Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Archive pour janvier, 2013

Kimpa Vita et le Mouvement national de la Résistance

Posté : 8 janvier, 2013 @ 1:02 dans Non classé | Pas de commentaires »

Kimpa Vita et le Mouvement national de la Résistance de « Mwinda Wa Koongo » ou de « Ntangu Yi fweni »

La guerre d’Ambwila de 1665 marque un tournant dans l’histoire du pays du roi, le Koongo dya Ntotela, c’est-à-dire l’ancien royaume du Congo. C’est à partir de cette période que le Kongo, du fait de la perte de sa noblesse et de sa caste dirigeante ayant corrélativement eu un impact sur l’autorité étatique, connaîtra une gouvernance quelque peu anarchique.

Le Koongo devient, en quelque sorte,  » un espace géographique habité par des populations inorganisées ».

Kimpa Vita et le Mouvement national de la Résistance kimpavita2Une des conséquences majeures de ce déclin est que le royaume passe de six provinces au XVIIème à vingt-deux au milieu du XVIIIème siècle.

L’unité du royaume étant brisée, c’est la diversité dorénavant des prétendants chefs ou rois qui semblera s’imposer et dont le corps électoral sera constitué par les habitants de leurs villages voire des membres de leurs clans.

Dans ce contexte aussi difficile de la vie politico-sociale du Koongo, une lueur d’espoir va naître toutefois avec les prophéties d’une vieille dame, la nommée  » MAMA MAFUTA « . En effet  » MAMA MAFUTA » ou APPOLONIA FOUMARIA de son nom de baptême est, peut-on dire la conscience même de « mwinda wa kongo », celle de restauration et d’édification de la conscience de libération de l’être ou du Muuntu.

 » MAMA MAFUTA  » est, de facto, une « porte-parole » de « mwinda wa kongo », c’est-à-dire, de cette conscience congolaise de libération de l’être et d’information sur le devenir socio-politique de son pays qu’il convient d’édifier perpétuellement et raisonnablement.

C’est dire que  » MAMA MAFUTA  » est, dans une certaine mesure, une expression d’édification perpétuelle du corps social et de la personne humaine, par le discours de libération qu’elle tient, ici et là, dans les localités centrales de Koongo Dya Ntotela.

A son sujet, les chroniqueurs témoins de l’œuvre de  » MAMA MAFUTA  » rapportent qu’elle opère des guérisons miraculeuses. Prophétesse, entre autres, elle combat les fétiches et les autres pratiques magiques.

Beaucoup de gens accouraient vers elle, écrit Martial SINDA et même la reine avait foi en ses prophéties lorsque MAFUTA proclamait que le mont Kibangou serait anéanti par le feu si les Congolais persistaient dans leur refus d’embrasser le message de la libération. Les missionnaires cherchèrent à l’arrêter, mais le roi et la reine, qui croyaient beaucoup en ses prophéties, continuèrent à la protéger contre l’inquisition.

Annonciatrice de KIMPA VITA,  » MAMA MAFUTA  » invitera très vivement le peuple Koongo à être sur son chemin puisqu’elle réunissait en elle toutes ces qualités requises pour porter le flambeau de « mwinda wa kongo« , c’est-à-dire, celui de la flamme de restauration et d’édification de la conscience nationale du développement et de l’épanouissement existentiel du Muuntu’a koongo.

Âgée d’à peine 22 ans KIMPA VITA ou DONA BEATRICE de son nom de baptême fut, avec la complicité des missionnaires capucins, brûlée vive comme Jeanne d’Arc la lorraine à Mbanza Evuluvulu le 2 juillet 1702.

Sur tous les plans, l’œuvre de KIMPA VITA s’avère être spectaculaire. En dépit des contraintes qu’elle rencontre sur son chemin venant de ses adversaires, les missionnaires capucins, son œuvre obtient l’adhésion d’un grand nombre de ses compatriotes.

