Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Archive pour juillet, 2013

Le prophète Simon Kimbangu et l’éminent Koongonologue belge le Père Joseph Van Wing

Posté : 15 juillet, 2013 @ 12:20 dans Non classé | Pas de commentaires »

Le père VAN WING est un missionnaire belge ayant, des années durant, vécu au milieu des Koòngo du Congo démocratique (presque un demi-siècle). Il est auteur des « Etudes Bakongo sociologie, magie et religion » publiées en 1959 aux éditions Désclée Brower. Un remarquable ouvrage qui lui confère la qualité d’un véritable koòngologue compte tenu de sa portée quelque peu encyclopédique.

Le prophète Simon Kimbangu et l’éminent Koongonologue belge le Père Joseph Van Wing kimbanguSon témoignage sur le prophète Taàta Simon KIMBANGU comporte d’innombrables informations sur la fondation même du mouvement kimbanguiste. Il est d’autant plus remarquable qu’il est, lui, missionnaire belge catholique qui, à ce titre n’est ni pour Taàta Simon KIMBANGU ni pour le mouvement qu’il crée.

A ce propos, le père VAN WING paraît, à la fois, un missionnaire et un observateur digne de foi puisque l’église et le pays dont il est originaire sont avec force contre Taàta Simon KIMBANGU. S’il est sans conteste du côté du colonisateur, l’auteur s’efforce toutefois à comprendre le colonisé en cherchant à percer les mystères de son univers conceptuel de l’existence.

Ici, force est de relever que, si les églises protestantes ont été libérales ayant directement ou inversement favorisé la prolifération des églises autochtones de contestation contre la domination du colonisateur belge sur leur sol, il en a été autrement pour l’église catholique.

A l’instar du capucin italien Bernardo Da Gallo, catholique ayant été le cerveau penseur ou l’instigateur acharné en complicité avec son confrère le père Laurent de Lucques dans la condamnation au bûcher de Yaàya KIMPA VITA le 2 juillet 1706, dans la localité d’Evuluvulu, une contrée environnante de Mbaànza Koòngo, l’église catholique de l’époque de Taàta Simon KIMBANGU a été aussi de beaucoup pour sa condamnation. Celle-ci est intervenue par décision en date du 12 septembre 1921 rendue par une juridiction d’exception, en l’espèce un Tribunal de guerre.

Le père VAN WING quoique catholique aura cependant un autre regard sur Taàta Simon KIMBANGU et son mouvement. C’est à ce titre que son témoignage paraît être, peut-on dire, du moins sur certains aspects dignes d’intértêt.

Voici quelques extraits de ce témoignage :

« C’est vers 1881 qu’il vint au monde à Nkamba…Son père était un nganga (féticheur) renommé dans la région, qui comme ses congénères, se livrait à des tremblements et des convulsions, quand il proférait les incantations rituelles que réclame la mise en action d’un nkisi (fétiche). Simon doit avoir été souvent témoin de ces manifestations impressionnantes qui sont sensées signifier que le sujet a été saisi par un esprit. Il a été élevé par une tante très dévouée. Il ne semble donc pas avoir connu sa mère.

 Du village paternel il passa à la mission de Ngombe Lutete. Quoique très intelligent et doué d’un remarquable talent oratoire, il n’accéda pas au grade de pasteur. Il évangélisa plusieurs villages à titre de catéchiste…

Dans la besogne monotone de catéchiste, Kibangu…alla faire l’expérience de la vie plus variée et plus libre des cercles Kinshasa et Matadi, où l’on entre en contact avec des hommes et des idées, qui y affluent de tous les coins de l’Afrique et même de l’Europe. Il est possible qu’il y ait entendu parler du mouvement prophétique d’Elie en Nigérie et de celui de Malachie en Uganda. Revenu dans son village en 1920, il avait alors atteint la pleine maturité.

Ce n’est que vingt sept ans plus tard, à Elisabethville, que j’ai pu faire sa connaissance. Après vingt six ans de captivité, il n’avait encore rien d’un vieillard décrépit. Malgré sa corpulence il se tenait encore bien droit et se mouvait avec aisance. Il avait gardé une excellente mémoire et ne laissait nullement échapper le fil des ses idées. D’une voix encore harmonieuse il parlait un kikongo très pur. D’un bout à l’autre notre conversation s’est déroulée dans l’affabilité et la courtoisie, et quand je m’apprêtai à prendre congé, il tint à me remercier de lui avoir fait cette visite et de lui avoir apporté des nouvelles de son pays.

