Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

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Hommage à l’Abbé Fulbert YOULOU à l’occasion du trente neuvième anniversaire de son décès

Posté : 9 mai, 2011 @ 4:43 dans Non classé | Pas de commentaires »

Abbé Fulbert Youlou : père de l’indépendance et de la nation congolaises, visionnaire en son temps d’une Afrique perdue des temps modernes

Hommage à l’Abbé Fulbert YOULOU à l’occasion du trente neuvième anniversaire de son décès (05/05/72-05/05/2011)

Moi, abbé Fulbert Youlou, représentant légal élu de mon peuple, je supplie les hommes de bonne volonté de me lire
. Souvent les hommes d’Etat rédigent leurs mémoires en perdant la leur… Que l’on se rassure, ce que j’ai à dire ne constitue pas un secret d’Etat, mais simplement un avertissement, écrit avec le sang des miens, pour éviter d’autres massacres et si le nom et l’habit que je porte peuvent aider à la propagation de la vérité mon épreuve n’aura pas été inutile. Abbé Fulbert YOULOU in « J’ACCUSE LA CHINE  » P.14.

youlou9Ce propos est celui de l’abbé Fulbert YOULOU contenu dans son remarquable ouvrage  » J’accuse la Chine  » publié aux Editions La Table Ronde en 1966.

Dans cet ouvrage  » J’accuse la Chine  » de 253 pages, l’abbé Fulbert YOULOU aborde plusieurs aspects de la vie politique planétaire de son temps. Il y relève d’innombrables contradictions ayant gagné le bloc des pays dits socialistes ou communistes par opposition à celui des Etats dits du monde libéral.

L’analyse de la vie politique africaine gagné d’une part par des courants de pensée que l’abbé Fulbert YOULOU qualifie de fort dangereux pour le développement du continent africain et les contradictions des puissances occidentales d’autre part lui confèrent à juste titre la qualité d’UN VERITABLE HOMME D’ETAT doté d’une haute conscience politico-spirituelle.

Au-delà de la rigueur intellectuelle d’un excellent écrivain qu’il témoigne tout au long de son récit, l’abbé Fulbert YOULOU porte dans  » J’accuse la Chine  » l’habit d’un NGUNZA, c’est-à-dire d’un grand visionnaire de ce que vit l’Afrique noire à l’heure actuelle.

Tout d’abord l’intitulé de son ouvrage  » J’accuse la Chine « est déjà en lui-même très évocateur puisque l’abbé Fulbert YOULOU y annonce de facto les maux susceptibles d’hypothéquer le développement du continent africain si aucune conscience politique africaine n’est véritablement édifiée.

A ce sujet, le visionnaire ou le prophète abbé Fulbert YOULOU relève avant tout que:

fulbert10 » Pour nous, Africains…, le mal existe, il est aussi présent que le bien, et nous ne pouvons le limiter qu’à la condition de l’admettre pour le combattre avec prudence, certains que l’Absolu n’existe que dans les réalités spirituelles. Ce sont ces réalités qui, en Afrique, feront échec à l’expansion communiste… » ( » J’accuse la Chine  » P.16)

Ceci dit, l’abbé Fulbert YOULOU est sans conteste pour une Afrique autonome, véritablement indépendante mais qui toutefois ne doit absolument pas se laisser aller à l’indolence de l’indépendance.

Dénoncer les non-sens du colonisateur européen lui semble chose à la fois humaine et acquise. Cependant vouloir les remplacer par d’autres inepties venant d’un autre colonisateur, en l’occurrence du dragon asiatique (la Chine) relève, de son point de vue, d’une très forte aberration.

Ce faisant, l’abbé Fulbert YOULOU reste un observateur attentionné face aux manœuvres de la Chine communiste sur le continent africain. En son temps, il est certainement le seul dirigeant africain qui ait pris à cœur LA CONQUÊTE CHINOISE AFRICAINE et les dangers de divers ordres qu’elle pouvait représenter dans une Afrique nouvellement indépendante.

A cet égard, le prophète-abbé relève avec perspicacité que :

«  La Chine dans sa conquête de l’Afrique n’a pas le choix des moyens et elle a pris le risque, faute de recruter de véritables militants africains, de fonctionnariser sa pénétration dans le continent noir par ses propres agents diplomatiques. On me dit qu’on ne peut pas ignorer sept cents millions de Chinois et les tenir à l’écart, j’entends bien que cet argument serait valable si le despotisme qui fait régner sa loi sur des masses asservies ne prétendait se servir de sa reconnaissance comme d’un encouragement complice. » ( » J’accuse la Chine  » P.19)

Le visionnaire abbé Fulbert YOULOU voit à travers cette conquête chinoise, la main basse d’un système dangereux pour le continent africain qu’il qualifie à juste titre de colonialisme chinois.