Ayant conquis le roi et la reine à son parti, elle fit propager dans le pays, écrit Martial SINDA, la nouvelle religion qu’elle venait de fonder avec le concours de Saint Antoine…Comme Saint Antoine, Dona Béatrice commença à opérer les miracles. A San Salvador où elle prêche par ailleurs, Dona Béatrice est vénérée par les notables du royaumes. Des malades guérissent.

kimpavitaDans le même ordre d’idées, Georges BALANDIER souligne que  » cette ascension rapide s’explique par la certitude largement partagée, que le Dieu chrétien répond enfin à la longue attente angoissée des gens de Kongo. Dona Béatrice est son envoyée ; elle participe à sa puissance ; elle commande à la nature…elle permet aux Ba-Kongo d’avoir  » leurs saints » c’est-à-dire, les interprètes d’un christianisme remodelé et africanisé. Elle annonce des temps nouveaux. »

En d’autres termes, l’action de Kimpa Vita est, peut-on dire, celle de  » mwinda wa kongo « , c’est -à-dire, celui du refus d’une négation des valeurs sociales, morales, politiques et religieuses qui définissent une nation ou un peuple et, dans le cas d’espèce, celles ayant grandement, par le passé, contribué au développement de Koongo.

Dans cette optique, les adversités, les obstacles rencontrés dans le cadre d’une lutte de libération ne sont nullement perçus comme une cause d’abandon. Bien au contraire, ils deviennent une source de stimulation pour aller de l’avant et, de ce fait, une occasion précieuse d’une prise de conscience de ce, à quoi on aspire et du sens véritable de ce qu’on est ou de ce qu’on représente.

En somme,  » mwinda wa kongo  » est, à la fois, un éveil spirituel et ou une prise de conscience des maux de tous genres qui minent la raison même de l’être ou du Muuntu. Il s’agit globalement des maux qui nuisent à son épanouissement voire à son bien-être et qui, par tous moyens doivent être combattus. C’est l’expression même d’une conscience humaine, sociale, politique et spirituelle qui, par le passé s’est exprimée dans la société Koongo, à travers ses filles et fils que sont :

KASOLA, MAFUTA, NDONA KIMPA VITA, BUETA MBONGO, KIMBANGU, MPADI, MATSUA ETC.

Bonne et heureuse année au journal des démocrates Congolais « Mwinda » et que l’année nouvelle 2013 lui soit agréable et qu’elle lui apparaisse comme étant celle de l’espérance voire du maintien même de sa raison d’être.

Alors vive Mwinda !

TAATA N’DWENGA

Indépendance du Congo: Fulbert Youlou et la place de Dieu et de la religion dans la nation

Posté : 4 janvier, 2013 @ 8:29 dans Non classé | Pas de commentaires »

Indépendance du Congo: Fulbert Youlou et la place de Dieu et de la religion dans la nation
La place de Dieu et de la religion dans le concert des nations africaines dites indépendantes d’après la vision de l’abbé Fulbert Youlou.

L’abbé Fulbert YOULOU est un des rares hommes politiques africains dont la vision était quelque peu apocalyptique. De confession chrétienne mais toutefois traditionnaliste et fort attaché aux principes et usages de l’Afrique précoloniale, l’abbé Fulbert YOULOU, clamera sans cesse sa foi en Dieu et son sentiment anti-communiste. Anti-communiste et je le serai toute ma vie répétait-il le plus souvent. Il ne croyait nullement aux mouvements dits révolutionnaires qu’il qualifiait de trop violents pour l’Afrique avec leur incapacité à pouvoir transformer en bien la vie des citoyens Congolais ou Africains.

D’après l’analyse politique de l’abbé Fulbert YOULOU, le socialisme africain ne pouvait réussir nulle part, car il ne correspond pas à la nature africaine. Chercher à vouloir résoudre les problèmes africains en fonction des concepts occidentaux socialo-communistes était selon le père-abbé, l’expression même d’une pensée humaniste, généreuse et naïve oubliant par exemple qu’au Kasaï (Congo démocratique) le paysan est encore comme l’homme des premiers âges et que pour lui, la récolte du manioc a plus d’importance que « l’aliénation sociale » chère à MARX ou le socialisme scientifique cher à K’KRUMAH (Abbé Fulbert YOULOU in « J’accuse la Chine » aux éditions la table ronde 1966 P.36.)

L’abbé Fulbert YOULOU sera cependant favorable à une franche collaboration basée sur des principes de justice sociale et d’équité entre l’Occident chrétien et l’Afrique noire nouvellement indépendante. Cette Afrique noire désireuse ou soucieuse de vouloir affirmer sa vocation, sa culture, ses coutumes et sa fécondité d’invention (Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu in « Plaidoirie pour l’abbé Fulbert YOULOU » aux éditions l’Harmattan 2009 P.34.).

