Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Archive pour mars, 2013

De la définition du principe de ma-yela, d’après l’ordre philosophique de l’intelligence chez les Koôngo

Posté : 9 mars, 2013 @ 10:09 dans Non classé | Pas de commentaires »


Dire d’une personne qu’elle est intelligente, c’est lui reconnaître explicitement la faculté de comprendre facilement et d’agir avec discernement. L’intelligence est ainsi définie comme étant l’aptitude d’une personne à comprendre et à découvrir des relations entre les faits et les choses.

Quoiqu’universelle, cette définition de l’intelligence relève de la culture occidentale, plus exactement de la culture, peut-on dire, gréco-romaine.

Dérivé du latin intelligere « faculté de comprendre », le mot intelligence décrit, somme toute, un ensemble de facultés mentales permettant de comprendre les choses et les faits, de découvrir les relations entre eux et d’aboutir à la connaissance conceptuelle et rationnelle (par opposition à la sensation et à l’intuition).

 De la définition du principe de ma-yela, d’après l’ordre philosophique de l’intelligence chez les Koôngo kongosagesseChez les Bantous, en l’occurrence chez les Koòngo, c’est le mot mayela que l’on emploie pour parler de l’intelligence. Ainsi, le muùntu we na mayela, est cette personne qui, chez les Koòngo, jouit de la capacité de comprendre et d’analyser les faits qui lui sont soumis pour en découvrir si possible une corrélation.

Ici, l’analyse tant étymologique que sémantique du mot Mayela est fort évocatrice car elle permet de relativiser la notion de l’intelligence telle qu’elle est définie dans la culture gréco-romaine.

A dire vrai, le mot mayela comporte le vocable de yela auquel on associe le préfixe de ma.

En langue Koòngo, yela signifie croître, mûrir, germer, grandir et le préfixe de ma en l’espèce exprime le pluriel. Muùntu wu mayela ma mingi menandi, dira-t-on en Koòngo, c’est-à-dire cette personne est vraiment intelligente au sens où elle est détentrice de plusieurs aptitudes intelligibles.

Ceci dit, ma-yela, contrairement à la définition habituelle qui lui est conférée, ne fait guère allusion, de façon singulière, à une seule et unique intelligence mais beaucoup plus à plusieurs intelligences de l’être dans sa façon de faire, de répondre et d’être face à tous les problèmes de l’existence.

Ainsi, est intelligente, chez les Koòngo, toute personne qui, a non seulement la faculté de comprendre en analysant les faits et de pouvoir en découvrir une relation, mais également celle qui est pourvue de plusieurs aptitudes reconnues comme étant intelligibles.

D’où la signification littérale du mot ma-yela. lequel mot en réalité, traduit la possession de plusieurs intelligences et donc à ce titre le fait d’être détenteur de plusieurs aptitudes intelligibles.

Autrement dit, le muùntu we na mayela fait allusion à la personne qui est dotée de plusieurs intelligences, c’est-à-dire de plusieurs aptitudes qui lui permettent non seulement de comprendre les faits et d’être en mesure de les analyser mais également de disposer par ailleurs de celles qui, inexorablement, le mettent en phase d’adaptation face à différentes situations données.

Sa capacité d’appréhender les faits, objet, d’analyse, de façon subtile, peut lui conférer, la qualité d’un ngaàngula, c’est-à-dire de cette personne qui, par sa façon de faire ou d’être fait preuve de beaucoup d’ingéniosité ou ngaàngu. Il devient, somme toute, un forgeron ou ngaàngula.

Telle est d’ailleurs la qualité première du roi Ntotela, le roi du Koòngo, le ngaàngula, le maître-initié qui, par sa finesse d’esprit, sa perspicacité ou son intelligence dispose de nombreuses aptitudes pour unir et rassembler ses sujets, en contribuant, entre autres à leur épanouissement existentiel.

Le roi du Koòngo est, par définition intelligent puisqu’il est, analogiquement perçu comme étant la rivière parlante, c’est-à-dire (nto) (ya tela).

Détenteur de plusieurs intelligences, mayela ma mingi, le Nto-tela jouit, en principe, de la capacité d’unir, de rassembler, de sécuriser, de perpétuer, de cultiver etc. C’est-à ce titre même qu’il est le maître de l’arc-en-ciel, c’est-à-dire de koòngolo, le domaine ou l’univers (nza) des lumières. Du verbe koònga qui veut dire chercher, rechercher, se mettre en quête de, explorer, cueillir, récolter, moissonner, rassembler, tranquilliser.

