Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Des ondes ou Ndo dans la conception du principe d’amour chez les Koôngo

Classé dans : Non classé — 2 octobre 2010 @ 5 h 55 min

 

Dérivé du mot latin amare, le verbe aimer en français exprime une affection très profonde fondée à la fois sur la tendresse et l’attirance physique qu’une personne éprouve pour quelqu’un. Il est la traduction du désir affectif ou sentimental d’une personne envers l’autre. C’est une des traductions de ce qu’on appelle plus communément l’amour ou le principe de l’amour.

Si le mot amour désigne en français tout sentiment très intense ou un attachement englobant la tendresse et l’attirance physique entre deux personnes, dans la langue Koôngo cet état affectif est traduit par le terme LUZOLO ou LUTONDO (Cf. Lexique français-Kikongo par Henri GALLAND Imprimeries Gounouilhou 1914 P.11).

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Si chez les KOÔNGO du Congo-Brazzaville le fait d’aimer est désigné par le mot ZOLA, chez ceux du Congo-Kinshasa, cela est traduit par le terme TONDA.

A ce propos, Jacques VALDY auteur des BAKONGO publié en 1960 dans la collection Les classiques africains par l’Editeur André de RACHE rapporte que le mot MATONDO désignant les champignons dérive du verbe TONDA qui veut dire aimer. Ce champignon, qui signifie amour, entre dans certains nkisi pour produire cet effet (Jacques VALDY P.63.).

Il s’ensuit bien évidemment que les KOÔNGO du Congo-Brazzaville confèrent une autre signification au verbe TONDA et au mot MATONDO. Si le verbe TONDA désigne le fait de remercier NZAMBI MPUNGU, le Dieu tout-Puissant ou l’Eternel, le terme MATONDO quant à lui est, par définition, l’acte de remerciement envers ce même Dieu en raison d’une quelconque grâce ou faveur que l’Homme ou le MUNTU aurait obtenu vis-à-vis de LUI.

A dire vrai les expressions LUTONDO ; NTONDO ; MATONDO et le verbe TONDA évoquent une même réalité sentimentale ou émotionnelle quelle que soit la signification qu’on entend linguistiquement leur attribuer.

D’un point de vue spirituel pour définir Dieu comme étant un Être d’amour et à ce titre bienveillant vis-à-vis de sa création, les KOÔNGO lui attribuent le qualificatif de NZAMBI YA LUTONDO. Ce qui signifie, le Dieu d’amour, émetteur d’ondes ou NDO qui, par le jeu des vibrations dynamise l’être dans sa dimension vitale et de désir vis-à-vis de son semblable.

D’où la signification par exemple du mot NTONDO qui, étymologiquement veut dire la source ou la rivière des ondes:

NTO = source, rivière, torrent ; NDO = ondes, énergies, état d’esprit

En somme, L’AMOUR chez les KOÔNGO peut être défini comme une émotion d’une exceptionnelle intensité construite sur des valeurs de tendresse et d’attirance physique née d’un écoulement d’ondes vibratoires qui s’entrechoquent en mettant deux personnes dans une situation de désir réciproque.

Partant d’une telle explication étymologique il y a véritablement sentiment d’amour d’après la linguistique ou la philosophie Koôngo voire bantoue lorsque l’être se trouve dans une situation de dynamisation ondulatoire ou vibratoire le mettant par voie de conséquence en état d’attirance physique et de tendresse vis-à-vis de son semblable.

C’est dans cette optique de résonnance verbale que le mot TONDA revêt toute son importance.

kongo1A dire vrai le verbe TONDA n’est qu’une extension du mot NTONDA qui étymologiquement signifie la source ou la cause du mouvement.

NTO = source, torrent (dans le cas d’espèce cause) ; NDA = mouvement lequel mot associé aux préfixes de YE et WE donnent respectivement YE-NDA et WE-NDA lesquels traduisent le fait de marcher, de bouger, de partir, d’aller etc.

En fait étymologiquement parlant NTONDA ou NTO (YA) NDA, cette source d’intense débit (sous-entendu affectif) ou qui coule avec force.

C’est ainsi que dans sa phase de manifestation, le NDA résonne pour dégager des NDO ou des ondes énergiques. Autrement dit les NDO ne sont qu’une résonnance vibratoire des ondes énergiques d’après les KOÔNGO.

C’est ainsi que les KOÔNGO considèrent que le fait de marcher ou WE-NDA est cause ou source de production d’ondes vibratoires ou NDO qui au final favorisent la marche ou MWE-NDO d’un individu.

En somme, L’AMOUR chez les KOÔNGO est MOUVEMENT en ce qu’il consiste en une mise en jeu d’ondes vibratoires qui, à leur tour provoquent la réunion de deux personnes qui s’attirent mutuellement.

C’est dans le même ordre d’idées que l’expression NGE NZOLOLO revêt, entre autres toute sa signification.

En effet si le terme NGE est un pronom personnel exprimant le tutoiement en langue KOÔNGO, quant au mot NZOLOLO, il est la synthèse de deux vocables qui tendent bien évidemment à traduire le renforcement ou l’intensité du sentiment de l’amour vécu d’après la philosophie Koôngo.

Ceci dit, si NZO désigne la maison, la demeure en langue KOÔNGO, LOLO dans le cas d’espèce est la nature de cette force qui met l’être dans une situation de tendresse ou d’attirance physique vis-à-vis de son semblable. Il est en réalité l’expression du désir de l’autre s’exprimant mutuellement ou réciproquement.

C’est ce que l’on formule par exemple en Koôngo-Lari par l’expression LOLO WU BWIDI, qui est un signe annonciateur d’un événement qui, en l’espèce se traduit par l’avènement d’une forte émotion que l’on éprouve pour l’autre.

Ainsi, étymologiquement parlant NZO-LOLO est le temple de l’amour, cette maison vibratoire d’où émanent des ondes qui sont la source même du sentiment de tendresse et de l’attirance physique qu’une personne éprouve envers son semblable.

En somme, en langue KOÔNGO, L’AMOUR est MOUVEMENT. Aussi sentimentalement il consiste en une transmission d’ondes vibratoires. Cette émotion est celle de la consécration du désir d’une personne envers l’autre et ce, de façon réciproque laquelle s’opère par le mouvement, c’est-à-dire le NDA qui dans sa manifestation produit des ondes vibratoires ou NDO et dont la traduction finale est une symbiose affective de deux êtres.

Quelle belle et riche langue de mes ancêtres, la langue KOÔNGO !

Ce texte est aussi dédié à MÂJOLAINE

Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu
Avocat à la Cour
Koôngologue

Ndlr - Pour le pasteur Melo, auteur de « Jésus Christ l’Africain », «  » Tonda  » en ki-Kongo signifie  » merci « . C’est  » Toda  » en chaldéo-hébraïque (hébreu, ndlr). Ainsi les psaumes d’actions de grâce/remerciement dans la liturgie judaïque sont appelés  » psaumes de la toda « . Or si du côté de l’Israël actuelle on ne retrouve que la forme  » toda « , le mot en ki-Kongo a gardé toute sa richesse dans ses variantes  » ntondele, tondesa, tondakana, tondakesa, tondaziana, tondolola, matondo, etc. ». Dans ce contexte, il est aisé de voir  » qui a copié qui ! » rétorque-t-il, répondant à une question sur la parenté entre le Kongo et l’hébreu.

A paraître : Les racines bantoues du latin, par le pasteur Melo

melo

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