, apanage des hommes. Cette spécialisation et cette division du travail entre les clans, tout extraordinaire que cela paraisse, sont mentionnées dans les traditions de quelques clans. » (Van Wing in « Etudes Bakongo, sociologie, religion etmagie » 2ième édition 1959 P.45.)

En effet, autrefois, chaque clan avait un métier qui, de génération en génération, était exercé par certains de ses membres.

Un métier était, en quelque sorte, une distinction clanique.

C’est dans cette optique que, outre les distinctions claniques qu’elles opèrent, jadis, les noms des clans n’étaient que la traduction des activités dominantes auxquels ceux-ci s’étaient spécialisés.

A titre d’exemple, pour ce qui est du clan de Bisi-Kindamba, sire Ndamba fut, rapporte le cardinal Emile Biayenda, un chef de clan connu pour le plus riche. Ce fut un prodigue pour les réceptions qu’il donnait à ses invités et ses hôtes de passage. Le sobriquet fut trouvé, Ndamba ou Ndambi signifie mets apprêtés méticuleusement.[Abbé Emile Biayenda in « Coutumes et Développement chez les Bakongo du Congo-Brazzaville » Thèse Lyon 1968 Première partie P.24.]

En fait le sobriquet Ndamba est un dérivé nominal du verbe laàmba et qui veut dire cuisiner, préparer et de par leur nom clanique les membres du clan ki-ndamba furent réputés pour leur hospitalité et celle-ci était grandement soutenue par leurs activités agricoles, de commerce et d’élevage.

Il en fut de même pour les membres du clan Ka-Hunga (ou Ka-wuùnga) réputés pour leurs activités pastorales et de vente de bétail. Ici, le nom de Ka-wuùnga n’est autre que le dérivé du verbe wuùnga et qui veut dire guider,diriger, orienter.

Ici, le verbe wuùnga  sous-entend toute activité pastorale, celle afférente aux bergers dans leur entretien de troupeaux par exemple de bœufs.

C’est dans le même ordre d’idées que les noms de certaines ethnies [ba]-koòngo correspondent en fait à la traduction des activités dominantes auxquelles elles étaient attachées à un moment donné de leur histoire.

C’est le cas notamment au Congo-Brazzaville, des Kamba [ terme désignant des chênes majestueux d’Afrique], Kuùni [du verbe kuùna et qui veut dire cultiver = travailleurs ou exploitants de bois], Doòndo [grands prieurs et transmetteurs de ndo ou ondes bénéfiques notamment en matière de commerce domaine dans lequel, ils ont excellés par le passé] et Suùndi [du verbe suùnda ou suùndama qui évoque toute idée de se relever par la réunion et l’affermissement de toutes ces conditions qui sont favorables à une vie meilleure du lieu où l’on réside et/ou  par le travail comme celui du fer et ayant fait d’eux, par le passé, de très grands forgerons ou ngaàngula] dont le sens étymologique des noms qu’ils portent n’est en réalité qu’une traduction des activités auxquelles ils étaient fortement attachés ou dans lesquelles ils s’étaient spécialisés autrefois comme l’agriculture, l’exploitation du bois, le commerce et le travail des métaux.

En parlant par exemple des Kamba, Gilles Sautter rapporté par Marcel Soret, à la suite d’une sérieuse étude du système de culture des Kamba, en était arrivé à la conclusion d’aprèslaquelle, ils étaient les meilleurs agriculteurs Koòngo (Marcel Soret in «  Les Kongo Nord-Occidentaux » P.U.F 1959 P.39.)

En somme, le testament du père fondateur de Koòngo-Dya-Ntootela envers les [Ba]-na Koòngo, est celui d’une vie unitaire et salutaire [comme l’indique le nom d’une des composantes ethniques Koòngo, Vili qui, en réalité n’est qu’un dérivé nominal du verbe Vila et qui veut dire : unir, associer, lier, attacher, nouer. Les ma-vila sont des sentiers, des chemins que certains groupes Koòngo comme les Vilis ont emprunté dans leur histoire d’émigration tout en ayant pris le soin de conserver les fondamentaux de la culture et sagesse Koòngo. Quant au nom loango ou lwango, il sous-entend la toute puissance ou force qui relève de Ngo, c’est-à-dire de l’union de certaines forces naturelles qui, au final tendent au développement de l’être ou du muùntu], que tout enfant Koòngo devra édifier, préserver coûte que coûte et qui, inéluctablement, passe par l’amour de l’être ou du Muùntu envers son semblable et celui du travail. Celui-ci étant bien entendu l’élément capital ou indispensable pour l’accroissement, la survie, le développement et la pérennité de la Nation.

D’où la signification profonde de la devise « Koòngo tsilulu ! » [du verbe nsila et qui exprime toute idée d’action et d’entreprise etc], c’est-à-dire Koòngo, terre des hommes et de vie, d’accueil, de travail, de partage et de paix où il fait bon vivre ne peut l’être que, si les lois que sont les « kieno mia tsi na kieno mia ba mbuta », ayant contribué à sa fondation et à son rayonnement, sont pleinement respectées.

 

Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU

(TAÀTA N’DWENGA)

 


 

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