…Nous avons…été amenés à rappeler le souvenir de son mouvement de 1921 et même des thèmes principaux dont il était constitué. Nous n’avons parlé toutefois que d’éléments qui étaient de notoriété publique, notamment de l’interdiction du fétichisme, de la polygamie et des danses de Ngoma (danses habituellement obscènes). Il ne cacha pas la satisfaction qu’il éprouvait à se rappeler ces points. Quand toutefois je fis allusion à l’interdiction pour ses adeptes d’aménager encore des champs de manioc, je le vis sourciller et se récrier vivement : « Ce n’est pas moi qui ai édicté cette défense ». Un peu plus tard il eut une réaction toute pareille, quand je fis mention de la défense faite aux Kibanguistes de payer l’impôt de capitation.

kimbangu1La spontanéité de ces protestations, sans constituer pour moi un argument décisif, m’a cependant sérieusement confirmé dans l’idée que Simon Kibangu avait bien à lui tout seul lancé le mouvement, mais que très tôt il avait eu des codirigeants, qu’il couvrait de son prestige.

…c’est en 1921 vers la fin du mois de mars que nous arrivaient à Kisantu les premiers échos du mouvement : «  A Nkamba, dans la Londe, un ngunza (prophète) prêchait des choses nouvelles de Nzambi (Dieu). Il faisait ses exhortations avec une grande force et tremblant de tous ses membres. C’est Nzambi qui lui avait ordonné de répandre la nouvelle doctrine et de guérir les malades. Le ngunza se nommait Simon Kibangu ». Nous apprenions que des foules se rendaient à Nkamba écouter le prophète et lui présenter leurs malades. Bientôt nous vîmes nous-mêmes le long des chemins des groupes de pèlerins, venus de l’intérieur de la région de Madimba et se rendant chez le prophète, jusqu’au mois d’août cette affluence alla en s’amplifiant. La Compagnie du chemin de fer Matadi-Léopoldville fut contrainte d’augmenter le nombre des voitures pour subvenir au transport des voyageurs. A partir du mois de mai, Nkamba hébergeait en permanence jusqu’à quatre mille pèlerins.

…Kibangu avait proclamé trois lois auxquelles il fallait se soumettre sans délai sous peine de sanctions célestes. La première imposait la destruction de tous les fétiches sans exception. Sans tarder, on obtempéra. Les uns jetèrent leurs fétiches dans les rivières, dans la brousse, d’autres les brûlèrent au village…Pour le trésor artistique Bakongo ce fut une perte irréparable. D’innombrables statuettes anciennes ont été irrémédiablement détruites, ainsi que de très nombreux petits tambours à tête humaine, dont les féticheurs faisaient usage dans leurs incantations.

Outre la destruction des fétiches, Kibangu ordonna également celle des tambours de danse appelés ngoma. Les danses soutenues par le rythme des ngoma constituaient alors la principale réjouissance à l’occasion des festivités organisées et même en d’autres circonstances de la vie ordinaire des villages. Danses « du ventre », elles sont toujours érotiques, très souvent lascives et même franchement obscènes. Elles sont l’occasion d’adultères et, par suite, de discordes et de divorces…

Simultanément, nouvelle épreuve de force, il promulgua l’interdiction de la polygamie. Si bon nombre de polygames obtempérèrent en renvoyant leurs femmes « supplémentaires », ils le firent sans réclamer la restitution de la dot et, par conséquent, sans rompre le lien juridique…

Telles furent donc les trois modifications d’envergure que le prophète osa introduire d’autorité dans la vie sociale de ses adeptes. Qu’il fut obéi dans des domaines où la sensibilité du peuple était le plus en jeu, démontre et l’ampleur de son prestige et la force dynamique du mouvement qu’il avait lancé.