Aussi, ce colonialisme chinois qui est fort pernicieux pour le développement de l’Afrique est défini par le prophète-abbé comme étant:

« …une structure au service d’une puissance étrangère qui impose à l’Afrique un appareil psychologique de conquête lui-même inspiré par des techniciens chinois mis en place par des fonctionnaires envoyés de Pékin et servi par des évolués indigènes éduqués dans des écoles d’administration coloniale de Pékin. Toutes les conditions du colonialisme, telles que l’Afrique les a connues dans le passé, sont réunies avec la différence que les capitalistes de la colonisation réalisaient de gigantesques progrès techniques dont se moquent les cadres de la révolution communiste qui visent un asservissement des esprits et des âmes par une oppression scientifiquement étudiée « . ( » J’accuse la Chine  » P.20)

youlou00Ainsi en sa qualité d’un véritable NGUNZA, c’est-à-dire d’homme précautionneux et averti, l’abbé Fulbert YOULOU ajoute avec une certaine consternation que :

 » Ce qui est grave dans la situation que je vais dénoncer, c’est que dans notre lutte passée pour l’indépendance, le monde entier faisait écho à nos aspirations, dépassant parfois nos désirs, alors qu’aujourd’hui l’Afrique africaine se retrouve seule devant la menace raciste d’un déferlement asiatique déjà commencé  » («  J’accuse la Chine  » P.20)

En somme, le visionnaire, le prophète-abbé Fulbert YOULOU dépeint une situation calamiteuse qui entraverait le développement du continent africain. Aussi n’hésite-t-il pas à interpeller les élites africaines ayant fait le choix et ce, à tort, conçoit-il, de vouloir conduire l’Afrique vers les sentiers de l’indépendance. Et ce, par des courants de pensée marxisante ou de la Chine communiste voire des pays dits socialistes comme l’Union soviétique.

Pour ce faire et dans un contexte des années moins perturbantes du continent africain que celles des temps modernes le NGUNZA abbé Fulbert YOULOU pointe du doigt le mal chinois en écrivant:

 » J’accuse la Chine d’être partout où le Monde libre la tolère, avec ses diplomates, ses attachés commerciaux, intellectuels ou militaires, à la base d’une machination qui use de toutes les situations particulières, en dehors d’une unité de doctrine qu’elle a abandonnée, pour mieux parvenir à ses fins et rabattre à n’importe quel prix le gibier humain. Aux Arabes on promet l’écrasement d’Israël, aux Pakistanais celui de l’Inde, mais toute cette exploitation scientifique des ressentiments instinctifs à un même but : le chaos. Un chaos qui mêle les idéologies généreuses, les instincts primitifs, les sorcelleries ancestrales, soulevant bouddhistes contre chrétiens, Blancs contre Noirs, tribus contre tribus, politiciens contre politiciens. » (J’accuse la Chine P.22)

Dans le même ordre d’idées, le prophète Fulbert YOULOU ajoute :

 » En ouvrant ce dossier bien sûr incomplet de la pénétration chinoise en Afrique, j’ai le sentiment d’engager une bataille où j’ai pris mes responsabilités, conscient du risque mortel que je prends en respectant dans l’exil la confiance que le peuple congolais a mise en son chef. Il y a dans le monde du XXe siècle, pour le malheur de l’humanité, une idéologie destructrice – je cite Mao Tsé-toung –  » à sacrifier la moitié de l’humanité pour assurer le triomphe du léninisme ». Pour ma part, je ne composerai jamais avec les propagateurs de telles théories; Africain, je sais par le malheur dans lequel est tombé mon peuple que c’est le continent noir qui a été choisi par la puissance chinoise pour faire basculer le monde. » (J’accuse la Chine P.22)

Dans ces conditions, la grâce de Dieu est, observe au final le prophète-abbé, nécessaire à l’homme politique que je suis et qui demeure persuadé que l’œuvre de bonté s’accomplit en dépit des faiblesses humaines, non pas malgré des épreuves et des larmes, mais par des épreuves et des larmes. Telle fut et demeure, conclut-il, ma ligne de conduite et s’il s’est trouvé des âmes assez courageuses pour m’aider…et si le petit peuple congolais espère dans le symbole que je représente, c’est par ce qu’il sait bien, dans cette lutte de l’étoile contre la croix, que je ferai tout pour l’arracher à son tragique destin. (J’accuse la Chine P.23)

C’est dire que l’homme politique abbé Fulbert YOULOU reste sans doute le plus grand dirigeant que le Congo-Brazzaville ait connu et un des meilleurs du continent africain. Avec lui, la politique retrouve toute sa noblesse du respect de l’être et de son intégrité. Si celle-ci peut être définie comme étant l’art de pouvoir administrer ou gérer les biens publics sur la base d’un programme donné et d’un mandat électivement confié par le peuple à ces représentants, avec l’abbé YOULOU, elle devient en plus de cela l’art d’anticipation consistant en « une prise décisionnelle et orientative » pour mieux se pourvoir, peut-on dire, dans le concert des nations.

C’est ce qu’on appelle, entre autres, le YOULISME qui, en l’espèce consiste en un certain art d’anticipation dans la gestion sainement nationale des affaires. Il découle d’une prise de conscience qui se matérialise par l’adoption d’un certain nombre de mesures sur les plans social, politique, économique, spirituel et moral et qui tendent par conséquent vers un  » mieux être » ou un  » mieux vivre  » voire un lendemain meilleur.

WE NA MESO KA MONE, WE NA MAKUTU KA WE, WE NA NGANGU KA SE, que celui qui a des yeux puisse bien voir, des oreilles qu’il entende avec justesse et qu’enfin l’Homme sage puisse appliquer sa science à bon escient.

NZAMBI WA BONGA WA SA
EE NKASUKULU EE TSIA, A BON ENTENDEUR SALUT !

RUDY MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU (TATA N’DWENGA)
Avocat à la Cour

 

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