Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Archive pour août, 2013

La Révolution des 13 14 et 15 Août 1963 au Congo-Brazzaville: Quel bilan social cinquante ans après (1963-2013)?

Posté : 24 août, 2013 @ 11:27 dans Non classé | Pas de commentaires »


L’Abbé Fulbert Youlou entouré de son successeur Alphonse Massamba-Debat et de l’Archevêque de Brazzaville. Source Ph: congopage

L’Abbé Fulbert Youlou entouré de son successeur Alphonse Massamba-Debat et de l’Archevêque de Brazzaville. Source Ph: congopage
Après la chute du président abbé Fulbert Youlou, à la suite du coup de force d’août 1963, qualifié par ses auteurs de révolution des trois glorieuses, le système social et éducatif congolais avait connu un profond changement.

Les nouveaux maîtres du pays introduisirent dans les enceintes scolaires de nouvelles méthodes importées des pays d’Europe de l’Est. Ils changèrent les mouvements des jeunes servant, entre autres, de structures éducatives issues de la colonisation par d’autres organisations. C’est ainsi que des mouvements des jeunes de morale chrétienne comme les Scouts, Cœurs vaillants, Âmes Vaillantes, Jeunesse Ouvrière Chrétienne (J.O.C.), etc étaient remplacées par l’Union Générale des Elèves et Etudiants Congolais (U.G.E.E.C.).

Le scoutisme avait pour but, comme le rappelle si bien le professeur Justin Gandoulou, de contribuer au développement des jeunes en les aidant à réaliser pleinement, leurs capacités physiques, intellectuelles et spirituelles, en tant que personnes humaines, en tant que citoyens et en tant que membres de la communauté internationale. Le scoutisme était aussi une école de la vie.

Oui le scoutisme était effectivement et ce, à la fois, une école humaine et sociale tendant en la formation de l’être ou du muùntu ! cet être qui, par sa formation et son éducation relayées, entre autres, par les instances traditionnelles comme le Mboòngi allait devenir pleinement un citoyen congolais.

Outre l’Union Générale des Elèves et Etudiants Congolais (U.G.E.E.C), le paysage de la vie éducative congolaise était aussi dominé par la Jeunesse du Mouvement National Révolutionnaire (J.M.N.R).

Qu’il s’agisse de l’U.G.E.E.C ou de la J.M.N.R. le but poursuivi en matière de formation et d’éducation, n’était pas en soi mauvais, mais dans la pratique l’ordre naturel des choses comme le respect que les enfants doivent à leurs parents ou celui des élèves à l’endroit des enseignants ne fut guère respecté.

Comme le relève à juste titre le professeur Justin Gandoulou, « A l’école, certains élèves osaient se présenter en treillis (ici uniforme de l’armée cubaine). Parfois la moindre remarque désobligeante de l’enseignant, quand bien même elle se faisait dans le cadre du cours, était vite rapportée par l’élève aux chefs de section de la JMNR qui n’hésitaient pas à interpeler l’éducateur. Certains parents qui, pourtant ne faisaient qu’user de leur devoir naturel d’éducation, pouvaient subir le même sort. Lorsque, par exemple, un parent faisait remarquer à sa fille qui avait l’habitude de rentrer tard à cause de réunions des pionniers, il pouvait aussi faire l’objet d’un « rappel à l’ordre » par les chefs de section. » (Justin Gandoulou in « Les Nouveaux Enjeux Pastoraux entre tradition et modernité Hommage au Cardinal Emile Biayenda éditions ICES avril 2013 P.118).

Dans le même ordre d’idées, le modèle d’éducation traditionnel congolais dans ses principes de morale sociale avait connu un certain déclin en faveur de nouvelles valeurs instituées par le Mouvement National de la Révolution (M.N.R.).