Celui qui est porteur de ngaàngu qui fait donc preuve d’ingéniosité peut être aussi un ngaànga, c’est-à-dire, un expert dans un domaine nommément désigné. Tel est le cas du ngaànga buka, le médecin ou du ngaànga ngoòmbo, le détecteur de mensonges ou l’enquêteur des crimes d’empoisonnement ou de sorcellerie.

Mwaàna (enfant) we na mayela est appelé à devenir un muù-ntu, c’est-à-dire cet être qui est ou et doit être intégralement intelligible, l’être complet, peut-on dire, du fait de ses multiples facultés, de nature à le mettre par conséquent en situation ou en phase de comprendre, de savoir faire et de savoir être. Il est, entres autres, mwaàna we na bu-yelele, cet être ou enfant qui, peut-on dire, est constamment en quête du savoir et de l’intelligence, quelle que soit, la situation à laquelle, il est confronté.

Ici, le bu-yelele extension de yela est, dans une certaine mesure, le processus d’humanisation et de socialisation de l’être dans l’univers de l’intelligence. C’est le processus même de son mûrissement ou de son développement « psycho-intelligible ». Le courage, la volonté, le sens de l’écoute, l’esprit d’initiative et d’entreprise sont autant de caractéristiques de mwaàna we na bu-yelele ou de mwaàna we na mayela.

Le muùntu we na ma-yela, chez les Koòngo, c’est-à-dire l’être intelligible ne peut véritablement l’être que s’il fait l’objet d’une invitation ou d’une introduction sociale dans le Ntu, qui est l’univers même de l’intelligence voire de la sagesse qui diffère, quelque peu, à ce titre, de l’univers de la connaissance ou du savoir, c’est-à-dire, celui de Nzaàbulu.

Ici, Nzaàbulu est un dérivé de Zaàba qui est un extrait verbal du mot Nzaàmba. Il décrit le fait de connaître ou celui de savoir en s’inscrivant dans le Nzaàmba, le domaine infini de NzaàMbi MpuNgu ou Dieu lui-même.

C’est ainsi que, chez les Koòngo, la connaissance peut parfaitement être dissociée de l’intelligence dont peut être dotée une personne. Cependant, elle s’acquiert par le jeu de l’intelligence dans le Nzaàmba, le domaine de NzaàMbi MpuNgu, l’être suprême qui, à ce titre est le détenteur même de la connaissance absolue.

Cependant, l’introduction de l’être dans le Nzaàmba, l’univers de la connaissance s’exprime par le Ntu, le récipient ou ndoònga, c’est-à-dire, le canal d’expression et de dynamisation du savoir et de la connaissance et ce, par le biais de la réflexion ou Baànza.

Ainsi l’intelligible naît de Ntu par une dynamisation chez l’être des savoirs et connaissances de Nzaàmba. Il est, de facto, une conséquence de la manifestation ou déclenchement du processus de la réflexion ou Baànza.

Ici, force est de relever que, le Ntu est bien plus que l’expression de l’intelligible. Il doit, par essence être ou et faire naître l’humanité, c’est-à-dire, le Ki-muùntu.

Autrement dit, chez les Koòngo, muùntu we na ma-yela n’est pas que cette personne qui dispose des facultés lui permettant de comprendre les choses et les faits… mais en plus de cela, il faut que celles-ci, in fine, aboutissent à promouvoir obligatoirement en lui le ki-muùntu, l’humanité.

C’est comme si, chez les Koòngo, sans humanité l’intelligence ne vaut ou n’est que aptitude ou faculté sans intérêt.

C’est l’avènement de l’être intelligible ou muùntu, selon la tradition Koòngo, qui est ou et doit être même au cœur de la notion d’intelligence.

En somme, le muùntu est, par définition, l’être intelligible ou intelligent par ce qu’il porte en lui le Ntu, c’est-à-dire, l’intelligibilité de tous les principes qui régissent tant sa nature, sa condition que les rapports sociaux qu’il noue ou tisse avec son semblable.

Tel est, par exemple, le sens philosophique du dicton Koòngo d’après lequel, le respect et le rayonnement de la couronne dépendent intimement de la personnalité et de la sagesse de l’être qui en est investi. Ce qui donne en Koòngo  « Ntu buzitu, Mpu Buzitu ! ».

MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU (Alias TAÀTA N’DWENGA)

 

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