Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Archive pour le 4 juillet, 2011

Sens et tradition dans « la médecine Koôngo » du père Adolfe Tsiakaka

Posté : 4 juillet, 2011 @ 8:54 dans Non classé | Pas de commentaires »

 

Le père Adolphe TSIAKAKA est auteur de nombreux ouvrages sur les KOÔNGO qui lui confèrent incontestablement la qualité d’un éminent Koôngologue.
Durant l’année 2008, l’abbé TSIAKAKA a eu à publier d’immenses et remarquables travaux portant sur la  » MEDECINE KOÔNGO ». Un ouvrage de 312 pages de portée considérable publié aux Editions Du Signe.

De par son contenu, l’ouvrage du père TSIAKAKA est sans doute l’un des meilleurs regards méticuleusement analytiques qu’on ait eu à porter sur la médecine traditionnelle KOÔNGO.

Mais pourquoi un tel ouvrage ?

medecinekongo2Le père TSIAKAKA nous en donne d’emblée les raisons de son édification. Ainsi au tout début de son propos, il clarifie l’intérêt que suscite l’élaboration d’un tel ouvrage.

A ce propos, l’auteur relève avec beaucoup de modestie que si on parle de médecine chinoise, indienne, tibétaine, etc…pourquoi ne parlerait-on pas de médecine africaine? La médecine KOÔNGO est liée à l’ensemble des représentations de l’homme, à son mode de vie, à son organisation relative à la maladie en même temps qu’à ses causes, etc. Tous ces éléments entrent, observe-t-il, dans la charpente de cette médecine qui est une manière de répondre à un problème, celui de la vie d’une communauté. (Abbé Adolphe TSIAKAKA in  » La Médecine Koôngo » 2008 Editions Du Signe P.18.)

Ainsi, les motivations de l’abbé dans l’élaboration de ce travail est de comprendre l’Homme KOÔNGO dans son environnement le plus ambiant et au-delà l’Homme Africain dans sa conception originelle de la vie qui, par conséquent a une incidence sur son mode de fonctionnement social ou communautaire.

C’est l’aspiration peut-on dire à une vie d’ordre, de tranquillité et de paix que le Koôngologue abbé TSIAKAKA exprime avec justesse tout au long de son propos.

Avec cette approche la médecine chez les KOÔNGO, comme chez les autres peuples d’Afrique repose, note avec perspicacité le père TSIAKAKA, sur une conception de l’homme, de ses rapports avec les autres, avec l’univers et les ancêtres. Tout se tient dans cette médecine, le monde humain et le monde des ancêtres, le profane et le religieux. Pour les KOÔNGO, ces  » différentes sphères se mêlent et s’enchevêtrent, s’enveloppent et se prolongent, comme dans ces forêts les arbres et les lianes, l’ombre et la lumière, le silence et le bruit. Elle est, conclut-il, une  » partie intégrante de la culture, des représentations, des systèmes de valeurs qui fondent l’existence et lui donnent un sens (Abbé TSIAKAKA in  » Médecine Koôngo P.12.).

Sans pour autant avoir un quelconque mépris sur la médecine moderne ou dite scientifique, le Koôngoloque abbé TSIAKAKA nous fait plonger dans l’univers de la TRADITION. Cette TRADITION qui peut être une source d’enrichissement pour le renouvellement de l’être à propos de son équilibre tant physique que spirituel. Pour ce faire, l’auteur relève avant tout que :

kongomedecine5 » Dans sa portée étymologique, tradition dérive du latin tradition, acte de transmettre, et vient du verbe tradere, faire passer à un autre, livrer, remettre. En léguant ce qu’elle sait, une communauté se « recrée » elle-même et « fait être de nouveau » ce qu’elle a été comme ce qu’elle veut être. Elle intervient dans le façonnage du présent, elle contribue à la réalisation  » des nouvelles combinatoires » et culturelles. » (Abbé TSIAKAKA P.20)

Dans le même ordre d’idées le Koôngologue abbé TSIAKAKA relève que  » La tradition traduit donc une vitalité créatrice. Elle est le lieu où les données sociales, religieuses, culturelles, politiques et économiques du passé s’innovent dans le présent, et le présent dans le futur. (Abbé TSIAKAKA ibidem).

En nous faisant plonger dans l’univers de la tradition KOÔNGO, l’abbé TSIAKAKA apporte par ailleurs, une lueur sur ce qu’il convient d’entendre par le mot NGAANGA. Les détenteurs du savoir thérapeutique, dans la société Koôngo, sont, écrit-il, désignés par le terme générique de ngàanga. Ce terme peut être rapproché du verbe gàanga, ajuster, arranger. De ce verbe ressort l’idée, dans le contexte de la médecine Koongo, d’une personne qui participe à l’amélioration d’un état. (Abbé TSIAKAKA P.132).

Mais à l’effet d’éviter une quelconque confusion sur le terme ngàanga, le père TSIAKAKA précise toutefois qu’il recouvre une multiplicité de réalités et désigne plusieurs types de praticiens aux spécialités très diverses, comme on parlerait, en général, de médecins, alors que chaque médecin, excepté les généralistes, a un nom particulier lié à sa spécialité.

Dans la société Koôngo, il y a, ajoute le père TSIAKAKA, une diversité de thérapeutes. Chacun est désigné par le terme générique, ngàanga, auquel on juxtapose le nom de la maladie qu’il soigne ou son savoir-faire. Ce complément au nom du thérapeute marque la spécialité de la personne. Ainsi, les premiers de tous sont les thérapeutes spécialistes du diagnostic, ngàanga-ngombo et le ngàanga-mpiatu, puis viennent tous les thérapeutes spécialistes des diverses maladies Abbé TSIAKAKA P.135).

kongomedecine6Ceci dit, la définition du NGAANGA comme étant un féticheur détenteur à ce titre d’un pouvoir magique (c’est-à-dire des fétiches) est inexacte par rapport à celle qu’en donne le père TSIAKAKA.

Ainsi en partant de l’étude remarquable du père TSIAKAKA, le NGAANGA apparaît justement comme un fin connaisseur des vertus des plantes ou des végétaux voire de la nature qu’il met à la disposition des hommes pour leur bien être tant physique que spirituel.

Bel ouvrage tant dans la documentation que dans la connaissance de cette médecine KOÔNGO qu’il convient de lire. Il est un rappel de cette médecine qu’on ne saurait ignorer compte tenu de ses bienfaits dans la lutte de certaines maladies.

Cependant, le père TSIAKAKA reste un Koôngologue particulièrement réservé qui n’entend guère faire de la médecine KOÔNGO une vérité absolue. Bien au contraire, son propos demeure raisonnablement constructif. La médecine KOÔNGO ne saurait, écrit-il, remplacer la médecine moderne. Sans contester les nombreux avantages de la médecine moderne (examens de laboratoire, des rayons X, etc.) et des rapports thérapeutiques ayant fait leurs preuves (antibiotiques, vaccins, chimiothérapies, chirurgie, sulfamides, antimalariques, etc.) la médecine KOÔNGO, en réponse au problème de l’humanisation de la médecine moderne, est toutefois d’après l’éminent Koôngologue une source d’innovation thérapeutique moderne.

Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU
( TATA N’DWENGA)
Avocat à la Cour

Koôngologue

Adolphe Tsiakaka : La médecine koôngo

 

 

 

 

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