Ici, force est de rappeler que la morale traditionnelle congolaise imposait à ce que les plus jeunes appellent leurs aînés par l’expression yaaya ou yaa en forme abrégée ou les papas par taata ou taa suivi du nom ou prénom s’agissant d’un adulte (homme) ayant des enfants ou susceptible de procréer, et maama ou maa pour les femmes ayant des enfants ou susceptibles d’en avoir.

Cependant, la morale sociale du Mouvement National de la Révolution (M.N.R.) introduisit, en quelque sorte, et en le vulgarisant surtout le mot camarade lequel terme, dans une certaine mesure, remplaça celui de monsieur même quand il s’agissait de s’adresser au chef de l’Etat. Comme si cela ne suffisait pas, les autorités politiques participaient, observe à juste titre le professeur Justin Gandoulou, à la culture de la médiocrité voire de l’immoralité, quand ils osaient lancer publiquement en les vulgarisant des slogans comme « Ebonga, ébonga te, toujours meilleur… » et qu’ils hissaient à des postes importants de responsabilité les citoyens qui détournaient les deniers publics ?

Encore mieux, chacun se souviendra de ces slogans inscrits sur de larges bandes en tissu rouge qui bordaient les clôtures des ministères quand elles n’étaient pas simplement suspendues entre deux lampadaires au-dessus d’une des artères du centre-ville. On pouvait alors y lire : « le Parti doit diriger l’Etat ». Cela revenait à dire, pour le commun des Congolais, qu’un simple commis de l’Etat pour peu qu’il fut membre du Parti Congolais du Travail devait se savoir plus important que son chef de service. (Justin Gandoulou idem P.119.).

Alors quel bilan ou jugement peut-on tenir face aux changements opérés par la révolution des 13 14 ET 15 août 1963 cinquante ans après ?

Il n’est pas injuste d’affirmer que le laisser-faire né, par voie de conséquence, du nouveau mode de vie décrété par la soi-disant révolution de 1963 est cette période au cours de laquelle les mœurs ont connu au Congo-Brazzaville un profond relâchement. Ce relâchement est tel qu’aujourd’hui, l’oisiveté qui est, dans une certaine mesure, entretenue du fait de l’abandon ou d’un manque d’encadrement sérieux de la jeunesse congolaise par les instances étatiques devient la règle et une des causes de perdition de celle-ci.

L’alcool, le sexe, la sape, deviennent des centres d’intérêt d’une jeunesse qui est en perte de vitesse. D’une jeunesse congolaise qui, malgré elle, est aux abois par manque de repères et surtout d’orientation sociale, morale et spirituelle.

Et ce n’est que chose exacte lorsque le professeur Gandoulou relève, « On voit ici, les conséquences de modèles importés dans un environnement social et culturel particulier dont les nouveaux maîtres du pays ne maîtrisaient pas efficacement les contours ».

En somme, cette inadéquation a engendré une sorte de désordre et de confusion dans bien de domaines dont celui de l’éducation qui avait été fortement atteint. Cela s’était traduit par une crise sociale et culturelle, une sociopathie entendue comme maladie de la socialité. (Gandoulou idem P.120.)

TAATA N’DWENGA

Des mots du midi ou  » Ntangu »

Posté : 23 août, 2013 @ 10:11 dans Non classé | Pas de commentaires »

 

Des mots du midi ou « Ntangu » et de la conscience sociale chez Theodulus Auguste Kounkou Kue

Sous le titre de « Ma TaLa Na ? Les dessous du chiffon (G-10-R1 », Theodulus Auguste Kounkou Kue signe sa troisième publication durant l’année 2013, après deux autres ouvrages « Nzenga (G-10-NON) », « Tsikulu retour aux sources pour l’interculturelharmonieux » publiés respectivement en 2010 et en 2012 (en autoédition).

Si pour l’auteur d’un ouvrage la plume est un support indispensable pour la diffusion de ce qu’il entend partager avec le lecteur, elle revêt une importance beaucoup plus considérable lorsqu’elle devient un outil de profonde réflexion et surtout de prise de conscience sociale et humaine.

