Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu

Le Muntuïsme est à la fois science et religion du Muuntu. La Koôngologie tend à mettre en lumière l'ensemble des savoirs et connaissance de la société royale Koôngo notamment ceux ayant grandement contribué à sa période de gloire.

Archive pour août, 2008

Le muntuïsme mbembaïen est-il une science ? par M’Boka Kiese

Posté : 8 août, 2008 @ 9:47 dans Non classé | Pas de commentaires »

Mbemba1. Introduction. Nous examinons dans cet article le caractère déclaré scientifique du muntuïsme, une doctrine exposée par monsieur Rudy Mbemba dans son ouvrage, Le Muntuïsme, l’humanisme intégral africain paru aux éditions françaises, Société des Ecrivains, en 2006. Cet ouvrage est le fruit d’une série de recherches et d’entretiens avec Ta Nkounkou D’oliveira, essayiste du kingunza, la métaphysique chez les Kongo. Etant juriste, auparavant Ta Mbemba avait soutenu une thèse de doctorat sur la justice pénale de tradition kongo à l’université française de sciences sociales de Toulouse en 2000. Nous n’avons pas la prétention d’exposer une méthode scientifique a priori ; laquelle se liguerait en procès à la doctrine de monsieur Rudy Mbemba. Que non ! En disséquant l’ouvrage de monsieur Rudy Mbemba, l’objet de son travail, la construction des concepts, la narration des thèmes, la composition de sa table de matières, les notes bibliographiques, comme dans la maïeutique platonicienne, comment l’ouvrage accoucherait-il de lui-même une doctrine scientifique sui generis, baptisée le muntuïsme ? Existe-t-il plusieurs humanismes ? L’humanisme occidental, africain, asiatique, oriental. Comment partant de chaque modèle accède-t-on à l’humanisme universel ? Dans le cas contraire, ne s’agirait-il pas d’une énième description de la culture kongo, grenier des anthropologues ?

2. La quête de l’humanisme. Un humaniste est à la fois un érudit et un homme pétri de vertu. M’Boka Kiese écrit : “ Chez les Kongo, l’être, Muntu ou Ntu n’est pas éduqué du simple fait de naître dans un milieu (Gantu).[…] Il devient ngudia-muntu, un véritable homme, s’il est éduqué, muntu wa sanswa ou kimuntu kie nandi ; c’est-à-dire il vit et perpétue sa culture dans le sens de la proposition kongo : “  Wa dia fua yika dio (Quiconque reçoit un héritage doit travailler à l’accroître) ”. Il participe ainsi de certaines structures sociales d’où il extirpe son animalité primitive. Les Kongo prononcent : “ Muntu wa longoka (un être instruit, un érudit) (1). Nous venons d’exprimer à la manière kongo l’approche kantienne d’un être érudit satisfaisant à l’humanisme occidental de la période de la renaissance. Celle-ci est une redécouverte de la littérature gréco-latine. L’érudition est conforme au modèle kantien décrit dans Critique de la raison pure. L’érudit au sens kantien du terme est un être talentueux, un homme instruit à la tête pleine, un dogmaticien. Ce n’est pas encore un homme de vertu tant qu’il reste indifférent au destin de l’humaine nature. Le scepticisme répandu dans les milieux africains à l’encontre de la spéculation professée par les diplômés africains vise l’érudition infatuée au savoir livresque. Les livres, les manuscrits anciens, les humanités égyptiennes et babyloniennes, les paroles nouées entendues proverbes des Mossi, Sara ou Dogons, les tableaux, les pièces de théâtre, les danses, les tapisseries, les sculptures, tous ces instruments culturels sont limités par la vie de l’homme. Ils ne se suffisent pas à eux-mêmes. Même si les hommes en ont besoin, ils doivent savoir s’en servir et avoir le temps de s’en servir ; ils doivent partager ou perpétuer ce savoir avec leurs prochains. L’humaniste n’est pas seulement doté de raison. Il possède un cœur et partage le destin terrestre de l’humanité. Cette relation entre le cœur et la raison témoigne du dépassement de l’entendement de Kant hérité de la tradition aristotélicienne contre Platon par l’idéalisme hégélien (Voir Mboka Kiese, Hommage à Cheikh Anta Diop). Cela est rendu par les Kongo : “ Muntu wa lembama “(un homme vertueux, il garde la maîtrise de ses sens). […] Muntu wa lembama, signifie à la fois un être dompté, apprivoisé par la culture (ntumba) et le demeurant ; le synonyme de Muntu wa lembama en kikongo est muntu wa tumbu, un être initié ayant atteint l’état d’ataraxie, c’est-à-dire l’état d’absence de trouble ou d’agitation de l’âme (Mboka Kiese, “La question de l’émancipation”, op. cit.,).

