Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Archive pour septembre, 2011

Le devenir du muntu et le Mbongui d’après la vision du vénéré cardinal Biayenda

Posté : 15 septembre, 2011 @ 7:47 dans Non classé | Pas de commentaires »

 » Parmi tous ces faits nouveaux, il en est un qui s’impose à nous, Congolais, avec force et netteté : celui de l’éducation des enfants et des jeunes. Il n’est pas trop fort de dire que nous assistons, ici dans notre pays, comme dans beaucoup d’autres pays, à une  » véritable marée des jeunes « . Je pense que c’est notre devoir à tous : évêques, prêtres, religieux et religieuses, éducateurs, enseignants, responsables des mouvements de jeunes, laïcs, de nous asseoir calmement….., de prendre ce problème à bras le corps et d’y apporter chacun à sa place et selon sa mesure, la solution ou les solutions simples, pratiques, efficaces qui s’imposent.  » (Le Cardinal Emile BIAYENDA in  » Pais mes agneaux du recueil des Lettres Pastorales des Archevêques de Brazzaville (1964-1975), Brazzaville, 27 Décembre 1976, PP. 93-118.)

biayenda4Ce texte est extrait des écrits du vénéré Cardinal Emile BIAYENDA sur l’éducation des enfants. Le Cardinal y soulève un thème majeur qui porte sur le phénomène fort évolutif de la jeunesse. Ce qui bien évidemment n’est pas une mauvaise chose en soi.

Cependant, si le vénéré Cardinal est pour un devenir meilleur des jeunes, force est de noter qu’il est fort inquiet des dérives ou maux qui sont susceptibles d’entraver celui-ci si aucune promotion humaine n’est véritablement assurée.

Devant ce phénomène, quelles sont nos réactions à nous les adultes s’interroge-t-il ?

Avant de nous livrer sa propre opinion, le vénéré Cardinal relève les plaintes émanant de quelques acteurs en matière d’éducation et d’après lesquelles :

«  Nous sommes débordés; les enfants n’obéissent plus ; les enfants ne travaillent plus ; les enfants n’écoutent plus personne ; nous ne savons que faire… Si c’est la voix des enseignants, c’est la même chose:  » De notre temps les études, c’était quelque chose, maintenant les élèves ne savent plus rien, ne travaillent plus,  n’obéissent plus ». Et tous, nous rejetons la faute sur l’autre :  » C’est la faute des parents », disent les enseignants; et tous, à bout d’argument:  » C’est la faute de l’Etat « . (Abbé Adolphe TSIAKAKA in  » Emile BIAYENDA grandeur d’un humble  » Editions  du Signe 1999 P.181.)

Face à la dérive de la jeunesse, le vénéré Cardinal invite tous les responsables chargés de l’éducation à s’asseoir simplement à la  » TABLE RONDE « , sans esprit de parti ou de polémique pour réfléchir et faire la lumière.

Réfléchir dans le but de rechercher les causes de cette dérive et les éventuelles solutions envisageables pour remédier à ce mal si profond de la Nation Congolaise.

Cependant avant toute autre considération le vénéré Cardinal relève avec beaucoup d’humilité que :

 » Vous comprendrez facilement que c’est trop facile de rejeter la faute sur un autre. Aurions-nous oublié cette sagesse ancestrale :  » Wa kuma kilauki, luata m’lele  » (si tu n’es pas vêtu toi-même, comment veux-tu reprocher au fou de se promener tout nu ?) ; que Jésus lui-même a repris dans son Evangile: « Lorsque tu veux enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère, commence par enlever la poutre qui est dans le tien » (Mt 7, 3-5) « ( Abbé Adolphe TSIAKAKA in  » Emile BIAYENDA grandeur d’un humble  » Editions  du Signe 1999 P.181.)

Ainsi, les aspirations du vénéré Cardinal en matière d’éducation mettent en avant le principe de la TRADITION qui, en l’espèce passe par le respect, l’humilité et surtout la conscience des acteurs sociaux qui ont la lourde mission d’éduquer et de former la jeunesse.