Les missionnaires protestants non seulement ne mettaient aucun obstacle à la propagande kibangiste, mais allaient jusqu’à la seconder dans sa marche conquérante, ne voyant en elle qu’une sorte de « revival » semblable à ceux qu’ils avaient vus à l’œuvre au sein de leurs églises dans leur pays d’origine. A leurs yeux Kibangu était un inspiré qui ravivait et exaltait opportunément la foi de leurs adeptes. Ne s’appuyait-il pas sur la Bible, dont il avait toujours un exemplaire en main ? Et son comportement moral, que laissait-il à désirer ? De quel droit lui auraient-ils reproché d’expliquer la parole de Dieu à sa façon, puisque pour eux l’interprétation personnelle constituait la règle unique et le fondement de la foi ?…

Jusqu’à la fin du mois de mai, l’Administration pour sa part n’y voyait qu’une affaire de chapelles dans laquelle elle ne trouvait pas de raison d’intervenir. Dès les premiers jours de juin il apparut toutefois qu’il s’agissait de bien autre chose…

Au début de juin 1921, nous nous trouvions donc en face d’un messianisme organisé, préparé à cristalliser dans son sein la sensibilité religieuse de la population et à déchainer à son profit toutes les forces explosives du nationalisme… » (Le Père Van Wing in “ Zaïre revue congolaise congolees Tijdschrift Belgian African Review”  vol. XII -1958 P.566-576

En somme, le Nguùnza, Taàta Simon KIMBANGU est décrit par le père VAN WING comme un personnage très intelligent, doué d’un remarquable talent oratoire, se mouvant avec aisance en dépit de sa corpulence, ne laissant nullement échappé le fil de ses idées, ayant une voix harmonieuse et parlant un kikongo pur.

D’où certainement la signification profonde du nom qu’il porte lequel, est à rapprocher de KI-MBAÀNGULA (synonyme de KI-YINDULA), qui est une technique consistant en une maîtrise parfaite des tournures idiomatiques de la langue KOÒNGO et de son peuple.

Enfin, il était d’une moralité for exemplaire de sorte que sa conduite humaine et sociale était, dans une certaine mesure, la traduction de l’enseignement afro-chrétien qu’il véhiculait.

Telles sont, entre autres, les véritables caractéristiques d’un véritable Nguùnza lequel mot sur le plan de l’étymologie désigne le porte parole du verbe intelligible, le prophète, et qui, chez les Koòngo, reste un référent, un modèle voire un Nkuùlu.

C’est ainsi d’ailleurs que le message de Taàta Simon KIMBANGU, à l’instar de celui d’Emile Cardinal BIAYENDA reste encore d’actualité.

Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU (TAÀTA N’DWENGA)

L’Afrique d’après… La mondialisation à visage humain

Posté : 12 juillet, 2013 @ 10:52 dans Non classé | Pas de commentaires »

L’Afrique d’après… La mondialisation à visage humain  photo_1134_article_946

Le peuple imaginera l’Afrique d’après, dans les sources laissées par nos ancêtres déjà dans l’autre monde. Une lumière boréale jaillira pour sortir les esprits obscurs des lacis sinistres. Un monde nouveau apparaîtra à l’orée du soleil levant qui viendra souligner la paix immatérielle et la béatitude grandiose. La jeunesse enchantée méditera l’aube de cette ère prospère dans son sanctuaire intérieur.

L’humanité renaissante découvrira le visage rayonnant de la mère du monde. Le Nouvel Afrique au regard positif apparaîtra dans le berceau de l’humanité sous la protection des dieux de la nature et des âmes des aïeux éternels.
La terre entière engendrera les valeurs universelles constructives. Ces flambeaux éclairant les frontières unies guideront les peuples du monde et les dirigeants pétris de sagesse et d’amour dans le champ immense labouré et cultivé par l’intelligence supérieure. L’humanisme intégral africain né des sources des âmes nouvelles changera le cours de l’histoire du monde. La mondialisation à visage humain deviendra la nouvelle donne stratégique sur laquelle s’accorderont et s’inspireront tous les modèles et politiques économiques des États du monde rassemblés.