Discours du 24 novembre 1959 qui conduit le Congo à l’indépendance
Sur la question d’indépendance du Congo-Brazzaville, l’abbé Louis BADILA, tout comme l’abbé Fulbert YOULOU y posera judicieusement des limites en déclarant solennellement que : « Mais la souveraineté internationale à laquelle va accéder sous peu notre Congo, si elle est un droit réel, n’est cependant pas un droit absolu, et partant, ne doit donner lieu aux abus et excès. Le principe des nationalités est limité par le bien commun de la collectivité et de l’humanité toute entière. Le système du droit des nationalités formulé d’une manière absolue risque d’aboutir à de tristes conséquences. Les Etats comme les individus sont soumis à la même loi de charité contenue dans l’Evangile. Et c’est ici que se fonde l’intervention de l’Eglise en matière politique, non pas en des questions techniques pour lesquelles elle n’a ni mission ni compétence, mais celles qui engagent la foi et les mœurs. Le devoir de l’Eglise est d’interpréter les droits de Dieu et de veiller à leur sauvegarde en toute activité soit d’ordre politique, social, économique ou religieux. Je m’explique : l’Eglise n’a pas à minimiser l’autonomie et les droits de l’Etat, société parfaite en son ordre, mais bien à assurer la finalité dernière, à savoir le service de la personne humaine créée pour une destinée précise : la gloire de Dieu. » (Abbé Adolphe TSIAKAKA in « L’Abbé Fulbert YOULOU  la mémoire oubliée du Congo-Brazzaville Auteur autoédité 2009 P.109.).

En tout état de cause pour le youlisme : « La distinction entre l’Eglise, société spirituelle, et l’Etat, société temporelle, et la liaison nécessaire qui doit exister entre ces deux ordres, est bien énoncée par le célèbre : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César ». Les conséquences sont donc les suivantes : autonomie de l’Etat dans son ordre, mais autonomie limitée par les droits de Dieu et de l’homme, neutralité de l’Eglise dans les questions de partis ou de régimes, interdiction d’inféoder l’Eglise à une nation. » (Abbé Adolphe TSIAKAKA ibidem).

C’est ni plus ni moins une affirmation du principe même de laïcité qui, en l’espèce est finement et habilement énoncé par le youlisme en prônant à la fois la séparation de l’Eglise et de l’Etat tout en définissant les prérogatives de chacun des deux ordres qui, au final doivent concourir à la promotion du bien-être des citoyens.

Si donc l’Eglise intervient, c’est, d’après le youlisme, pour rendre meilleurs et plus heureux les hommes, pour tourner vers Dieu et les aider à réaliser leur destinée. L’Eglise intervient, conclut-il, pour rappeler les droits et les devoirs des individus et des collectivités. (Abbé Adolphe TSIAKAKA ibidem).

Cependant le principe de laïcité tel qu’il est défini par l’abbé Fulbert YOULOU répond dans une certaine mesure aux croyances de l’Homme africain qui est naturellement croyant et fort attaché à ses coutumes et terres de ses ancêtres.

Aussi, selon le youlisme, « On ne saurait éliminer de la vie politique et sociale la religion sans glisser à l’anarchie. Mon cœur de prêtre de Congolais ne saurait supporter de voir le laïcisme s’installer dans notre Congo. Le laïcisme, c’est la négation d’un Dieu Maître du monde. Supprimer ? Mais alors sur quelle réalité allez-vous asseoir la notion de droit, de justice et de liberté. S’il n’y a pas d’Absolu ? Comment admettre un absolu dans l’homme. Il est donc du devoir de notre Etat de reconnaître sur lui la souveraineté absolue de Dieu, car : « Qui s’appuie sur Yahvé ressemble au Mont Sion : Rien ne l’ébranle, il est stable pour toujours». (Ps. 121, 1) (Abbé Adolphe TSIAKAKA P.110.).