Telle est la raison même de Theodulos Auguste Kounkou Kue ses remarquables publications qui tendent essentiellement à éveiller nos consciences sur le devenir de la société africaine en général et en particulier sur celle des populations de l’aire bantoue.

 Des mots du midi ou Dans ses publications, Theodulos Auguste kounkou Kue apparaît, à maintes reprises, comme un philosophe de l’absurde. En effet à travers ses écrits, il montre sans cesse les contradictions, les non sens de la société africaine des temps modernes qui se veut soi-disant libre, consciente, responsable et capable d’aimer comme le dirait le Vénéré pasteur Emile Cardinal Biayenda.

Eh oui ! Theodulos Auguste Kounkou Kue est, par exemple, effaré comme il le clame avec vigueur tout au long de son propos dans « Nzenga (G-10-NON) » et ce, par la décrépitude vertigineuse et le délabrement de vie dans lequel nous nous laissons entraîner, sans discernement et sans y opposer de résistance intelligente (P.19).

Dans « Nzenga (G-10-NON) », Theodulos Auguste kounkou Kue dessine :

  1. 1.une société congolaise donc au-delà une société africaine qui reste amorphe face à certaines absurdités qui auraient dû l’inciter a plus de dynamisme, d’intelligence, de sagesse et de courage. Des Congolais meurent de faim, la malnutrition gagne du terrain, la mal bouffe, le système D que le n’zenga institua des années durant sont autant de maux qui nuisent la société congolaise ou le continent africain sans que des voix officielles ou autorisées voire des organisations autochtones non gouvernementales s’en indignent.
  1. 2.Un monde corrompu par tant de maux qui minent l’espèce humaine. L’humanité n’étant ni noire ni blanche ni jaune ni rouge…ensemble nous avons le pouvoir de dire non à la manipulation. Non au dressage des groupes humains les uns contre les autres avec des idéologies rétrogrades….(P.59.)

Profondément muntuïste ou humaniste Auguste kounkou Kue puise une bonne partie de son énergie dans certains acquis de l’humanité qui sont ceux de ses ancêtres qu’il a dans son deuxième ouvrage judicieusement dénommé :

« Le Tsikulu retour aux sources pour l’interculturel harmonieux ».

En effet, le Tsikulu, c’est, d’après Théodulos Auguste kounkou Kue, l’ensemble des us et coutumes de nos ancêtres (Koongo) qui savaient lier la pratique écologique aux pratiques de survie en société. Leur sens patent de la croyance au sublime, ainsi que leur science pénétrante les aida à ponctuer les principaux évènements de la vie par des rites comme celui de passage de la puberté à l’âge adulte.(P.11).

Ainsi, pour construire un monde meilleur pour demain l’auteur proclame avec solennité les bienfaits de l’institution du Mboòngi qui regorge en son sein plusieurs recettes de l’éducation et de la formation de l’enfant. « Ga mboongi, mwana muleeke mbua », c’est-à-dire au milieu des adultes, le plus jeune doit se soumettre au service des anciens, nous rappelle Théodulos Auguste kounkou Kue. Pourquoi ?

Parce que, dans la conception africaine de la famille, et même dans la mentalité occidentale d’une certaine époque, l’enfant est une personne qui ne prendra sa place dans la société que dans la mesure où il aura fait ses preuves, lorsqu’il aura franchi des étapes qui accomplissent sa formation en tant qu’adulte en devenir.(P.20.)

C’est la socialisation même au plus haut point de l’enfant qui est réclamée par Théodulos Auguste kounkou Kue mais qui, toutefois n’est possible et effective que, si elle remplit deux conditions essentielles à savoir : l’éducation et la formation de l’enfant.