3. L’inquiétude humaniste. Elle naît de la confrontation entre l’altérité et l’identité. L’identité occidentale corrompue par la civilisation de la bourgeoisie a gelé l’expression de l’altérité intrinsèque à l’humanisme universel. Pourquoi ? Parce que l’humanisme occidental s’est affranchi de Dieu, de ses origines chrétiennes. Il est devenu un humanisme athée, laïque, pré-chrétien. La synergie du guerrier, du marchand et du prêtre, au sens de Georges Dumézil témoigne du triomphe de l’humanisme athée sur les valeurs du christianisme originel à travers la collusion du capitalisme et du féminisme naissant. La bourgeoisie ne laissera aucun répit aux colonisés nègres. Impliqués dans l’équation césairienne, “ colonisation égale chosification ”, les Kongo par une complainte, tancent les Colons :

“  Le Blanc est venu de l’Occident
Pour chercher richesse
Mam’ééé ! Mam’ééé
Son seul souci, c’est l’argent.” (2).

Pourquoi y’ a t-il un ” Malaise dans la civilisation ” ? pour reprendre l’intitulé de l’ouvrage de Sigmund Freud.  Le Christianisme est fondé sur la foi (la croyance en des choses invisibles), l’espérance, la charité et la pratique des vertus ; L’humanisme contemporain célèbre l’optimisme de la raison contre la foi, l’honnêteté de homme, l’honneur de l’esprit humain, la volonté ou l’intelligence de l’homme. Protagoras : “ L’homme est la mesure de toutes choses ”. Au Congrès des mathématiciens tenu à Paris en 1900, David Hilbert proclame à la manière de Fitche : “ Nous saurons ”. La physique de la relativité d’Albert Einstein en célébrant l’équation de l’énergie E = MC2 annonce l’explosion de la matière. D’où l’angoisse de l’homme après la destruction de notre planète à travers Hiroshima et Nagasaki. Le Cardinal Biayenda, Ngunza ou Pasteur congolais charge la technique, dans la lignée de Heidegger, de semer l’hypocrisie humaniste : “ Notre siècle, un siècle de la technique, est aussi un siècle sans cœur. L’esprit partisan, le fanatisme, le refus de dialogue, la perte du sens de l’homme, la négation des droits les plus authentiques, sont des réalités négatives que nous touchons du doigt chaque jour. Notre logique froide et sans “ âme ” entretient inlassablement des foyers de division et de haine, et perpétue les guerres et les massacres. La technique entraîne l’homme vers une civilisation de “ cœur de pierre ”, de “ cœurs endurcis ”, incapables de toute réaction humaine, vers une civilisation de robots insensibles et froids. ” (3).

Karl Marx enchante la bourgeoisie dans le sens d’un progrès de la civilisation alors que la sape de l’humanisme a été orchestrée par elle : “ La bourgeoisie a joué dans l’histoire un rôle révolutionnaire décisif. La bourgeoisie, là où elle est arrivée au pouvoir, a détruit tous les rapports féodaux, patriarcaux, idylliques. Elle a déchiré sans pitié la multiplicité colorée des liens féodaux qui attachaient l’homme à ses supérieurs naturels, et elle n’a laissé subsister d’autre lien entre l’homme et l’homme que l’intérêt nu, que le froid “ argent comptant ”. Elle a noyé dans les eaux glacées du calcul égoïste les frissons sacrés de la piété exaltée, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise. Elle a réduit la dignité personnelle à la valeur d’échange, et, à la place des innombrables libertés reconnues par écrit et chèrement conquises, elle a mis la liberté unique et indifférente du commerce. Elle a, en un mot, remplacé l’exploitation déguisée sous les illusions religieuses et politiques par l’exploitation ouverte, cynique, directe, brutale [...] ”(4). Au sens de Karl Marx, s’indigner sur la bourgeoisie et sur sa technologie est une attitude réactionnaire. Car la bourgeoisie et la technologie incarnent le progrès de la civilisation. La mondialisation est un fruit de la bourgeoise énonce Karl Marx depuis le dix-neuvième siècle, pendant que nous y croyons produit au 21 e siècle : “ Par son exploitation du marché mondial, la bourgeoisie a rendu cosmopolites la production et la consommation de tous les pays. Pour le plus grand regret des réactionnaires, elle a retiré à l’industrie sa base nationale. ” (Marx et Engels, Manifeste, op. cit., p. 9-10.