Quoique l’argumentation soit chrétienne, n’empêche qu’elle est en parfaite harmonie avec la philosophie des populations Bantoues qui reconnaît en son sein l’existence d’un Dieu dénommé NZAMBI MPUNGU, qui, théologiquement parlant est défini comme étant l’AUTORITE SUPRÊME ou LA CONNAISSANCE ABSOLUE. Cette CONNAISSANCE ABSOLUE à laquelle le Muuntu se tourne pour sa raison d’être et celle de son semblable à l’effet d’un mieux vivre ensemble. Celui-ci n’étant possible que par la reconnaissance tant de l’Etat que de l’Eglise des droits de Dieu et de l’Homme pour son développement INTEGRAL.

C’est dire que sans aucune reconnaissance des droits de l’Homme et du Citoyen aucune organisation étatique, aussi légale soit-elle, ne peut recourir naturellement à la légitimité populaire qui, à son tour est l’expression même d’une adhésion du peuple.

En somme, l’ETAT doit être dans une certaine mesure comme le prône le muntuïsme politique le garant des principes du droit divin qui consacre en son sein la raison même du droit naturel des personnes et de ses corollaires que sont : la justice, l’équité, le développement intégral et la paix.

Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU (TAATA NDWENGA)

DE L’INTERDIT OU DU PRINCIPE DE L’EDUCATION CHEZ LES KOÔNGO : LE MÙ-LÒNGO OU N’LÒNGO

Posté : 3 janvier, 2013 @ 11:34 dans Non classé | Pas de commentaires »


DE L’INTERDIT OU DU PRINCIPE DE L’EDUCATION CHEZ LES KOÔNGO : LE MÙ-LÒNGO OU N’LÒNGO moyens-de-communications-traditionnels-zone-rurale-koongo8

 

De tout temps, chaque société humaine a toujours disposé des moyens ou modes d’initiation de la jeunesse pour la former, la modeler, somme toute, pour mieux l’éduquer. C’est sous cet angle que l’éducation apparaît en effet comme une technique, à la fois humaine et sociale, de formation, de développement et de préparation de la jeunesse à la vie adulte.

Si l’éducation est cette science ayant pour objet de former l’être ou le futur mùuntu par diverses techniques qui en sont la source, force est toutefois de remarquer que, certaines d’entre elles portent sur la notion même de l’interdit.

L’interdit en matière d’éducation chez les Koôngo est appelé le mù-lòngo ou n’lòngo.

A dire vrai, le mot n’lòngo n’est autre qu’un dérivé du verbe lònga ou lòngoka qui veut dire enseigner, instruire, étudier, examiner, éduquer etc.

C’est dire que ce mot, en l’espèce, n’est pas pris dans son acception qui équivaut à la volonté d’un homme et d’une femme qui s’engagent à vivre ensemble par le biais du mariage.

Ici, le n’lòngo est ordre, force de loi ou tsieno tendant à orienter le comportement social des êtres.

En effet en vertu de ce principe de n’lòngo l’enfant, quel qu’il soit, est astreint à son respect. Ce faisant, il lui est interdit de faire certaines choses ou de tenir telle ou telle autre attitude face à certaines situations ou circonstances.

L’interdit ou le n’lòngo devient, en ce cas d’espèce, la manifestation même du principe du non dit sans que cela soit clairement expliqué à l’enfant.

Par exemple, autrefois, il était interdit aux enfants d’uriner dans de l’eau. La violation de ce tabou ou n’lòngo est de nature, d’après les anciens à provoquer la colère de Wamba, le dieu des eaux ou qui vit sous l’eau. Partout où il se trouve l’enfant se doit ou est contraint de respecter cet interdit.

Dans le cas de violation d’un tel tabou, l’enfant ou la personne qui a uriné dans un ruisseau doit réciter la prière suivante :

 

«  Kinzienina, kinzienina,

Kamenako nsisidibo,

Ya wamba sidibo,

Baka ya wamba

We ku ntsia mamba ;

Dzubu “

 

En même temps que l’homme prononce cette prière, il tape du doit la surface de l’eau.

 

Traduction française :

 

Kinzienina : espèce de maladie vénérienne qui ronge le bout de l’appareil sexuel de l’homme.

 

« Kinzienina, kinzienina,

Ce n’est pas moi qui ai uriné dans l’eau.

C’est Wamba qui a souillé l’eau (ya : diminutif de yaya : frère ),

Attrape ya Wamba qui vit dans l’eau.