L’humanisme intégral africain

L’Afrique porteuse de lumière diffusera les vertus humaines magnifiées. L’homme placé au centre du monde deviendra l’alpha et l’oméga. Il renaîtra pour devenir soi-même et s’élèvera pour atteindre le summum de la sagesse et de la vérité. Dans son champ intérieur, il cultivera l’amour pour être et s’unir à la lumière originelle. L’humilité, la douceur, la simplicité jailliront dans ses pensées et gouverneront ses actes. Avec ces sublimes préceptes et forces acquises, il sera en symbiose avec l’intelligence universelle et s’adonnera au service de ses missions miséricordieuses et salvatrices.
Une philanthropie humanitaire guidera l’homme africain dans l’ère de l’Afrique d’après où son esprit sorti des sentiers obscurs contempleront les rimes des deltas sacrés et étendront les verbes des aïeux qui le conduiront au pinacle de la réussite et de la gloire. L’Africain imprégné d’amour, de générosité, de bienveillance, de justice, de bonté, de tolérance et de compassion s’élèvera au sublime rang de l’humaniste pur et originel. Ces socles sur lesquels se fonde et se forge l’humanisme intégral africain. Ces valeurs supérieures et mondiales qui donnent à une âme noble la grandeur et l’immanence de donner et de partager avec l’autre. Cet amour de l’autre qui l’anoblit et le hisse à construire le monde Un. Avec l’élan de solidarité, de charité et de fraternité qui l’habite dans l’optique d’accomplir un dessein sociétal et mondial commun.
Dans l’Afrique d’après, l’Homme africain sera au cœur de l’amour universel et deviendra le porte-étendard de cette valeur unissant et rassemblant les peuples vers une pyramide commune. Ce village intégral où chacun selon ses moyens contribuera au bien-être de tous. L’humanisme global africain deviendra la rime parfaite de tous les vers des États unis dans un poème d’amour du monde. Cette valeur planétaire qui structure et modèle la grande famille dite le mondialisme à visage social, humain et fraternel.

La mondialisation à visage humain

Dans le monde à venir, l’Afrique solaire distillera ses rayons d’amour inconditionnel. Elle bâtira la grande tour des peuples unis. Un marché commun unira les états neufs nimbés par la force et l’énergie serpentine de l’échange et de la redistribution fondés sur l’inégalité effacée. L’unification et la non-fragmentation de l’économie mondiale seront la pierre angulaire de l’édifice des peuples animés par l’intérêt général. L’équité et la justice jadis relégués au second plan deviendront les règles de fonctionnement du marché devenu libre, équilibré et harmonieux. La concurrence pure et parfaite inspirée par l’injonction des vertus de probité et de loyauté gouvernera cette architecture mondiale de commerce équitable.
L’Étatisme constructif l’emportera sur l’individualisme négatif. La dictature de l’économie sera piétinée par la primauté du social. Le marché roi sous la houlette des normes égotiques et protectionnistes disparaitra de la scène mondiale. Les états égaux et libres s’uniront dans le but d’un monde Un. Les valeurs humaines dicteront les commandes du marché permissif, coordonné et pacifié. Et le transfert et les échanges internationaux des biens, de la main-d’œuvre et de connaissances. De plus, elles orienteront la diffusion mondiale des informations et influenceront l’expansion, l’articulation harmonieuse et non conflictuelle, à l’échelle planétaire, des échanges, des liens d’interdépendance et des situations qui en résultent entre pays, activités humaines et systèmes politiques et sociaux.
C’est la globalisation propice aux pays du monde. Cette mondialisation à visage humain fondée sur les principes de vérité, de justice, d’amour, de fraternité, de non-violence et de paix. Ces valeurs fondatrices d’une humanité joyeuse et respectueuse de la dignité et des Droits de l’homme. Des droits et obligations au service de l’homme dans l’égalité profonde et le bonheur de tous. La patrie du monde unifié et ses peuples qui peuplent ce paysage familier du village global.

Par Yves Makodia Mantséka

Lire in magazine LENOUVELAFRIQUE numéro 56 mai/juin 2013

Des mots du midi ou « Ntangu » et de la conscience sociale chez Theodulos Auguste Kounkou Kue

Posté : 12 juillet, 2013 @ 10:49 dans Non classé | Pas de commentaires »

Des mots du midi ou « Ntangu » et de la conscience sociale chez Theodulos Auguste Kounkou Kue
Sous le titre de « Ma TaLa Na ? Les dessous du chiffon (G-10-R1 », Theodulos Auguste KOUNKOU KUE signe sa troisième publication durant l’année 2013, après deux autres ouvrages « Nzenga (G-10-NON) », « Tsikulu retour aux sources pour l’interculturel harmonieux » publiés respectivement en 2010 et en 2012 (en autoédition).