 4. Les définitions du muntuïsme mbembaïen. Le muntuïsme est-il subordonné à la philosophie maritainiste ? L’humanisme occidental a oublié l’homme en encensant l’honnête homme traité d’hypocrite par Blaise Pascal, car coupé des sources religieuses. Le souci de Rudy Mbemba est de rétablir l’humanisme intégral en y réintroduisant la spiritualité écartée par l’Occident. Il emprunte la formule de l’humanisme intégral à Jacques Maritain. Le muntuïsme est un humanisme bantou (page 16) ; un humanisme intégral africain (page 17) ; une expression profonde de la religion bantoue (page 17) ; une parcelle doctrinale de la religion du muntu (page 25) ; un discours civilisateur de l’homme africain (page 25) ; Le muntuïsme est la religion du muntu (page 26) ; le muntuïsme des temps primordiaux est une religion (pages 26 et 31) ; discours civilisateur du muntu (page 31) ; le muntuïsme est un vitalisme au sens tempelsien du terme (page 26) ; le muntuïsme dépasse la religion. C’est une science, une doctrine humaine, sociale morale, politique, religieuse (page 26) ; Le muntuïsme est une science à caractère humain, social, moral, politique et religieux.

5. La mémoire de Rudy Mbemba L’ouvrage s’articule autour de ces cinq gros chapitres, les cinq aspects fondamentaux de l’émancipation intégrale du muntu. Le muntuïsme exprime cette totalité anthropologique. A ce niveau, il n’y a pas d’innovation, mais réitération du discours ethnologique. Le muntu est l’homme bantu (page 14), l’homme civilisé (page 25), l’homme complet, parfait (page 31). Question. Qu’est-ce qu’un homme non civilisé ? Il tente de définir le contenu des valeurs morales prescrites par le muntuïsme par antithèse. L’homme non civilisé, c’est le sorcier, ndoki, l’homme malveillant, envieux ne supportant pas l’ascension des autres. Quand le muntu est conjugué avec le déterminant ki, en donnant kimuntu, nous définissons l’humanité. Mais une humanité singulière à un homme, soit à une ethnie particulière. L’humanité dans son sens universel donnerait Bumuntu, l’homme conjugué avec un déterminant universel Bu. Le dernier chapitre porte sur le kinzonzi, la science à palabres, une extension de la composante politique du muntuïsme. Couple chef (Mfumu ) – Justice (Zenga Mambu). Est désigné chef celui qui instaure la justice dans le pays. Les cérémonies d’intronisation, ou d’investiture ne vous transforment pas chef ; par les services rendus à la nation, le peuple reconnaît en vous un chef digne et intègre. Dans le chapitre du muntuïsme en tant que science à caractère moral, l’auteur reprend en condensé les valeurs du muntuïsme en matière de morale humaine, morale sociale, morale politique et de morale religieuse.

6. Les fondements de son argumentation. Rudy Mbemba fait renaître le muntuïsme des cendres bibliographiques en travaillant sur les auteurs suivants : Martial Sinda, Le messianisme congolais et ses incidences politiques ; Placide Tempels La philosophie bantoue ; Van Wing (J) Etudes Bakongo, sociologie, religion et magie ;Georges Balandier ; Jacques Maritain, l’humanisme intégral. Le muntuïsme est – il un chapitre de l’ethnologie ? Rudy Mbemba ne retrace pas les débats portant sur l’ethnologie ou l’anthropologie sociale et culturelle ou la sociologie de l’Afrique, la philosophie ayant préoccupé les philosophes africains après les indépendances africaines. Toute une littérature philosophique produite par des Africains a été ignorée pour déterrer le supplicié Placide Tempels. Le muntuïsme est -il subordonné à la philosophie tempelsienne ? La critique césairienne  de La philosophie Bantu de Placide Tempels parue dans Discours sur le colonialisme est idéologique. Nous en convenons : “ La pensée bantoue est essentiellement ontologique ; que l’ontologie bantoue est fondée sur les notions véritablement essentielles de force vitale et de hiérarchie de force vitale.” […] “ Que l’on torture au Congo, que le colonisateur belge fasse main basse sur toute richesse, qu’il tue toute liberté, qu’il opprime toute fierté, […] le révérend Père Tempels dit : “ Vous allez au Congo, respectez la philosophie bantoue ! ” Il serait vraiment inouï que l’éducateur blanc s’obstine à tuer dans l’homme noir son esprit humain propre, cette seule réalité qui nous empêche de le considérer comme un être inférieur ! Ce serait un crime de lèse-humanité, de la part du colonisateur, d’émanciper les races primitives de ce qui constitue un noyau de vérité dans leur pensée traditionnelle ” (Césaire, op. cit., p. 36).
Lors de différents colloques organisés par le département de philosophie et religions africaines de L’université de Kinshasa dans les années soixante dix, différentes critiques techniques ont été apportées à l’œuvre de Tempels. Celles-ci ont été rangées dans le domaine de l’ethnophilosophie.
“ Le contenu de ces philosophies, c’est-à-dire la matière sur laquelle elles s’exercent directement, la réalité sociale des sociétés primitives, est considérée sous l’angle de la totalité. […]Or “ seule une pensée procédant par dégagement précis de concepts, par leur enchaînement intime, par leur vérification grâce à la confrontation incessante avec la réalité, est une pensée “ scientifique ” au sens strict ; elle ne permettrait pas de saisir la totalité de l’être social, l’âme bantoue, d’ailleurs en communion essentielle et existentielle avec le reste de l’univers ” (5).

