Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Archive pour juin, 2011

La conception du riche d’après la vision philosophique des Koôngo

Posté : 8 juin, 2011 @ 7:50 dans Non classé | Pas de commentaires »

 

L’ évolution d’une société a forcément une incidence sur la langue qu’elle utilise. Dans la société Koôngo, certains mots ont perdu leur signification originelle du fait de son évolution. C’est le cas par exemple de l’Homme riche qui, en langue Koôngo est désigné par le mot Mvwama.

dico2Jadis le Mvwama n’était pas l’Homme riche tel qu’il est perçu par les temps modernes. En effet l’Homme riche aujourd’hui est cette personne qui est reconnue comme telle par l’abondance des biens matériels, économiques ou financiers qu’elle possède ou dont elle est propriétaire.

Par principe, chez les Koôngo, le Mvwama était un personnage de haut rang qui avant toute autre considération devait être une personne d’une profonde spiritualité. L’abondance des biens matériels et financiers ne pouvait à elle seule définir son statut de Mvwama.

Koôngologiquement parlant le mot Mvwama comporte deux vocables qu’il convient respectivement d’examiner : le Mvwa et le Ma.

Ici le Mvwa est à la fois une marque de possession sous-entendu de quelque chose et une extension de vwa lequel mot est défini par le plus ancien dictionnaire Bantu de 1652 comme étant le fait d’avoir, de posséder ou de tenir ( Le plus ancien dictionnaire Bantu J. VAN WING et C. PENDERS S. J. Louvain 1928 P. 348).

Quant au vocable de Ma, il est la traduction du don ou de l’élément objet de la possession.

A dire vrai, le Mvwama ou l’homme riche ne l’est véritablement que si l’être a acquis un certain degré d’évolution qui, chez les Koôngo est inscrit dans la loi des nombres, en l’occurrence du nombre neuf (9) ou Vwa.

A ce propos, si le Mvwama est perçu comme tel chez les Koôngo, ce n’est nullement en raison d’une abondance de biens dont il est propriétaire. C’est plutôt en raison des qualités humaines qu’il est censé posséder selon la loi des nombres. Ce chiffre ou ce nombre neuf (9) traduisant la notion de propriété ou de possession est considéré comme étant le dernier critère dans la définition d‘un véritable riche.

C’est comme si chez les Koôngo le mvwama ne l’est véritablement que s’il est doté, peut-on dire, de « neuf intelligences ». En d’autres termes, il faut être en possession de certaines qualités humaines qui concourent inexorablement au bonheur et à l’épanouissement de l’être.

Sa personnalité doit être gouvernée par le principe de vwata (qui veut dire se couvrir, se vêtir, se munir. En vertu dudit principe, il doit comme l’indique étymologiquement ce mot dompter son verbe pour en faire un instrument de bonheur et d’épanouissement dans tout ce qu’il entreprend (Le plus ancien dictionnaire Bantu J. VAN WING et C. PENDERS S. J. Louvain 1928 P. 348).

dico3Autrement dit le verbe vwata ne s’emploie pas que pour exprimer le fait de se vêtir ou de porter les habits Il est aussi une invitation de l’être à se pourvoir d’une qualité ou d’une vertu. D’où la signification de l’expression Vwata ou Lwata Kivwama kia ntima qui n’est qu’une manière d’inciter une personne à faire preuve de grandeur ou à aller vers plus de générosité.

Ainsi dans cet état d’esprit de compréhension des mots de la langue Koôngo est Mvwama, cette personne qui est en parfaite harmonie avec quelques valeurs que voici :

1.    Zola, le principe de l’amour (du nombre (2) ou Zole). Autrement dit est Mvwama celui qui, en dehors des biens matériels ou financiers est par ailleurs porteur d’humanité donc de bonté, d’hospitalité et de générosité.

Ici, la qualité de Mvwama est quelque peu identique à celle du Mfumu Mpu ou le chef couronné pour lequel Emile Biayenda, le vénéré cardinal rapporte :

 » …Il doit veiller sur la bonne santé physique et morale de son groupement dont il est le protecteur. Il accueille les orphelins. Il donne un coup de main aux parents incapables de trouver la dot pour le mariage…Il est le premier tenu à la loi d’hospitalité. C’est le responsable de la paix à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté.  » (Emile Biayenda in  » Coutumes et développement chez les Bakongo du Congo-Brazzaville  » Thèse Facultés catholiques Lyon 1968 première partie P.38.)

2.    Tatu (du nombre (3), le principe de la sagesse qui, par sa transcription étymologique renferme à la fois les notions du verbe et d’intelligence. C’est l’expression même du VERBE INTELLIGIBLE qui ne peut l’être que s’il est constructif, progressiste et à ce titre source de bonheur et de quiétude. Il est ainsi composé de :

•    Ta = le verbe

•    Tu extension de Ntu signifiant tête ou sommet et exprimant toute notion d’humanité donc d’intelligence et de sagesse.

3.Ya, (du nombre (4) ) lequel terme fait allusion à toute idée de feu ou de chaleur et qui, par conséquent est la traduction du principe de la force, du courage et de la vaillance. Ainsi le MVWAMA est l’être dynamique, entreprenant et qui, par définition, a le sens de l’initiative et des affaires. D’où la signification, entre autres, du proverbe selon lequel :

Kimvwama ka ba ganda kio ko : Mu sala ba sala kio, c’est le travail qui donne accès aux richesses et non l’initiation rituelle.

En somme, possesseur (des) Ma-vwa ou richesses voire fortune ( Le plus ancien dictionnaire Bantu J. VAN WING et C. PENDERS S. J. Louvain 1928 P. 182), le MVWAMA ou l’Homme riche digne de cette appellation est cet être qui, par la réunion en lui de neufs « corps intelligibles » apporte sur le plan socio-humain le bonheur, la tranquillité, la sécurité et la paix.

Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU (TATA N’DWENGA)
Avocat à la Cour
Koôngologue

[à visiter la Télé Kongo dia Ntotéla Kongolive TV]

 

kleber dupuy et le fort de ... |
Marciana Brooks. ▲ |
Thelifeisajoke |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Juillet-août 1942
| Ninacadeau12
| Samiamomoohe