Si pour l’auteur d’un ouvrage la plume est un support indispensable pour la diffusion de ce qu’il entend partager avec le lecteur, elle revêt une importance beaucoup plus considérable lorsqu’elle devient un outil de profonde réflexion et surtout de prise de conscience sociale et humaine.

Telle est la raison même de Theodulos Auguste KOUNKOU KUE dans ses remarquables publications qui tendent essentiellement à éveiller nos consciences sur le devenir de la société africaine en général et en particulier sur celle des populations de l’aire bantoue.

Dans ses publications, Theodulos Auguste KOUNKOU KUE apparaît, à maintes reprises, comme un philosophe de l’absurde. En effet à travers ses écrits, il montre sans cesse les contradictions, les non sens de la société africaine des temps modernes qui se veut soi-disant libre, consciente, responsable et capable d’aimer comme le dirait le Vénéré pasteur Emile Cardinal BIAYENDA.

Eh oui ! Theodulos Auguste KOUNKOU KUE est, par exemple, effaré comme il le clame avec vigueur tout au long de son propos dans « Nzenga (G-10-NON) » et ce, par la décrépitude vertigineuse et le délabrement de vie dans lequel nous nous laissons entraîner, sans discernement et sans y opposer de résistance intelligente (P.19).

Dans « Nzenga (G-10-NON) », Theodulos Auguste KOUNKOU KUE dessine :

1. une société congolaise donc au-delà une société africaine qui reste amorphe face à certaines absurdités qui auraient dû l’inciter a plus de dynamisme, d’intelligence, de sagesse et de courage. Des Congolais meurent de faim, la malnutrition gagne du terrain, la mal bouffe, le système D que le n’zenga institua des années durant sont autant de maux qui nuisent la société congolaise ou le continent africain sans que des voix officielles ou autorisées voire des organisations autochtones non gouvernementales s’en indignent.

2. Un monde corrompu par tant de maux qui minent l’espèce humaine. L’humanité n’étant ni noire ni blanche ni jaune ni rouge…ensemble nous avons le pouvoir de dire non à la manipulation. Non au dressage des groupes humains les uns contre les autres avec des idéologies rétrogrades….(P.59.)

Profondément muntuïste ou humaniste Auguste KOUNKOU KUE puise une bonne partie de son énergie dans certains acquis de l’humanité qui sont ceux de ses ancêtres qu’il a dans son deuxième ouvrage judicieusement dénommé :

« Le Tsikulu retour aux sources pour l’interculturel harmonieux ».

En effet, le Tsikulu, c’est, d’après Théodulos Auguste KOUNKOU KUE, l’ensemble des us et coutumes de nos ancêtres (Koongo) qui savaient lier la pratique écologique aux pratiques de survie en société. Leur sens patent de la croyance au sublime, ainsi que leur science pénétrante les aida à ponctuer les principaux évènements de la vie par des rites comme celui de passage de la puberté à l’âge adulte.(P.11).
Ainsi, pour construire un monde meilleur pour demain l’auteur proclame avec solennité les bienfaits de l’institution du Mboòngi qui regorge en son sein plusieurs recettes de l’éducation et de la formation de l’enfant. « Ga mboongi, mwana muleeke mbua », c’est-à-dire au milieu des adultes, le plus jeune doit se soumettre au service des anciens, nous rappelle Théodulos Auguste KOUNKOU. Pourquoi ?
Parce que, dans la conception africaine de la famille, et même dans la mentalité occidentale d’une certaine époque, l’enfant est une personne qui ne prendra sa place dans la société que dans la mesure où il aura fait ses preuves, lorsqu’il aura franchi des étapes qui accomplissent sa formation en tant qu’adulte en devenir.(P.20.)

C’est la socialisation même au plus haut point de l’enfant qui est réclamée par Théodulos Auguste KOUNKOU KUE mais qui, toutefois n’est possible et effective que, si elle remplit deux conditions essentielles à savoir : l’éducation et la formation de l’enfant.