7. Le muntuïsme mbembaïen est-il une science ?. Afin d’accéder au rang de science, le muntuïsme par ses hypothèses sur le plan de la morale humaine, de la morale sociale, de la morale politique et de la morale religieuse doit être vérifié chez d’autres peuples que les Kongo. Pour prétendre à l’objectivité scientifique, le muntuïsme doit impliquer non seulement l’homme kongo singulier, mais l’homme de façon générique. S’interroger sur le problème de l’humanisme chez les Kongo, c’est poser la question de l’émancipation de l’homme universel, c’est-à-dire le kimuntu. Être humaniste, c’est avoir le kimuntu, c’est-à-dire être émancipé et vouloir l’émancipation de l’autre ; si d’aventure l’autre est jugé ordinaire ou kimpumbulu. Or le muntuïsme ne harcèle pas la bourgeoisie. Celle-ci a ruiné l’humanisme : “[...]La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités considérées jusqu’alors avec respect et crainte religieuse. Elle a transformé le médecin, l’homme de science, en salariés à sa solde.” (Karl Marx, Manifeste, op. cit.). Le muntuïsme mbembaïen est une narration de l’anthropologie kongo indemne de toute influence occidentale. Cette approche est anhistorique, non dynamique car la société kongo pure n’existe pas. Les Kongo sont devenus en quelque sorte des métis culturels, mindele-ndombe. Ce terme est souvent utilisé dans un sens péjoratif dans le milieu kongo, en l’identifiant aux seuls diplômés africains. Ce serait une erreur d’épargner les masses populaires. L’Afrique du vingt-et-une-nième siècle a assimilé la culture occidentale, bon gré mal gré. L’autarcie est un mythe. Le muntuïsme ne peut pas être une science normative de par son objet, car le muntu, l’homme – animal sociable échappe aux normes de la raison classique. Dans les propositions suivantes : “ Mfumu na mfumu, nganga na nganga ” (Politique pour politique, Savant pour savant), les philosophes insistent sur la séparation des pouvoirs entre le savant et le prince. Les institutions savantes, chez les Kongo, comme le Lemba et le Kimpasi, ne sont pas subordonnées au pouvoir politique ; puisque l’autorité politique (Mfumu Kongo), quoi qu’elle soit adoubée par un chef spirituel, le Nsaku Ne Vunda, doit toujours s’attendre à des critiques (Mfumu ngunga kevwatanga) formulées par des savants, bankua ngangu. Ceux-ci par l’arme de la critique contribuent à l’instruction du chef politique. Les Africains, les Asiatiques, les Orientaux chargent l’Occident et sa technologie. Or l’Occident ne forme pas un bloc monolithique dressé contre le reste du monde. En Occident, des classes ouvrières suffoquent sous les cadences de la rentabilité capitalistique. Le travail aliéné est devenu l’entrave à l’émancipation sociale de l’homme. Il y a des Nantis, il y a des paysans mécontents face aux décisions prises par les Eurocrates de Bruxelles. Dans une ville d’Occident des disparités existent. Les habitants vivant ça et là dans les banlieues aux loyers modérés cohabitent avec des bourgeois occupant des pavillons au centre de la ville. La quête de l’humanisme est universelle. Tout damné de la terre, tout forçat de la faim est en quête d’humanisme. L’humanisme n’est pas exclusif à l’homme africain. Puisque Muntu veut s’interpréter homme tout court sans distinction de race, de religion, de nationalité. Cette inquiétude humaniste peut être éprouvée par toute sorte d’individus. Un paysan émigre de son village et vient s’installer en ville. Cet exode rural provoque une désadaptation sociale dont les symptômes demeurent l’aliénation culturelle. La division ville campagne est un processus intrinsèque à l’accumulation du capital. La nostalgie de la vie africaine provoque un certain malaise chez l’immigré africain installé en Occident. Les valeurs sociales prônées par le muntuïsme telles que la loi de la solidarité, la loi de l’hospitalité, le culte des ancêtres sont des valeurs figées, précoloniales. La pénétration coloniale dans les contrées congolaises par exemple avait introduit le régime synarchique dumézelien s’articulant autour :
- l’instrumentalisation de la religion ; car si l’évangile fut strictement appliquée d’après ses dogmes d’origine, il n’ y aurait pas colonisation, mais communionauté de frères et soeurs en Christ au sens ;
- l’introduction de la production industrielle avec constitution d’une classe d’ouvriers serviteurs à l’encontre de l’artisanat libre. Introduction du mercantilisme, de la monnaie et casse du système de don pour don ou d’autosubsistance. Brisure de la loi de solidarité ;
-Les guerriers ; Introduction des milices étrangères – brisure de la loi de l’hospitalité ; défiance du prochain et soupçon de l’autre. Des rapports mercantiles et martiaux se sont installés entre la femme et l’homme africains pour acquérir le capital. Les valeurs primordiales africaines ont été détruites selon les analyses marxiennes contenues dans le Manifeste. Le muntuïsme, dans son inquiétude humaniste, aurait dû faire le procès de la bourgeoisie. La bourgeoisie s’est mondialisée depuis les Tours de Manhattan jusqu’aux confins des villages africains en passant par les townships sudafricains et les favelas du Brésil. ” La bourgeoisie a arraché aux rapports familiaux leur voile d’émotion et de sentimentalité et les a ramenés à un pur rapport d’argent.” (Karl Marx, Manifeste, op. cit.). Si le muntuïsme demeure l’expression kongo de l’humanisme universel, il faut le redéfinir en intégrant la dimension de la bourgeoisie. Ainsi “ L’émotion est nègre, comme la raison hellène ”, cette proposition senghorienne est une feinte habilement exprimée par un Nègre, en l’occurrence Senghor pétri de raison. C’est un paradoxe analogue à la rhétorique crétoise : Epiménide est Crétois ; Il soutient : “Tous les Crétois sont des menteurs !” Prononce-t-il une vérité ? On ne satisfait pas à la vérité d’un paradoxe. On tourne en rond. Le muntuïsme mbembaïen nous replonge dans la nostalgie présenghorienne, c’est-à-dire la gestation de la négritude.