A travers « le Tsikulu retour aux sources pour l’interculturel harmonieux »Theodulos Auguste kounkou Kue apparaît comme un éducateur des lumières notamment des lumières éternelles par leur universalité qui, à ce titre restent à jamais gravées dans la mémoire sociale de l’humanité. La nature de la place de l’enfant en toute société est, observe-t-il, quasiment identique. La France des années quarante a bien fait travailler des mineurs de familles pauvres, dans les fermes, les usines, etc. Le traitement de l’enfant varie selon la situation économique et sociale des états. Cependant, nul ne devrait humainement cautionner l’exploitation des enfants à des fins économiques, comme le stipulent les dispositions 32 et 36 des droits de l’enfant.(P.22.).

C’est cette vision muntuïste de l’éducation qui fait de Théodulos Auguste kounkou Kue un « émilien », c’est-à-dire un patriote congolais dont l’idéal est parfaitement identique à celui du « Vénéré Pasteur », le bon cardinal Emile Biayenda.

D’ailleurs c’est dans cet état d’esprit que la quatrième de couverture du troisième et magnifique ouvrage de Théodulos Auguste kounkou Kue sanctifie, peut-on dire, la vision d’Emile cardinal Biayenda aux termes desquels il faut :

« Enfanter un homme conscient, libre, capable d’aimer, voilà l’œuvre de l’éducation que nous avons tous à réaliser ensemble. Famille, Etat, Eglise, dans le respect mutuel de nos droits et de nos devoirs dans la seule volonté de former des hommes ».

Dans « Ma TaLa Na ? Les dessous du chiffon (G-10-R1) », Theodulos Auguste kounkou Kue reste fidèle à ses idéaux en dénonçant les pratiques sociales qui pervertissent l’intégrité de l’espèce humaine, en l’occurrence l’usage exhibitionniste du vêtement, du chiffon du « taba dia ma mpolo ».

Il s’agit là, d’un véritable pamphlet, contre l’usage exhibitionniste du vêtement dans la société congolaise des temps modernes. Le vêtement devient un outil, à la fois, d’asservissement et de corruption sociale avec le phénomène de la sape, une source de déviation sociale voire de perdition du muùntu.

Ce n’est nullement l’usage du vêtement qui est remis en cause par l’auteur. Mais beaucoup la valeur qui lui est attribuée avec le phénomène de la sape ayant corrélativement un impact sur la raison d’être du muùntu et de son devenir.

Comme le relève à juste titre le préfacier de l’ouvrage « Ma TaLa Na ? Les dessous du chiffon (G-10-R1) », le Docteur Denis Samba dia Maloumba-Mpombo, l’habit «  ki nkuti », fétiche ou religion, qui a désormais d’une part ses rituels, ses grand – messes, ses magiciens, et d’autre part ses thuriféraires, ses ministres, ses prêtres, ses évêques, ses papes et au-delà, ses martyrs et ses saints, honore et encense ainsi des corps malades et parfois sans vie…Le vrai habit, c’est de se vêtir de son propre silence « ki kuti »…Si les objets que nous fabriquons, nous refabriquent en retour, tout en nous conférons une identité, gardons-en au moins la maîtrise. Ma TaLa Na nous emmène à Siloé (Jean 9, 1-7), afin que nous voyions ce qui vaut vraiment la peine d’être vu. Le voile est levé avec cet ouvrage, sur les phénomènes d’exhibitionnisme et de manipulation. A chacun d’en prendre de la graine !

A cela l’auteur ajoute lui-même avec perspicacité que : « La superficialité, l’obsession de montrer et de se montrer deviennent légion, au détriment de l’épanouissement de l’être intégral qui s’emmitoufle de chiffons, pour cacher sa propre nature… »En somme, à défaut de ne pas nous emmener à Siloé, Théodulos Kounkou Kue nous entraîne, à travers Ma TaLa Na et ses deux autres remarquables ouvrages dans les allées forestières du mont « KABA » de Mbaànza Koòngo au sommet duquel le muùntu est dans le « mu vwatu » en portant l’habit de la connaissance, de l’intelligence et de la sagesse ou « ki-nkuti kia muùntu » véritable source du devenir existentiel.

TAATA N’DWENGA

 

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