Dzubu (qu’il en soit ainsi)

(Pascal Makambila in « Croyances et pratiques magiques des Kongo-Lari de la République populaire du Congo : « Kindoki » Thèse Bordeaux 1976 P.121.)

 

Dans le même ordre d’idées, autrefois, il était interdit aux enfants de se rassembler le jour pour se raconter des fables ou légendes. Il s’agissait là pour eux, considère-t-on, d’une attitude gravissime de nature même à causer la perte d’un être qui leur est cher comme un parent direct. Aussi il leur était interdit de se comporter de la sorte et l’idéal étant d’accompagner les anciens dans leurs tâches quotidiennes.

Aussi banale que la lecture de ces récits peut paraître, n’empêche qu’ils avaient autrefois pour objet d’éduquer, de former les enfants en leur inculquant le principe de n’lòngo ou d’interdit voire du non dit.

Ainsi dans le premier récit, le n’lòngo ou l’interdit consistant à l’enfant ou aux enfants de ne pas uriner dans un ruisseau ou une rivière avait pour objet de leur inculquer la notion de respect et surtout d’hygiène de l’eau qui, chez les Koôngo tout comme dans la quasi-totalité des peuples bantous constitue le principe même de vie.

C’était une manière d’apprendre aux enfants l’importance et la tenue hygiénique des eaux comme celles des ruisseaux ou rivières  et qui outre le fait de s’y baigner pouvaient aussi servir d’eau potable.

Ainsi, par le jeu de l’interdit ou n’lòngo l’enfant est, sans le savoir, mis hors de danger dans l’usage des eaux qu’il aura par exemple lui-même polluer par ses propres urines ou par son inconscience.

Ici, le n’lòngo relève du domaine de l’hygiène, de la santé et de la salubrité. C’est en grandissant que l’enfant saura lui-même la profondeur du non dit de l’interdit et qui, en l’espèce a pour objet de le prévenir des méfaits de ses propres manquements ou insouciances. Il est un mùuntu en perpétuel devenir qui, à ce titre doit être conscient de ce qu’il est, entre autres, c’est-à-dire, un être biologique obéissant à ce titre à certains principes de vie et des éléments du nza ou univers qui l’entourent.

Dans le second récit, c’est implicitement la lutte par les anciens contre la paresse, l’inertie, l’oisiveté dont les enfants pouvaient faire preuve. Un groupement sans but réel des enfants en plein jour était jugé comme étant la porte ouverte à la passivité ou à l’inertie voire à la vie facile et donc à l’émergence d’une délinquance juvénile.

D’où la nécessité de les occuper, d’une manière ou d’une autre, à l’effet de favoriser par l’apprentissage ou le travail leur insertion sociale.

C’est dans cette optique que le vénéré cardinal Emile BIAYENDA rapporte que :

« C’était dans la société traditionnelle la méthode utilisée pour l’éducation et la préparation des jeunes, bref de l’homme pour son intégration dans la communautéQuant au mode d’initiation dans n’importe quel domaine, c’est non par des discours et des théories que l’on procède, mais par l’exercice de ce que l’on veut faire ou devenir. » (Abbé Emile BIAYENDA in « Coutumes et développement chez les Bakongo du Congo-Brazzaville » Thèse Lyon 1968 P.112.).

Dans le même ordre d’idées, Theodulos Auguste KOUNKOU-KUE relève dans son remarquable ouvrage portant sur le TSIKULU retour aux sources pour l’interculturel harmonieux  (Auto-éditeur, 2012-Paris Page 53.) que :

« Le respect des interdits dans tous les domaines de la vie est capital. Les rites n’ont pas forcément une interprétation rationnelle, mais de leur respect ou non peut dépendre la vie humaine. ».

En somme, le n’lòngo est aussi une technique d’initiation du mùuntu voire une élévation de son être à la dimension du sens de ses responsabilités et de son devenir existentiel. C’est le principe du non dit de l’interdit qui, autrefois faisait partie des modalités éducatives de la jeunesse dans la société Koôngo. Son objet principal étant celui de prévenir la jeunesse des méfaits ou conséquences de ses actes inconscients.

BENAZO-MBANZULU LE PHILOSOPHE DE MBANZA KOÔNGO (MBUTA N’DWENGA)

 

 

 

 

 

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