8. Crtique de la mise en page de l’ouvrage. Selon la déontologie de l’édition des livres, le chemin de fer prévisionnel des premières pages de l’ouvrage serait le suivant :

- Page de couverture (page 1 – page 2 vierge) ;
- deux pages blanches (3 et 4) ;
- page recto du faux-titre (5 ) ;
- Au verso du faux-titre, on trouverait une liste d’ouvrages du même auteur (6);
- page du grand-titre suivie du nom de l’auteur de la préface en la personne de Danielle Cabanis (7);
- Au verso du grand-titre, page de copyright (8) ;
- les remerciements de la page 29 seraient placés à la page 9 ;
- la préface (pages 11 et 12) ;
- L’arbre à palabres et le rêve de la mère Afrique suivie des dédicaces hagiographiques (de 13 à 15) ;
- L’avant-propos (de la page 17 à 24);

9. Bibliographie.

M’Boka Kiese, “ La question de l’émancipation de l’élite africaine ”, Nouvelles congolaises, n°36-37, av-sept 2003, p. 93-115.

Martial Sinda, Le messianisme congolais, Paris, Payot, 1972, p. 241.

Adolphe, Tsiakaka, Méditer et prier avec le cardinal Emile Biayenda, Strasbourg, Editions du Signe, p. 26.

Marx et Engels, Manifeste du Parti communiste, Paris, Librairie Générale Française, 1973, p. 8.

Mélanges de philosophie africaine, Kinshasa, Faculté de théologie catholique, 1978, p. 13.

 

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