C’est comme si pour le vénéré Cardinal le devenir de la jeunesse, son éducation et son bien-être n’ont véritablement de sens que, si ceux qui en ont la mission sont dignes de foi, de confiance et de sagesse.

Aussi, pour le vénéré Cardinal cette « PAROLE DE SAGESSE PERDUE » est  l’apanage même du MBONGI des temps anciens.

Alors en quoi consiste le MBONGI dans le processus d’humanisation de l’être ou du MU-NTU ?

Tout d’abord, selon le vénéré Cardinal le MBONGI est :

 » la maison communautaire où se réunissent tous les hommes pour prendre ensemble leurs repas. Les femmes qui ont charge de cuisiner envoient les plats préparés au mbongui et là tout le monde : orphelin, étranger de passage, célibataire, trouvent à manger et à boire. C’est pratiquement là que se règlent palabres et différends de toutes sortes. C’est également au mbongui que les jeunes s’initient à l’art de la parole, à la sagesse des anciens et aux diverses façons de procéder pour trancher des débats et litiges.  » (Emile BIAYENDA in  » Coutumes et développement chez les Bakongo du Congo-Brazzaville  » Thèse Facultés catholiques de Lyon 1968 Première partie P.26).

Le mbongui c’était, écrit le vénéré Cardinal  » l’âme  » du village et c’est au mbongui que l’enfant recevait la plus grande part de son éducation. Avec le mbongui disparu, c’est aussi toute une méthode d’éducation, c’est un certain nombre de coutumes qui disparaissent aussi. (Abbé Adolphe TSIAKAKA in  » Emile BIAYENDA grandeur d’un humble  » Editions  du Signe 1999 P.183.)

Le mbongui est mort…relève le vénéré Cardinal, mais par quoi a-t-il été remplacé, s’interroge-t-il ?

La disparition du mbongui me semble, poursuit-il, être une des causes les plus importantes de ces difficultés rencontrées pour éduquer nos enfants. Il y en a d’autres : psychologiques, économiques ou sociales… (Abbé Adolphe TSIAKAKA in  » Emile BIAYENDA grandeur d’un humble  » Editions  du Signe 1999 P.183.)

Autrefois, pour avoir droit à la parole au mbongui, il fallait, rapporte le vénéré Cardinal avoir de l’âge, de l’expérience, des cheveux blancs. Maintenant, et c’est un bien, vous cherchez à prendre vos responsabilités le plus vite possible, vous cherchez à réaliser une certaine autonomie…Tout cela est très bien, si l’enfant est entouré, protégé, élevé. (Abbé Adolphe TSIAKAKA in  » Emile BIAYENDA grandeur d’un humble  » Editions  du Signe 1999 P.185.)

En effet le MBONGI est une INSTITUTION SOCIO-HUMAINE qui, par le passé a beaucoup apporté dans le développement de l’être en dehors des ordres initiatiques comme le LEMBA, le KIMPASI, le KI-MBA ou le NDEMBO.

A dire vrai, le MBONGI est un centre d’accueil, une école de formation et de développement de l’être pour en faire un MU-NTU.

Dans une Nation Congolaise qui est en perte de vitesse aujourd’hui sur des  questions de l’ordre du droit naturel et de la morale comme le respect, la réhabilitation du MBONGI apparaît comme un des moyens sérieux de lutte contre les dérives de la jeunesse.

Dérivant du verbe BONGA et qui signifie prendre, offrir, donner, transmettre, le MBONGI reste une école ancestrale de formation de l’être ou du MU-NTU voire un centre de diffusion ou de transmission des savoirs et connaissances des anciens.

Autrement dit, le MBONGI est une INSTITUTION SOCIO-HUMAINE des temps anciens à laquelle les acteurs sociaux chargés du problème de l’éducation nationale et l’ETAT devront s’intéresser pour aider la jeunesse congolaise.

En somme, il n’y a pas de NATION sans ESPOIR ni de JEUNESSE sans EDUCATION qui, par essence est l’ESPOIR de la NATION donc de la raison du CHANGEMENT et de l’AVENIR du Congo-Brazzaville.

Alors que revive le MBONGI !

Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu (alias Tata N’DWENGA)
Koôngologue
Avocat à la Cour

 

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