A travers « le Tsikulu retour aux sources pour l’interculturel harmonieux »Theodulos Auguste KOUNKOU KUE apparaît comme un éducateur des lumières notamment des lumières éternelles par leur universalité qui, à ce titre restent à jamais gravées dans la mémoire sociale de l’humanité. La nature de la place de l’enfant en toute société est, observe-t-il, quasiment identique. La France des années quarante a bien fait travailler des mineurs de familles pauvres, dans les fermes, les usines, etc. Le traitement de l’enfant varie selon la situation économique et sociale des états. Cependant, nul ne devrait humainement cautionner l’exploitation des enfants à des fins économiques, comme le stipulent les dispositions 32 et 36 des droits de l’enfant.(P.22.).

C’est cette vision muntuïste de l’éducation qui fait de Théodulos Auguste KOUNKOU KUE un « émilien », c’est-à-dire un patriote congolais dont l’idéal est parfaitement identique à celui du « Vénéré Pasteur », le bon cardinal Emile BIAYENDA.

D’ailleurs c’est dans cet état d’esprit que la quatrième de couverture du troisième et magnifique ouvrage de Théodulos Auguste KOUNKOU KUE sanctifie, peut-on dire, la vision d’Emile cardinal BIAYENDA aux termes desquels il faut :

« Enfanter un homme conscient, libre, capable d’aimer, voilà l’œuvre de l’éducation que nous avons tous à réaliser ensemble. Famille, Etat, Eglise, dans le respect mutuel de nos droits et de nos devoirs dans la seule volonté de former des hommes ».

Dans « Ma TaLa Na ? Les dessous du chiffon (G-10-R1) », Theodulos Auguste KOUNKOU KUE reste fidèle à ses idéaux en dénonçant les pratiques sociales qui pervertissent l’intégrité de l’espèce humaine, en l’occurrence l’usage exhibitionniste du vêtement, du chiffon du « taba dia ma mpolo ».

Il s’agit là, d’un véritable pamphlet, contre l’usage exhibitionniste du vêtement dans la société congolaise des temps modernes. Le vêtement devient un outil, à la fois, d’asservissement et de corruption sociale avec le phénomène de la sape, une source de déviation sociale voire de perdition du muùntu.

Ce n’est nullement l’usage du vêtement qui est remis en cause par l’auteur. Mais beaucoup la valeur qui lui est attribuée avec le phénomène de la sape ayant corrélativement un impact sur la raison d’être du muùntu et de son devenir.

Comme le relève à juste titre le préfacier de l’ouvrage « Ma TaLa Na ? Les dessous du chiffon (G-10-R1) », le Docteur Denis SAMBA dia Maloumba-Mpombo, l’habit « ki nkuti », fétiche ou religion, qui a désormais d’une part ses rituels, ses grand – messes, ses magiciens, et d’autre part ses thuriféraires, ses ministres, ses prêtres, ses évêques, ses papes et au-delà, ses martyrs et ses saints, honore et encense ainsi des corps malades et parfois sans vie…Le vrai habit, c’est de se vêtir de son propre silence « ki kuti »…Si les objets que nous fabriquons, nous refabriquent en retour, tout en nous conférons une identité, gardons-en au moins la maîtrise. Ma TaLa Na nous emmène à Siloé (Jean 9, 1-7), afin que nous voyions ce qui vaut vraiment la peine d’être vu. Le voile est levé avec cet ouvrage, sur les phénomènes d’exhibitionnisme et de manipulation. A chacun d’en prendre de la graine !

A cela l’auteur ajoute lui-même avec perspicacité que : « La superficialité, l’obsession de montrer et de se montrer deviennent légion, au détriment de l’épanouissement de l’être intégral qui s’emmitoufle de chiffons, pour cacher sa propre nature… »

En somme, à défaut de ne pas nous emmener à Siloé, Théodulos KOUNKOU KUE nous entraîne, à travers Ma TaLa Na et ses deux autres remarquables ouvrages dans les allées forestières du mont « KABA » de Mbaànza Koòngo au sommet duquel le muùntu est dans le « mu vwatu » en portant l’habit de la connaissance, de l’intelligence et de la sagesse ou « ki-nkuti kia muùntu » véritable source du devenir existentiel.

TAATA N’DWENGA

Contact : 06.35.44.48.40 ou theodulos@hotmail.fr

 

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