Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Des Ndo, des rêves (ou ndozi) et de la puissance du verbe dans la tradition koôngo

Classé dans : Non classé — 20 octobre 2010 @ 21 h 16 min

 

Dans une précédente étude, il a été vu que le principe d’amour chez les KOÔNGO tourne autour de la notion de NDA ou mouvement, lequel engendre des NDO ou ondes qui, à leur tour, permettent à deux personnes de pouvoir s’attirer ou s’aimer.

En effet, les NDO sont une production conséquente de la manifestation  de NDA  qui, par définition est le principe moteur du mouvement ou de l’action voire de la volonté.

Cependant, le domaine de l’amour n’est pas le seul à pouvoir couvrir les NDO. En réalité ceux-ci sont censés être partout dans l’univers selon les croyances spirituelles KOÔNGO. En effet, ils sont considérés comme étant l’oeuvre de NZAMBI MPUNGU, Dieu lui-même, le créateur de toutes choses et qui est, par excellence L’EMETTEUR PRIMORDIAL d’ondes vibratoires, d’où le qualificatif de NZAMBI YA LUTOÔNDO, le Dieu d’amour qui lui est attribué.

Aussi pour les KOÔNGO ou BANTOUS en général, les NDO sont partout dans l’univers, c’est-à-dire dans l’homme et dans la nature.

dicoA ce propos, un des aspects de l’Homme qui atteste parfaitement de l’existence réelle des NDO, est le domaine des rêves. Le domaine des rêves est aussi, selon les croyances KOÔNGO, celui de la manifestation des NDO qui sont à la fois le contenant et le contenu des rêves ou NDOZI.

Quand l’Homme rêve, il se situe, d’après les croyances KOÔNGO dans l’univers, peut-on dire, de la virtualité existentielle, un univers qui n’est accessible qu’au travers des NDO ou ondes fluidiques et qui mettent inexorablement l’être dans la faculté de transcendance en se situant hors du temps.

Il s’agit là d’un état certes virtuel mais toutefois existentiel ou vivant et qui permet par exemple au rêveur d’être présent dans de multiples endroits que l’Homme ne  saurait franchir selon son conditionnement physique ou humain.

D’où le mot NDOZI qui veut dire rêve lequel mot par son inversion donne ZI (ou JI)-NDO, c’est-à-dire ces NDO ou  ondes qui, au final et dans le cas d’espèce deviennent une sorte de véhicule de l’âme ou de l’esprit. C’est ce véhicule constitué par des ondes ou de l’énergie vibratoire qui permet à l’Homme, selon les croyances KOÔNGO de connaître une autre vie que celle qu’il connaît en temps normal.

Ceci dit LOTA NDOZI signifie certes en KOÔNGO, faire des rêves, mais en plus de cela, linguistiquement et philosophiquement parlant, il s’agit d’une accession sous forme de fluides à une autre vie différente de celle du monde physique ou réel.

A dire vrai, l’univers des ondes est, selon les croyances KOÔNGO, fluidique en ce qu’il est constitué par des NDO ayant la forme des corps fluidiques.

D’ailleurs, ces NDO ou corps fluidiques constituent ou contribuent aussi à la puissance du verbe ou de la parole. En effet, bien avant l’avènement du christianisme par les missionnaires européens, les KOÔNGO croyaient fortement en la puissance du verbe.

C’est ainsi par exemple que  l’expression NTOÔNDO SIBU revêt toute son importance selon la magie évocatoire ou cantatoire KOÔNGO.

La traduction littérale de cette expression donnerait la rivière des ondes tient ou saisit (sous-entendu l’objet qui est au centre du propos) étant entendu que dans le cas d’espèce SIBU n’est qu’une extension du verbe SIMBA et qui veut dire tenir, saisir, appréhender.

Lorsque l’Homme KOÔNGO se met à employer l’expression:

NTOÔNDO SIBU et qui veut dire LA PAROLE EST PUISSANCE ET LA PAROLE EST DIEU, cela implicitement revient à dire qu’il a entièrement foi en sa parole pour la réalisation de l’objet désiré ou du souhait exprimé et que par voie de conséquence, il n’a pas à faire appel au service d’un NGANGA ou fin connaisseur des vertus de la nature pour parvenir au bout de ses entreprises car le VERBE est LUMIERE, PUISSANCE ET DIEU.

Par ailleurs, le mot NTOÔNDO peut, dans l’expression objet d’étude, être remplacé par  celui de N’KONDI qui est une statuette censée protéger celui ou celle qui en est détenteur.

En l’espèce, dire N’KONDI SIBU, c’est implicitement adhérer pleinement en la puissance du  VERBE en le considérant comme étant ELEMENT VIVANT, DYNAMIQUE ET OPERATIONNEL sans que l’on soit amené à recourir à d’autres forces de la nature ou plus simplement à des objets matériels ou corporels de protection comme les bi-tékés ou bi-fwiti, c’est-à-dire les statuettes.

Aussi, l’Homme KOÔNGO considère que LA PAROLE EST PUISSANCE ET LA PAROLE EST DIEU par ce qu’ELLE est SOURCE de NDO ou d’ondes vibratoires qui, à leur tour concourent à la manifestation du souhait exprimé ou de l’objet désiré.

C’est ainsi par exemple selon les croyances KOÔNGO, les NDO générés par LA PAROLE OU LE VERBE  par un proche parent, en l’occurrence un père ou un mère en colère à l’encontre de son enfant, peuvent être source de malédiction ou NDOKO, voire de bénédiction.

Lorsque les NDO sont véhiculés à des fins de mécontentement par un proche parent, dans ce cas, ils sont censés provoquer chez le sujet qui en est victime soit les NTO-NTOLO ou ce qu’on appelle plus familièrement en langue KOÔNGO  MI-NDONDO. Etant entendu que NDONDO en langue KOÔNGO signifie suite ou conséquence (Le plus ancien dictionnaire Bantu édité par Uitgegeven Door de J.Van Wing et C. Penders S.J., Louvain 1928, P.249).

Spirituellement ou psychologiquement, les NTO-NTOLO font plonger la victime dans une sorte de rivière d’ondes soporifiques parcequ’elles lui font dormir en le paralysant au point de ne plus avoir l’envie, le désir, la volonté donc le NDA à faire quelque chose.

NTO= source, rivière, torrent ; (N)TOLO= dormir ; sommeil ; paresse ; l’inertie ; la passivité,  etc.

Quant au prononcé du VERBE OU DE LA PAROLE en tant qu’ELEMENT DE FORCE OU DE PUISSANCE VITALE, il est par essence, l’oeuvre créatrice de NZAMBI MPUNGU, DIEU LUI-MÊME, lui conférant à ce titre la qualité suprême de NZAMBI MPUNGU, NZAMBI YA LUTOÔNDO, le Dieu d’amour ou EMETTEUR par excellence d’ondes vibratoires de paix, de bonté, de joie, de gaieté et de bienveillance.

Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU (TATA N’DWENGA)
Avocat à la Cour
Koôngologue

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