Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Archive pour décembre, 2011

Le sens de l’autorité chez les Bantous : Le cas de Koôngo

Posté : 3 décembre, 2011 @ 11:58 dans Non classé | Pas de commentaires »

 

Le chef est celui, écrit le Père VAN WING, qui fait prospérer le village :  » YU UTOMISA GATA «. C’est en tenant la main à l’observation des coutumes, des lois des anciens et de la discipline héréditaire, qu’il remplit ce rôle.

Le chef est, d’après l’expression qu’emploie le Père missionnaire,  » NZONZI KWANDI « , c’est-à-dire, un arbitre, un juge de palabres. C’est à lui que sont déférées en temps normal toutes les palabres entre hommes libres des différents hameaux, et même des palabres de quelque conséquence entre membres d’une même lignée.

C’est à ce titre selon le Père VAN WING qu’il est parfaitement à sa place de chef et de gardien de la moralité publique. Celle-ci étant contenue dans les  » NKIKU MI NSI, les coutumes du pays, et les NSIKU MI BA MBUTA, les lois transmises par les ancêtres. (VAN WING in  » Etudes Bakongo Sociologie-Religion et Magie  » Deuxième édition Desclee De Brouwer 1959 P.136.)

Quant au vénéré Cardinal Emile BIAYENDA,  » Un chef ainsi couronné jouit d’une très haute autorité morale, politique et sociale. Il inspire crainte et confiance aux yeux des membres du clan et des alliés. » (Emile BIAYENDA in  » Coutumes et Développement chez les Bakongo du Congo-Brazzaville Thèse doctorat Facultés Catholiques Lyon Première partie P.37.)

Si le chef a des droits, ceux-ci, observe à juste titre le vénéré Cardinal, s’accompagnent toujours de devoirs et c’est ce que connaît aussi le chef de clan, de famille ou de village moukongo. Là-dessus, le Droit coutumier est clairement précis :

«  Il a charge d’administrer les biens de la famille. Il doit veiller sur la bonne santé physique et morale de son groupement dont il est le protecteur. Il accueille les orphelins. Il donne un coup de main aux parents incapables de trouver la dot pour le mariage. En cas de famine, il répartit les biens entre tous les siens. Il veille à ce que les filles et les garçons s’initient chacun à leurs tâches respectives : travaux de ménage et des plantations ; art de pêcher, de chasser ou d’abattre les arbres des plantations que les femmes cultivent ensuite. Il est le premier tenu à la loi d’hospitalité. C’est le responsable de la paix à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté. » (Emile BIAYENDA in  » Coutumes et Développement chez les BAKONGO du Congo-Brazzaville Thèse doctorat Facultés Catholiques Lyon Première partie P.38.).

A dire vrai toutes ces prérogatives tant politiques que sociales rentrent dans ce qu’on appelle le principe de KI-AANGULA, lequel diffère de celui de KI-NGANGULA. C’est, peut-on dire, l’expression même d’une bonne gouvernance.

Par principe ou d’un point de vue définitionnel, le KI-AANGULA est l’ensemble des principes qui définissent l’autorité d’un chef. Ce terme dérive du mot AANGU qui, en langue KOÔNGO désigne un bâton, une baguette et qui, à ce titre et, à l’instar du MPU ou chapeau, est l’un des symboles du pouvoir ou de l’autorité chez les KOÔNGO.

En réalité, le mot AANGU désigne, à la fois, et ce, philosophiquement et théologiquement parlant l’origine de toute autorité que les KOÔNGO situent dans l’univers de NGU, (extension de NGA), c’est-à-dire celui de la puissance du verbe dont on ni limite exacte ni connaissance absolue car il est chose de Dieu lui-même NZAMBI MPU-NGU, l’unique détenteur de l’autorité suprême. ( Rudy MBEMBA in  » Le Muntuïsme, l’humanisme intégral africain  » Société des Ecrivains 2006 P.133.).

Le particularisme de cette autorité, comme l’observe à juste titre le vénéré Cardinal Emile BIAYENDA, c’est d’être INTELLIGIBLEMENT VRAIE d’où la raison même du vocable de NGULA dans le KI-AANGULA ou le KI-NGANGULA, qui n’est autre que la traduction du principe de vérité.

Ainsi, l’autorité d’un chef ou d’un MFUMU N’GÂTA ne revêt toute sa signification que, si d’une part elle est reconnue, de par son expression, comme étant d’utilité publique par  son sens de prospérité, de salubrité, de tranquillité et de paix et d’autre part par l’équilibre et l’épanouissement du tissu social qu’elle apporte.

D’ où la sagesse KOÔNGO clairement formulée dans le dicton, d’après lequel,

 » NTU BUZITU, MPU BUZITU « , ce qui veut dire que, le respect et le rayonnement de la couronne dépendent intimement de la personnalité et de la sagesse de l’être qui en est investi.

Mais l’exercice d’une autorité qui, au final est de portée ou d’intérêt général exige, d’après la tradition KOÔNGO, la préparation du futur candidat.

Ceci dit, le choix est, rapporte le vénéré Cardinal Emile BIAYENDA, fait sur un membre du clan qui a des aptitudes et la poigne d’un futur chef, plein d’équité, impartial, ayant le sens de la justice, ferme dans ses décisions, apprécié et jugé comme tel par le clan, les alliés et tous les voisins.

Cette condition est d’autant plus nécessaire qu’il est tout d’abord, ajoute le vénéré Cardinal le symbole vivant du clan et de son unité. Il est celui qui veille sur l’observance des lois du clan.

C’est dire que c’est le rôle du chef de faire observer les lois des ancêtres et de faire aussi prospérer le village. Il est celui qui est le dépositaire des insignes et biens familiaux et clanique laissés par les ancêtres : souvenirs insignes, fétiches, etc…C’est l’intercesseur et le défenseur selon le cas du clan devant les vivants et les défunts. Il veille sur l’intégrité de la propriété clanique.

En somme, toute dictature est vaine parce qu’elle est contraire à la raison du pouvoir, c’est-à-dire à la raison d’une saine autorité qui, par essence est justement forte, constructive et humaine. En d’autres termes, elle est une émanation de NGULA, c’est-à-dire de la science du vrai et de l’équilibre social et humain.

Aussi toute dictature quelle qu’elle soit, est en réalité, faiblesse, obscurantisme et ignorance d’un pouvoir qui est aux abois et qui, de toutes les manières est appelé à mourir.

Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU (alias TATA N’DWENGA)

 

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